Le 11 février 2026, sur BFMTV, Jean-Pierre Farandou a pris position sur la fraude sociale. Selon lui, la fraude principale touche les cotisations versées par les entreprises, et non les prestations perçues par les ménages. Or, alors que le financement des politiques familiales dépend directement des cotisations sociales, cette affirmation redéfinit les priorités dans la lutte contre la fraude.
Fraude aux cotisations : un diagnostic centré sur les entreprises
D’abord, le ministre a formulé un constat clair sur la fraude. « La fraude principale est la fraude aux cotisations, c’est plutôt des entreprises – un petit nombre d’entreprises, la grande majorité des entreprises respectent les règles », a-t-il déclaré sur BFMTV. Ainsi, la fraude ne serait pas principalement le fait des assurés sociaux, mais d’acteurs économiques organisant l’évasion de cotisations. Toutefois, Jean-Pierre Farandou a insisté sur le caractère minoritaire de ces entreprises fraudeuses, afin de ne pas stigmatiser l’ensemble du tissu productif.
Ensuite, le ministre a décrit les mécanismes de cette fraude aux cotisations. « Un petit nombre – quasiment des escrocs, il faut être clair – monte des entreprises un peu bidons, salarie trois personnes alors qu’il y en a 300 qui travaillent. C’est la fraude à la cotisation », a-t-il précisé, selon Boursorama. Par conséquent, la fraude prend la forme de travail dissimulé massif, avec des déclarations très en deçà de la réalité. De plus, cette fraude prive les caisses sociales de ressources essentielles, notamment pour financer les prestations liées à l’enfant et à la parentalité.
Une fraude évaluée à 14 milliards d’euros, dont 52 % liés au travail dissimulé
Par ailleurs, les chiffres avancés donnent la mesure de la fraude. La fraude sociale en France est estimée à 14 milliards d’euros en 2025, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale. Or, sur ce total, 52 % seraient liés au travail dissimulé, ce qui inclut directement la fraude aux cotisations des entreprises. Ainsi, plus de la moitié des montants en jeu concerne des pratiques rattachées au monde du travail.
En outre, la répartition détaillée nuance le débat sur la fraude. Selon les mêmes données, 36 % de la fraude seraient imputables aux assurés sociaux et 12 % aux professionnels de santé. Cependant, la part majoritaire demeure liée au travail dissimulé. Dès lors, la fraude aux cotisations apparaît comme un enjeu central pour l’équilibre des comptes sociaux. De surcroît, dans un contexte de natalité en baisse, chaque euro de cotisation finance des dispositifs liés à l’enfant, qu’il s’agisse d’allocations familiales ou de congés parentaux.
Un projet de loi pour renforcer la lutte contre la fraude des entreprises
En parallèle, le gouvernement prépare un durcissement du cadre juridique contre la fraude. Le projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale, adopté par le Sénat en novembre 2025, sera examiné à l’Assemblée nationale du 24 au 27 février 2026. Ainsi, la fraude aux cotisations des entreprises se trouve au cœur du calendrier parlementaire.
Selon La Tribune, le texte prévoit notamment l’introduction d’une notion de « flagrance », permettant de geler immédiatement les comptes d’une entreprise soupçonnée de fraude, au lieu d’attendre quinze jours comme aujourd’hui. De plus, le débat met en avant un risque concret : « Certaines entreprises ont le temps de disparaître avec leur trésorerie ». Par conséquent, la rapidité d’intervention devient un outil clé contre la fraude organisée. Toutefois, Jean-Pierre Farandou rappelle que la majorité des entreprises respectent leurs obligations de cotisations, et que la fraude reste concentrée sur un nombre limité d’acteurs, même si ses montants pèsent lourdement sur le financement de la protection sociale.
