Fusion nucléaire : Proxima Fusion lève 411 millions grâce à Google

Google investit 411 millions d’euros dans Proxima Fusion, propulsant la startup allemande à 2,7 milliards de dollars de valorisation. Une levée de fonds qui repositionne l’Europe dans la course mondiale à la fusion nucléaire commerciale, face aux géants américains CFS et Helion.

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By Nicolas Egon Last modified on 7 juillet 2026 16h15
Fusion nucléaire : Proxima Fusion lève 411 millions grâce à Google
Fusion nucléaire : Proxima Fusion lève 411 millions grâce à Google - © Economie Matin
2,7 milliards de dollars Cette valorisation a permis à Proxima Fusion d'être valorisée à 2,7 milliards de dollars

Google vient de parier 411 millions d'euros sur Proxima Fusion, portant la startup allemande à une valorisation de 2,7 milliards de dollars. Un chèque qui redessine les cartes de la compétition économique mondiale dans la fusion nucléaire commerciale. L'opération, menée par XTX Ventures et East X Ventures, place l'Europe au centre d'une bataille financière où les États-Unis dominaient jusqu'ici. Avec RWE comme second investisseur stratégique, Proxima Fusion devient la startup de fusion nucléaire la mieux financée du continent.

Un signal fort pour l'écosystème européen

Le montant débloqué par Google et ses partenaires marque un tournant. Francesco Sciortino, cofondateur et directeur général de Proxima Fusion, le formule sans détour : « L'Europe est en course avec les États-Unis et la Chine pour construire la première centrale électrique de fusion ». Mais au-delà des déclarations, les chiffres parlent. Selon CNBC, la levée de fonds propulse Proxima au rang de champion européen, même si les entreprises américaines conservent une avance financière globale. Commonwealth Fusion Systems affiche 2,9 milliards de dollars levés, Helion Energy 1,5 milliard.

Google mise sur la fusion : pourquoi maintenant ?

Le géant californien ne joue pas sa première carte dans la fusion. En juin 2025, Google avait déjà signé un accord d'achat d'électricité avec Commonwealth Fusion Systems pour sa future centrale commerciale. Cet engagement répété traduit une stratégie claire : sécuriser des sources d'énergie décarbonée pour alimenter ses data centers. « La fusion présente un potentiel énorme comme source d'énergie du futur : elle est propre, abondante et intrinsèquement sûre, et peut être construite presque partout », explique Google dans son communiqué. Une nécessité quand les émissions de CO2 liées aux infrastructures numériques explosent.

Proxima Fusion vs Commonwealth Fusion Systems : la bataille des valorisations

La valorisation de 2,7 milliards de dollars place Proxima Fusion derrière Commonwealth Fusion Systems (CFS), qui a levé 863 millions de dollars en août 2025 seulement. CFS totalise désormais 2,9 milliards de financement cumulé. Helion Energy, troisième acteur majeur, a levé 465 millions en septembre 2025, atteignant 1,5 milliard au total. Mais Proxima dispose d'un atout : la technologie stellarator, considérée comme plus stable que les tokamaks privilégiés par CFS. Les investisseurs européens parient sur une approche différente, potentiellement plus rentable à long terme.

Les chiffres qui redessinent la compétition

Les 411 millions d'euros levés par Proxima Fusion serviront à développer les câbles supraconducteurs haute température et les systèmes de fabrication pour stellarators. Un investissement industriel lourd, qui reflète la maturité croissante du secteur. Benzinga souligne que la participation de Google transforme Proxima en acteur incontournable. Les fonds permettront d'accélérer la construction d'un démonstrateur prévu pour le début des années 2030.

2,7 milliards de dollars : une valorisation record en Europe

La valorisation atteinte par Proxima Fusion dépasse celle de nombreuses licornes technologiques européennes. Pour un secteur aussi capitalistique que la fusion nucléaire, franchir le seuil des 2 milliards avant même de produire un kilowattheure commercial témoigne de la confiance des investisseurs. Francesco Sciortino insiste : « Le financement de Proxima démontre que l'Europe peut non seulement inventer des technologies révolutionnaires, mais aussi construire des entreprises compétitives à l'échelle mondiale autour d'elles ». Un message adressé autant aux concurrents américains qu'aux institutions européennes.

La présence de RWE, géant allemand de l'énergie, aux côtés de Google révèle une convergence d'intérêts. RWE cherche à décarboner son mix énergétique, à l'image du Japon qui franchit un nouveau cap dans sa politique nucléaire. Google, de son côté, sécurise ses approvisionnements futurs. L'alliance entre énergéticiens historiques et acteurs technologiques pourrait devenir le modèle dominant pour financer les infrastructures de fusion. Les accords d'offtake signés par Google garantissent des débouchés commerciaux avant même la mise en service des centrales.

Enjeux économiques : la décennie décisive

Le calendrier annoncé par Proxima Fusion structure les attentes du marché. Un démonstrateur fonctionnel au début des années 2030, une centrale commerciale en fin de décennie : le rythme s'accélère. Mais les risques demeurent. Aucune entreprise n'a encore prouvé la viabilité économique de la fusion à l'échelle industrielle. Les investisseurs parient sur une percée technologique qui pourrait ne jamais advenir, ou survenir trop tard pour rentabiliser les investissements.

Le démonstrateur prévu pour le début des années 2030 marquera une étape cruciale. Si Proxima Fusion tient ses engagements, l'entreprise pourrait commercialiser de l'électricité dès 2038-2040. Un horizon qui coïncide avec les objectifs de neutralité carbone de nombreux pays européens. Le timing compte : arriver trop tard signifierait perdre des parts de marché face aux énergies renouvelables déjà matures. Arriver trop tôt, avant que les coûts ne soient compétitifs, exposerait les investisseurs à des pertes massives.

Quelle rentabilité pour les investisseurs ?

La question reste ouverte. Les valorisations actuelles anticipent des revenus futurs considérables, mais aucun modèle économique éprouvé n'existe encore. Les accords d'offtake signés par Google avec CFS et potentiellement avec Proxima offrent une première garantie de débouchés. Mais le coût du mégawattheure produit par fusion reste inconnu. Les investisseurs misent sur une baisse rapide des coûts, similaire à celle observée dans le solaire photovoltaïque. Un pari audacieux, qui pourrait redéfinir les marchés énergétiques mondiaux ou se solder par des milliards engloutis.

Ce qu'il faut retenir : Proxima Fusion devient la startup européenne de fusion la mieux financée grâce à 411 millions d'euros levés auprès de Google et RWE. Valorisée à 2,7 milliards de dollars, elle défie les géants américains CFS et Helion. Le calendrier 2030-2040 déterminera si la fusion nucléaire tient ses promesses économiques ou reste une chimère coûteuse. Pour l'Europe, l'enjeu dépasse la technologie : il s'agit de prouver sa capacité à transformer l'innovation en leadership industriel.

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