En mars 2026, le prix du gaz repart à la hausse. La Commission de régulation de l’énergie revalorise son prix repère, entraînant une augmentation moyenne d’environ 60 euros par an pour un foyer type. Dans un contexte international tendu, marqué par l’escalade militaire autour de l’Iran et du détroit d’Hormuz, les marchés de l’énergie restent fébriles.
Gaz : +60 euros par an en mars 2026 (et ça va être bien pire)

Dès le 1er mars 2026, le nouveau prix repère du gaz s’applique aux consommateurs résidentiels. Publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cet indicateur sert de boussole aux fournisseurs et permet aux ménages de situer leurs contrats par rapport aux conditions du marché. Cette fois, le signal est clair : les prix repartent à la hausse.
Selon les données publiées par la CRE le 10 février 2026, le prix repère moyen toutes taxes comprises atteint environ 0,14010 euro par kilowattheure en mars. Ce niveau traduit l’évolution des coûts d’approvisionnement sur les marchés de gros, qui se sont redressés en début d’année.
Gaz et prix : une hausse confirmée par la CRE
La hausse annoncée en mars 2026 s’établit à environ 3,8 % à 3,93 % par rapport au mois de février, selon les chiffres relayés respectivement par le site officiel Energie-info. Cette progression peut sembler modérée. Pourtant, à l’échelle d’une année, son impact devient tangible. Pour un foyer chauffé au gaz consommant autour de 11 000 à 11 200 kilowattheures par an, la facture annuelle passerait d’environ 1 462 euros à 1 521 euros, soit près de 59 à 60 euros supplémentaires, d’après les calculs de Selectra.
Ce renchérissement s’inscrit dans le cadre du prix repère de vente du gaz naturel, qui a remplacé les anciens tarifs réglementés. La CRE rappelle d’ailleurs que « le prix repère de vente de gaz naturel reflète les variations mensuelles des coûts d’approvisionnement, qui évoluent en fonction des prix à court terme sur le marché de gros de l’énergie », précise l’institution dans sa publication du 10 février 2026.
Énergie : quelles causes derrière la hausse des prix ?
Plusieurs facteurs expliquent cette remontée des prix du gaz. D’abord, les marchés européens ont enregistré un regain de tension en début d’année, notamment en raison d’une demande soutenue et de conditions météorologiques plus froides que prévu. Ensuite, les coûts d’approvisionnement à court terme ont progressé, ce qui se répercute sur le calcul du prix repère.
Le prix repère publié par la CRE intègre en effet plusieurs composantes : le coût du gaz sur les marchés de gros, les coûts d’acheminement via les réseaux, ainsi que les taxes et contributions. Lorsque la brique « marché » augmente, l’ensemble du prix final s’en ressent.
En pratique, les ménages chauffés au gaz restent les plus exposés. Une hausse de quelques centimes par kilowattheure peut se transformer en dizaines d’euros supplémentaires sur douze mois. Certes, nous sommes loin des flambées spectaculaires observées en 2022. Néanmoins, la dynamique reste orientée à la hausse.
Gaz et hausse : la guerre en Iran peut-elle aggraver la situation ?
À ce contexte déjà tendu s’ajoute une incertitude géopolitique majeure. Fin février 2026, l’escalade militaire autour de l’Iran et du détroit d’Hormuz a ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial. Or, ce passage maritime stratégique voit transiter environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz, selon les données compilées dans des dépêches internationales reprises début mars 2026.
Les perturbations du trafic de pétroliers et de méthaniers dans cette zone ont déjà provoqué des tensions sur les cours du pétrole. Par ricochet, les marchés du gaz naturel liquéfié peuvent également être affectés, notamment en Europe, très dépendante des importations.
Des analystes de marché estiment que si les disruptions persistent, une flambée des prix de l’énergie n’est pas à exclure. En cas de blocage durable ou d’extension du conflit, les coûts d’approvisionnement du gaz pourraient à nouveau s’envoler, alimentant une nouvelle vague de hausse des prix pour les consommateurs européens. Pour l’instant, la hausse de mars 2026 reflète surtout des ajustements de marché classiques. Cependant, le risque géopolitique constitue un facteur d’instabilité supplémentaire. La CRE, en ajustant chaque mois son prix repère, répercute mécaniquement ces évolutions.
Ainsi, si la crise au Moyen-Orient devait s’aggraver et entraîner une envolée durable des cours internationaux, le prix du gaz en France pourrait continuer de progresser dans les prochains mois. À l’inverse, un apaisement rapide des tensions et une stabilisation des marchés pourraient contenir les hausses futures.
