Le Burkina-Faso organise un forum sur l’investissement boursier pour décrypter les marchés africains

Dans un environnement financier international dominé par une volatilité durable, une remontée des risques systémiques et une forte exposition aux produits financiers complexes, les marchés africains — et en particulier ceux de la zone UEMOA — continuent d’évoluer selon des dynamiques largement distinctes.

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By La rédaction Published on 11 février 2026 15h26
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Le Burkina-Faso organise un forum sur l’investissement boursier pour décrypter les marchés africains - © Economie Matin
5,4%Entre 2013 et 2019, la zone UEMOA a enregistré un taux de croissance moyen du PIB réel excédant 5,4% par an

Cette réalité, encore insuffisamment intégrée par une partie des investisseurs internationaux, constitue pourtant l’un des angles morts majeurs de l’analyse financière globale. Stabilité macroéconomique relative, faible exposition aux dérivés complexes, progression continue de l’épargne locale : loin des perceptions anxiogènes, la zone UEMOA présente aujourd’hui des fondamentaux qui méritent une lecture rigoureuse et actualisée.

C’est précisément l’objectif poursuivi par le Forum International sur l’Investissement Boursier (FIIB), dont la troisième édition se tiendra les 25 et 26 février 2026 à Ouagadougou, sous le Haut Patronage du ministre burkinabè de l’Économie et des Finances. Pensé comme un espace de décryptage stratégique, le FIIB entend repositionner les marchés financiers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine au cœur des réflexions sur la diversification, la résilience et l’allocation de capital à long terme.

Une architecture financière régionale souvent mal connue

La zone UEMOA repose sur une architecture monétaire et financière singulière en Afrique de l’Ouest. Monnaie commune, cadre réglementaire harmonisé, supervision régionale et marché boursier unifié autour de la BRVM confèrent à cet ensemble une cohérence institutionnelle rare sur le continent. Contrairement à d’autres zones émergentes, les marchés de l’UEMOA restent peu exposés aux bulles spéculatives, affichent une volatilité contenue et bénéficient d’une montée en puissance progressive des investisseurs institutionnels locaux.

Pourtant, ces éléments sont régulièrement éclipsés par une perception du risque largement héritée de lectures anciennes ou incomplètes. Le risque africain est encore trop souvent appréhendé comme un bloc homogène, sans distinction entre instabilité politique, risque souverain, risque de marché et réalité des infrastructures financières. Or, dans la zone UEMOA, les faits montrent une trajectoire plus nuancée, marquée par un renforcement des cadres prudentiels et une volonté assumée d’améliorer la liquidité et la profondeur des marchés.

Le FIIB comme outil de rééquilibrage du discours

Le thème retenu pour cette édition 2026 — « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique » — s’inscrit pleinement dans cette logique. Les panels et tables rondes aborderont de manière concrète les enjeux de digitalisation des marchés, le rôle des fintechs dans l’élargissement de la base d’investisseurs, ainsi que les leviers permettant de renforcer l’attractivité des capitaux étrangers sans fragiliser les équilibres locaux.

L’événement est organisé par SA2IF (Société Africaine d’Ingénierie et d’Intermédiation Financière), acteur central de l’écosystème financier régional. Sous l’impulsion de son dirigeant, Constantin Dabiré, SA2IF s’est progressivement imposée comme un intermédiaire structurant, à la fois opérateur de marché et promoteur de solutions concrètes d’accès à l’investissement. Cette double approche — réflexion stratégique et outils opérationnels — constitue l’un des marqueurs forts du FIIB.

De la réflexion à l’accès réel au marché

Au-delà du forum lui-même, SA2IF a développé une plateforme d’investissement en ligne permettant d’investir directement sur les marchés financiers africains, et notamment ceux de l’UEMOA. Cette infrastructure répond à une problématique centrale souvent sous-estimée : l’accès effectif aux marchés. Déjà largement adoptée par les diasporas africaines, elle suscite un intérêt croissant d’investisseurs internationaux en quête de diversification, attirés par des marchés dont le profil rendement/risque demeure largement sous-évalué.

Dans un contexte mondial où la recherche de rendement s’accompagne d’une exigence accrue de stabilité, la zone UEMOA apparaît ainsi comme un espace d’opportunités rationnelles de long terme. Encore faut-il dépasser les perceptions de risque héritées du passé et s’appuyer sur une lecture fine des fondamentaux. C’est précisément ce travail de clarification, de pédagogie et de mise en perspective que le FIIB 2026 ambitionne de porter — y compris à travers la diffusion prochaine de contenus vidéo destinés à prolonger et élargir ce décryptage.

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