Fraude aux emplois fictifs UE Front National puis RN : La vérité rien que la vérité

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By Daniel Moinier Published on 22 juillet 2026 5h30
Proces En Appel De Marine Le Pen Laudience Qui Peut Tout Changer
Fraude aux emplois fictifs UE Front National puis RN : La vérité rien que la vérité - © Economie Matin

L’affaire des assistants parlementaires du Front National est une affaire politique et judiciaire portant sur des détournements de fonds publics concernant les assistants parlementaires des députés européens du Front National (FN), devenu (RN) Rassemblent National le 1er juin 2018, siégeant au Parlement Européen entre 2004 et 2016. Cette affaire ne commence réellement qu’en 2014. Il est nécessaire de rappeler que le RN ne disposait que de 3 députés européens en 2014 et avec les dernières élections, il passe même à 23 en 2014 puis 30 en juin 2024 devenant ainsi le premier parti français européen.

Il est bon de rappeler que chaque député au Parlement européen dispose d'un budget. de 23 392 € mensuels pour embaucher des collaborateurs. Pour l'ensemble des élus du Front national, c'est donc un budget global mensuel de 514 624 euros qu’indique en 2017 Martin Schulz,  ancien Président du Parlement Européen.

Le FN manquant de fonds propres, des députés européens ont employés des assistants parlementaires pour servir les intérêts de leur parti plutôt que de travailler sur les dossiers européens.

Les personnalités mises en examen par la justice française pour détournement de fonds publics ou complicité pour ce délit sont :

Jean-Marie Le Pen

Marine Le Pen (qui avait demandé en 2013 l’inéligibilité à vie pour le élus condamnés)

Wallerand de Saint Just,

Nicolas Bay

Julien Odoul

Louis Alliot

Jordan Bardella bien qu’assistant parlementaire en 2015 de l’Eurodéputé Jean-François Jalkh, n’a pas été inquiété dans cette affaire.

C’est en 2014 après l’évolution du parti que les premiers soupçons apparaissent. Le parti est accusé de mettre en place une mécanique bien huilée pour utiliser les fonds européens à des fins de fonctionnement du parti central. A la suite d’une lettre anonyme, envoyée à l’OLAF (Organisme européen de lutte contre la fraude) deux assistants parlementaires du FN ; Catherine GRISET (Cheffe de cabinet de Marine) et Thierry Legier (garde du corps).

A la suite de cela l’Olaf recommandait au Procureur de Paris d’ouvrir une enquête concernant les irrégularités constatées.

Enquêtes et procès en France

Procédure judiciaire (2016-2023)

Le Parlement européen s'est constitué partie civile dans ce dossier et a saisi la justice française sur les cas d'environ vingt assistants parlementaires.

Le 15 décembre 2016, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « abus de confiance », « recel d’abus de confiance », « escroquerie en bande organisée », « faux et usage de faux » et « travail dissimulé », menée par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Le même mois, le parquet saisit les juges d'instruction.

Le 20 février 2017, une perquisition a eu lieu au siège du Front national à Nanterre, pour la seconde fois.

L’avocat du Parlement européen donne une liste de 17 députés FN concernés par cette affaire. L’agence France-Presse (AFP) indique, pendant l’été 2018 : « L’information judiciaire, ouverte pour "abus de confiance" et "escroquerie en bande organisée", cible 17 députés [RN] et les contrats d’une quarantaine de collaborateurs ».

Les recours auprès de la cour d'appel de Paris pour contester la compétence de la justice française, déposés par le Rassemblement national et Marine Le Pen, sont rejetés le 4 juin 2018.

En mars 2019, Marine Le Pen indique que depuis 2009 les assistants parlementaires européens RN travaillent bien au siège de son parti et non pour l’Union européenne mais tout en étant payés par elle, déclarant : « Et alors ? Ils ont fait de la politique avec leur député. C’est sûr, ils n’ont pas fait le travail pour l’Union européenne ! ».

Le parquet de Paris annonce en septembre 2023 le jugement de 27 personnes par un tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics et complicité.

Ce sont vingt-six personnes qui se retrouvent devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils risquent dix ans d’emprisonnement. Une première audience sur l’organisation du procès le 27 mars 2024 précise que les débats au fond se dérouleront du 30 septembre au 27 novembre 2024.

Marine Le Pen - Thierry Légier

Thierry Légier est le garde du corps de Jean-Marie Le Pen depuis 1992 puis de Marine Le Pen à partir de 2011. Selon l'Office européen de lutte antifraude (Olaf), Marine Le Pen a reconnu avoir salarié fictivement Thierry Légier pour « régulariser » des salaires précédents. Elle affirme que l'UE avait accepté ce montage, or cette dernière et l'Olaf réfutent cette justification. Thierry Légier est placé en garde à vue le 22 février 2017, mais ressort sans mise en examen dans un premier temps. Le Belge Charles Van Houtte, comptable et ancien assistant parlementaire de Marine Le Pen, indique lors d'une audition en septembre 2017 que Thierry Légier « était garde du corps de la famille Le Pen et non pas assistant parlementaire ». Thierry Légier est mis en examen le 18 avril 2018 pour « recel d'abus de confiance ».

Remboursement par Marine Le Pen

En septembre 2023, Marine Le Pen annonce avoir remboursé en juillet 2023 près de 330 000 euros au Parlement européen pour l'emploi indu de deux assistants, à savoir Catherine Griset et son garde du corps Thierry Légier. Cela lui permet d'éviter une « exécution forcée ».

Front national et Wallerand de Saint-Just

En décembre 2017, le Front national, en tant que personne morale, est mis en examen pour complicité et recel d'abus de confiance dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires européens. Le 23 octobre 2018, le parti (devenu Rassemblement national) voit sa mise en examen requalifiée en « complicité de détournement de fonds publics », tandis que son trésorier, Wallerand de Saint-Just, est mis en examen pour ce même motif.

Charles Hourcade - Marie-Christine Boutonnet

Le 6 mars 2017, Charles Hourcade, assistant parlementaire de l'eurodéputée frontiste Marie-Christine Boutonnet, est mis en examen pour « recel d’abus de confiance ». Charles Hourcade, qui assurait les fonctions de graphiste du Front national dans les locaux du parti à Nanterre, aurait indûment reçu environ « 37 000 euros brut entre septembre 2014 et février 2015 ». Par ailleurs, comme Marine Le Pen, Marie-Christine Boutonnet refuse de se déplacer à la suite de la convocation des juges.

Le 20 juin 2017, Marie-Christine Boutonnet est à son tour mise en examen pour abus de confiance concernant l'emploi comme assistant parlementaire de Charles Hourcade.

Jean-Marie Le Pen - Gaël Nofri – encore Thierry Légier - Jean-François Jalkh

Trois des assistants de Jean-Marie Le Pen sont concernés. Gaël Nofri a été employé trois mois en 2011. Thierry Légier, par ailleurs son garde du corps, est concerné pour une période allant de 2004 à 2011. Jean-François Jalkh a été à la fois l'assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen entre 2009 et 2014, et vice-président du FN à partir de 2012.

En juin 2018, Jean-Marie Le Pen refuse de recevoir les policiers venus l'entendre concernant l'affaire des assistants d'eurodéputés FN. Considérant le comportement des autorités policières comme « arrogant », Jean-Marie Le Pen les a renvoyées, dans le cadre de son immunité parlementaire. Celle-ci est levée par les députés européens le 12 mars 2019. En septembre 2019, Jean-Marie Le Pen est mis en examen pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ce délit.

Dominique Bilde - Loup Viallet

Le Tribunal de l'UE confirme la décision du Parlement européen exigeant de Dominique Bilde le remboursement d'environ 40 000 euros, versés pour l'emploi de Loup Viallet comme assistant parlementaire, sans preuve d'activité. Inculpé depuis juillet 2017 pour recel d'abus de confiance, Loup Viallet occupait également un poste de délégué national à la prospective au sein du FN. L'immunité parlementaire de Dominique Bilde est levée le 12 mars 2019.

Fernand Le Rachinel - Thierry Légier - Micheline Bruna

Micheline Bruna et Thierry Légier, respectivement secrétaire et garde du corps de Jean-Marie Le Pen, ont été de novembre 2004 à août 2009 assistants du député Fernand Le Rachinel, qui affirme qu'ils n'ont jamais travaillé pour lui.

Marie-Christine Arnautu - Gérald Gérin

Députée européenne de 2014 à 2019, Marie-Christine Arnautu emploie comme assistant Gérald Gérinmajordome de Jean-Marie Le Pen. Gérald Gérin, qui vivait aux côtés de Jean-Marie Le Pen, affirme avoir réalisé pour Marie-Christine Arnautu des revues de presse en posant des postits sur des articles, mais n'a gardé aucune preuve de son travail.

Louis Aliot - Laurent Salles

Louis Aliot en 2015.

De juillet 2014 à février 2015, Laurent Salles est assistant parlementaire du député européen Louis Aliot. Les enquêteurs ne relèvent qu'un unique SMS entre eux sur cette période, sans autre trace de communication. Une enquête est ouverte concernant un éventuel emploi fictif. Le 22 juin 2017, Louis Aliot refuse de se rendre à une convocation de la police dans le cadre de cette affaire. Il est mis en examen pour abus de confiance le 22 décembre 2017, mise en examen requalifiée en « détournements de fonds publics » le 25 octobre 2018.

Nicolas Bay - Timothée Houssin

Nicolas Bay est mis en examen le 8 juin 2018 pour « abus de confiance », dans le cadre de l'emploi présumé fictif de son assistant parlementaire Timothée Houssin, entre juillet 2014 et début 2015, alors que ce dernier travaillait « en réalité pendant son contrat au sein du secrétariat général (du FN) ». Le 7 septembre, les poursuites requalifiées visent le délit, plus grave, de « détournements de fonds publics ».

Selon une enquête de France Info et Complément d'enquête publiée en septembre 2024, Nicolas Bay a transmis à la justice des revues de presse élaborées en 2018 pour essayer de prouver l'activité de Timothée Houssin en 2014 et 2015. Plusieurs articles, bien que publiés à cette époque, auraient été regroupés a minima fin mars 2018 d'après une analyse des captures d'écran. Nicolas Bay explique avoir reconstitué ces dossiers après la perte des formats papier. Timothée Houssin infirme cette version : « Ce n'est pas moi qui ai remis les pièces présentes au dossier au juge et je n'en ai jamais eu connaissance. Ces revues de presse ne correspondent pas, sur la forme, à mon travail. Je n'ai pas produit ces documents en l'état, ni durant mon contrat avec Nicolas Bay ni après ».

Mylène Troszczynski - Julien Odoul

Julien Odoul en 2019.

D’octobre 2014 à juillet 2015, Julien Odoul est assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski pour un salaire d’environ 3 200 euros net mensuels. Il est par ailleurs « conseiller spécial » au sein du FN de Marine Le Pen mais sans rémunération. En avril 2019, il est mis en examen pour recel de détournement de fonds publics.

Bruno Gollnisch - Guillaume Lhuillier - Micheline Bruna - Yann Le Pen

Bruno Gollnisch est mis en examen le 6 juillet 2018 pour « abus de confiance », concernant l'emploi présumé fictif de deux assistants parlementaires, Guillaume Lhuillier (ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen) et Micheline Bruna (ancienne conseillère d'Île-de-France du 29 mars 2004 au 21 mars 2010 et secrétaire particulière de Jean-Marie Le Pen), entre 2005 et 2015. Pour Bruno Gollnisch : « C'est dérisoire. Je n'ai pas détourné un centime du Parlement européen ».

Yann Le Pen est mise en examen le 5 février 2019 pour « recel de détournements de fonds publics » au sujet de salaires perçus entre 2012 et 2014 en tant qu'assistante parlementaire de Bruno Gollnisch.

Charles Van Houtte

Charles Van Houtte devient assistant parlementaire de Marine Le Pen au Parlement européen en 2009. En 2015, il devient administrateur du groupe Europe des nations et des libertés. Décrit comme un acteur décisif dans l'affaire, il est mis en examen le 6 septembre 2018, pour « complicité de détournements de fonds publics ».

Le 31 janvier 2017, Marine Le Pen est sommée de rembourser au Parlement européen près de 300 000 euros pour avoir « rémunéré des cadres du Front national avec l'argent public ». Cette somme est mise en recouvrement, avec une retenue mensuelle prise sur ses indemnités parlementaires. L'Office européen de lutte antifraude (OLAF) considère qu'elle a rémunéré deux emplois d'assistants parlementaires fictifs. Le premier concerne l'une de ses collaboratrices, Catherine Griset (son ancienne belle-sœur), et le second son garde du corps, Thierry Légier. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une affaire concernant les 23 députés européens FN qui emploieraient 29 assistants parlementaires qui travailleraient davantage pour le parti que sur les dossiers européens. Selon le Parlement européen, le préjudice s'élève à sept millions d'euros.

Marine Le Pen refuse la restitution. Convoquée le 22 février 2017 pour être entendue par les services de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, elle indique qu'elle ne se rendra à aucune convocation avant les élections législatives de juin. Dans le même temps, sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, est mise en examen pour recel d'abus de confiance. Sont également impliqués son compagnon, Louis Aliot, et Nicolas Bay. Convoquée le 10 mars 2017 en vue d'une mise en examen, Marine Le Pen refuse de s'y rendre, invoquant l'immunité parlementaire.

Elle se rend finalement à la convocation des juges du pôle financier 30 juin 2017, remettant un écrit et refusant de répondre aux questions. À l'issue de cette convocation, elle se voit notifier sa mise en examen pour abus de confiance et complicité d'abus de confiance. En juillet 2018, les juges financiers français ordonnent une saisie conservatoire de deux millions d'euros d'aide publique destinée au parti au titre de cette affaire ; cette somme est ensuite ramenée à un million d'euros. En octobre 2018, la mise en examen de Marine Le Pen est requalifiée en « détournement de fonds publics », qui est puni d'une peine plus lourde.

En juin 2018, le Tribunal de l’Union européenne déboute Marine Le Pen, qui demandait l’annulation de la décision de recouvrement de la somme de 300 000 euros prise par le Parlement européen à la fin de 2016, pour les sommes liées à l'emploi de Catherine Griset. Le pourvoi de Marine Le Pen contre cette décision est rejeté par la Cour de justice de l'Union européenne en mai 2019.

Renaud van Ruymbeke en 2021.

Le 28 juin 2018, les juges d'instruction financiers chargés de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen demandent la saisie de deux millions d'euros d'aide publique due au Rassemblement national (il touche chaque année 4,5 millions d’euros, basés sur ses résultats aux élections législatives de 2017). Les juges Renaud Van Ruymbeke et Claire Thépaut justifient cette décision en invoquant l'endettement du Rassemblement, la subvention pouvant rembourser des emprunts et être donc indisponible. Le Rassemblement national, dénonçant les risques de banqueroute du parti, a déposé un recours. Après examen de celui-ci le lundi 6 août, les magistrats de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rendront leur décision le 26 septembre. Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti, annonce que les salaires et les cotisations sociales ne pourront pas être payés fin septembre.

Afin de pallier la saisie des deux millions d'euros, Marine Le Pen a lancé un appel aux dons, ce qui a permis de récolter 500 000 euros. Pour l'universitaire Abel François, spécialiste du financement de la vie politique : « Dans l’absolu, c’est une belle bouée, mais par rapport aux voix remportées à la présidentielle, ou à ce que d’autres partis peuvent lever, c’est peu ».

Le 26 septembre 2018, la cour d'appel de Paris qui valide l'ordonnance « dans son principe » mais tient compte des difficultés financières du parti se prononce sur le recours introduit par le RN en réduisant le montant de la saisie à un million d’euros.

En mars 2019, Marine Le Pen indique que depuis 2009 les assistants parlementaires européens RN travaillent bien au siège de son parti et non pour l'Union européenne mais tout en étant payés par elle.

Un autre rapport de l'OLAF est communiqué au parquet de Paris le 11 mars 2022 selon Mediapart. Le document de 116 pages fait état de « près de 137 000 euros qui auraient été détournés à des fins personnelles » par Marine Le Pen, lorsqu'elle siégeait au Parlement européen entre 2004 et 2017. Trois anciens eurodéputés, Jean-Marie Le PenLouis Aliot et Bruno Gollnisch, sont également visés par le rapport. L'Olaf sollicite le remboursement d'une somme totale d'environ 617 000 euros. Louis Aliot « conteste formellement ce qu'il y a dans l'article » de MediapartLaurent Jacobelli (porte-parole) évoque une « boule puante » sortie à quelques jours de l'échéance électorale, et Jordan Bardella ajoute que son parti compte déposer plainte : « l'ouverture d'une enquête à quelques jours du second tour ne laissera personne de marbre ».

Outre les 340 000 euros réclamés à Marine Le Pen, cinq autres députés du Front se voient demander de rembourser les salaires de certains assistants pour 2014 avec des motifs identiques. Jean-Marie Le Pen  doit rembourser 320 000 euros, Bruno Gollnisch 276 000 euros, Dominique Bilde 40 320 euros, Sophie Montel 77 000 euros et Mylène Troszczynski 56 000 euros. Après sa démission du Parlement européen le 19 juin 2017, à la suite de son élection à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen doit rembourser encore 300 000 euros. Le Parlement européen doit attendre la fin de l'affaire en France pour espérer recouvrer cette dette.

Procès (2024-2025)

Article connexe : Inéligibilité en droit français.

Le 3 juillet 2024, le tribunal judiciaire de Paris annonce, après l'avis d'experts, que Jean-Marie Le Pen, âgé de 96 ans, n'est pas en état de préparer sa défense et d'assister au procès. Il devrait être représenté par sa fille Marie-Caroline Le Pen. Seront jugées pour détournement de fonds publics 27 personnes, parmi lesquelles Marine Le Pen. Soit 12 assistants parlementaires, 11 personnes élues eurodéputés et enfin 4 collaborateurs du RN. La magistrate Bénédicte de Perthuis doit présider le tribunal. Le procès se déroule du 30 septembre au 27 novembre 2024.

Autre affaire liée : Des menaces…

En janvier 2025, le parquet de Paris lance une enquête après des menaces envers une juge et deux procureurs chargés de l'affaire sur le site internet d'extrême droite Riposte laïque. Des menaces de mort et une photographie de la procureure ont été postées dans la partie commentaires des articles qui traitent de l'affaire judiciaire.

Les magistrats ayant rendu le jugement le 31 mars 2025, condamnant Marine Le Pen et d'autres membres du RN, sont menacés nommément. Des instances juridiques et plusieurs personnalités politiques les soutiennent dont le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui indique : « Les menaces proférées contre les magistrats du Tribunal judiciaire de Paris sont inacceptables dans une démocratie et préoccupantes pour l’indépendance de l’autorité judiciaire ». Alors que Marine Le Pen et ses proches accusent la présidente du tribunal de vouloir l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.

Marie-Suzanne Le Quéau, procureure générale près la cour d'appel de Paris, indique le 3 avril 2025 que cinq auteurs de ces menaces sont identifiés et qu'ils seront jugés. Lafourcade signale le jour même la démarches étant une atteinte à la démocratie et appelle à une « mobilisation populaire et pacifique ». Il fait un parallèle entre cette condamnation et l'invalidité de la candidature de Călin Georgescu prononcée par la Cour constitutionnelle de Roumanie lors de l'élection présidentielle roumaine de 2024.

Si au sein de l'opposition de gauche, la majorité des formations politiques défend le jugement comme étant une preuve d'un système judiciaire fonctionnel, La France insoumise (LFI) dit « refuser par principe que le recours soit impossible pour un justiciable quel qu’il soit ».

Emmanuel Macron intervient le 2 avril lors du Conseil des ministres pour rappeler l'indépendance de l'autorité judiciaire, la nécessité de protéger et respecter les magistrats, et le droit au recours pour tous les justiciables.

Le 6 avril 2024, le RN organise une manifestation dans les rues de Paris, au sujet de laquelle Jordan Bardella dément un « coup de force » du parti pour influencer la justice et explique qu'elle a pour but de « sauver la démocratie ». Les figures de Jésus-Christ et Martin Luther King sont invoquées par plusieurs intervenants, en comparaison avec la situation des condamnés. 7 000 personnes participent à la manifestation selon les estimations de la police. Pour Luc Rouban, chercheur du CNRS, cette radicalisation détruit la stratégie de normalisation construite depuis plusieurs années.

Historique :

Le 13 novembre, le parquet requiert contre Marine Le Pen cinq ans de prison, dont deux fermes aménageables, cinq ans d'inéligibilité et 300 000 euros d'amende. L'accusation demande l'exécution provisoire, c'est-à-dire que cette peine s’applique dès la condamnation, y compris en cas d'appel. Pour le Rassemblement national, il est demandé une amende de 4,3 millions d'euros dont 2 millions avec sursis. Il requiert également à l'encontre de :

  • Julien Odoul, 10 mois d'emprisonnement avec sursis, 20 000 euros d'amende et un an d'inéligibilité avec exécution provisoire ;

  • Louis AliotDominique BildeMylène Troszczynski et Nicolas Bay, 18 mois d'emprisonnement dont 12 avec sursis, 30 000 euros d'amende et 3 ans d'inéligibilité, certains avec exécution provisoire ;

  • Bruno Gollnisch, 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis, 200 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire ;

  • Fernand Le Rachinel, 2 ans de prison dont 1 an avec sursis, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Yann Le Pen, 18 mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité.

  • Timothée Houssin, 10 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et un an d'inéligibilité avec exécution provisoire ;

  • Marie Christine Arnautu, 18 mois de prison dont 12 avec sursis, 50 000 euros d'amende, 3 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.

Après plus de dix ans d’enquête, de procédure, de convocations pour des faits allant de 2004 à 2016, le procès s’est tenu en 2024 avec un jugement rendu le 31 mars 2025. Marine Le Pen et huit autres prévenus sont condamnés pour détournement de fonds publics avec 5 ans de prison requis pour Marine Le Pen, des amendes et surtout des peines d’inéligibilité avec « exécution provisoire ». Cela signifie que même en cas de recours, cette peine devrait s’appliquer. Marine Le Pen affirme d’autre-part qu’elle n’a violé aucune règle. Mais douze assistants parlementaires sont aussi condamnés pour recel de détournement de fonds publics. Trois autre membres du parti sont aussi condamnés pour complicité de détournement de fonds publics et un prévenu relaxé.

Le préjudice est estimé à 4 978 122 millions d'euros. Marine Le Pen, notamment, est condamnée le 31 mars 2025 à 4 ans de prison dont 2 avec ainsi qu'à 100 000 euros d'amende et à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Cette dernière condamnation l'empêchera de se présenter à des élections jusqu'en 2030, dont l'élection présidentielle de 2027 et les prochaines élections législatives.

Ce procès en appel s’est tenu du 13 janvier 2026 au 12 février 2026 avec délibéré en appel du 07 juillet 2026.

La cour d'appel de Paris a condamné Marine Le Pen à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et un an ferme aménageable avec bracelet électronique, mardi 7 juillet. Avec une peine d'inéligibilité réduite à 15 mois, la cheffe de file du Rassemblement national est donc éligible à l'élection présidentielle en avril 2027. Elle a décidé de se pourvoir en cassation et de s'engager dans la course à l'Elysée.

Il serait possible aussi d’ajouter l’affaire des emprunts russes et plus…

En 2014, le Front National étant aux abois financièrement, contracte auprès d’établissements bancaires russes « douteux » la somme de 11 millions d’euros de crédits censés permettre au parti de se sortir d’une situation économique périlleuse. Cette opération deviendra un boulet pour la nouvelle présidente du parti, Marine le Pen…..Effectivement en 2019 la DGSI a recensé « les relais d’influence « utilisés par la Russie dans le cadre des élections européennes. Les quatre seuls membres politiques français cités sont membres du RN ou l’ont été. Parmi eux, une conseillère franco-russe du RN au Parlement européen.

Autre volet, Le programme pour 2027 :

En ce qui concerne le programme pour la France, il se compose de 22 mesures dont certaines intéressantes, mais il n’y paraît pas de mesures économiques pour résorber la dette, revenir au minimum à l’équilibre des comptes, le rétablissement des comptes Sécurité Sociale, retraites, Assedic. Aucun texte concernant l’Europe et ses relations avec. N’apparaît plus la retraite à 60 ans voire 62 ans. (Un désastre). Rien sur le temps de travail et d’activité….Et pourtant mesure prioritaire.

Le patronat vient de sortir un grand titre : Le programme RN fait peur :

« LES PATRONS N’EN VEULENT TOUJOURS PAS ».

Chacun pourra avoir son avis en connaissance de cause.

www.danielmoinier.fr

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C. Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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