France Travail teste une IA pour préparer les contrôles des demandeurs d’emploi

Un document de travail de France Travail dévoilé le 23 octobre décrit un outil d’intelligence artificielle chargé de synthétiser les dossiers examinés par les équipes de contrôle. L’établissement vise une hausse du nombre de contrôles en 2027, tout en maintenant, dans le dispositif présenté, la décision finale entre les mains d’un conseiller.

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By Published on 27 octobre 2026 3h35
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France Travail teste une IA pour préparer les contrôles des demandeurs d’emploi - © Economie Matin

France Travail travaille à l’utilisation d’une intelligence artificielle générative pour assister ses agents dans le contrôle de la recherche d’emploi. Une présentation interne, exposée le 30 juin 2026 au comité consultatif d’éthique de l’établissement et rendue publique le 23 octobre par La Quadrature du Net, décrit un dispositif destiné à rapprocher plusieurs sources d’information et à produire une synthèse des dossiers. La décision de contrôle et ses suites demeureraient du ressort des agents, selon le fonctionnement présenté.

Le projet s’inscrit dans une réorganisation du traitement des dossiers. Le document évoque une cible de contrôles à atteindre en 2027 à effectifs constants, puis une extension possible de l’assistance numérique si l’expérimentation se révèle concluante. Il s’agit d’une trajectoire annoncée dans une présentation de travail, et non d’un bilan de déploiement déjà réalisé.

Une synthèse des dossiers avant la décision humaine

Le support de présentation attribué à France Travail détaille trois ensembles d’informations : les données structurées du système de contrôle de la recherche d’emploi, les éléments issus des entretiens et les pièces recueillies lors de l’examen du dossier. L’outil d’IA doit en tirer une restitution organisée, avec une synthèse et des points d’attention.

Le schéma de fonctionnement distingue explicitement l’analyse automatisée de la prise de décision par le conseiller, puis de l’enregistrement de cette décision. L’établissement présente l’outil comme un moyen de réduire le temps consacré à la collecte d’informations, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la traçabilité des dossiers. Ces bénéfices sont des objectifs affichés ; leur réalisation dépendra des résultats de l’expérimentation.

Une montée en charge envisagée à l’horizon 2030

Selon les éléments publiés par La Quadrature du Net, le projet doit contribuer à atteindre 1,5 million de contrôles en 2027, contre une estimation de 1,1 million pour 2026. Le document interne consultable mentionne une trajectoire de montée en charge à effectifs constants, ainsi qu’une perspective de systématisation des contrôles d’ici à 2030. Il conditionne toutefois une généralisation au réseau au caractère concluant du pilote.

Cette distinction entre expérimentation, objectif opérationnel et généralisation est importante pour les demandeurs d’emploi : le document ne démontre pas que tous les dossiers seraient aujourd’hui analysés par une IA, ni que les sanctions seraient prononcées automatiquement.

Des questions sur les données personnelles et la qualité des décisions

La présentation recense elle-même plusieurs points de vigilance : confidentialité des données personnelles, qualité des informations utilisées, risques de biais algorithmiques, compréhension du dispositif par les personnes contrôlées et contrôle effectif des recommandations de l’IA. Elle insiste sur le fait que l’outil doit rester une aide et non un décideur.

La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques à l’origine de la publication, critique le risque d’intensification des contrôles et demande l’abandon du projet. Les documents disponibles permettent d’établir les fonctions envisagées et les ambitions de l’établissement, mais ne constituent pas une évaluation indépendante de la fiabilité de l’outil. Les modalités de contrôle humain, d’audit et de protection des données seront déterminantes si l’expérimentation débouche sur un déploiement plus large.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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