Le prix du gaz augmente encore de plus de 6% en octobre 2026

Le prix repère du gaz bondit de 6,3% au 1er octobre 2026, atteignant 182,88 €/MWh selon la CRE. Cette hausse, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, impacte 6 millions de ménages français avec une augmentation annuelle estimée à 120 euros.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 11 septembre 2026 5h46
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energie-gaz-facture-prix-cre-tva-hausse-juillet-2025 - © Economie Matin
5,28 EUROSLa facture mensuelle d'octobre augmentera en moyenne de 5,28 euros

Une nouvelle flambée des tarifs gaziers frappe les ménages français

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a officialisé le 10 septembre 2026 une hausse significative du prix repère de vente de gaz naturel. Dès le 1er octobre, ce tarif de référence bondit de 6,3%, passant de 172,05 euros le mégawattheure toutes taxes comprises en septembre à 182,88 euros. Cette augmentation, consécutive à la flambée des cours observée en août sur les marchés gaziers européens, constitue un record depuis la création de cet indicateur en janvier 2013.

Selon le communiqué de la CRE, cette évolution résulte directement d'une « augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d'août comparativement à juillet ». L'autorité de régulation française précise que cette hausse affectera concrètement environ 6 millions de ménages disposant d'offres indexées sur ce prix repère, soit près de 60% des 10,31 millions de foyers raccordés au réseau de gaz naturel au 31 mars 2026. Les consommateurs ayant opté pour des contrats à prix fixe, représentant environ 40% du marché résidentiel fin 2025, échappent temporairement à cette augmentation.

Un impact chiffré sur le budget des ménages

L'impact financier de cette nouvelle progression tarifaire se révèle loin d'être négligeable pour les foyers français. La CRE estime que la facture mensuelle d'octobre augmentera en moyenne de 5,28 euros toutes taxes comprises pour les consommateurs concernés. Plus concrètement, le prix du kilowattheure destiné au chauffage grimpe de 0,13474 euro à 0,14521 euro, enregistrant ainsi une hausse de 7,8% en l'espace d'un mois.

L'autorité de régulation projette également des conséquences sur l'ensemble de l'année 2026. « Sous réserve que la situation reste à peu près stable d'ici la fin de l'année, la CRE estime que la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10% plus élevée que la facture annuelle 2025 (soit + 120 € TTC environ), les prix de début d'année ayant été relativement bas », indique le communiqué officiel. Cette perspective d'une augmentation annuelle de 120 euros intervient dans un contexte où le pouvoir d'achat des ménages demeure une préoccupation majeure.

Cette hausse d'octobre succède à celle de septembre, qui avait déjà enregistré une progression de 5,6%. L'accumulation de ces augmentations mensuelles témoigne d'une tendance haussière persistante depuis le printemps 2026, après des prix relativement contenus en début d'année.

Les tensions géopolitiques au cœur de la flambée des prix

L'envolée des tarifs gaziers trouve son origine dans les bouleversements géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient depuis février 2026. Le blocage du détroit d'Ormuz, consécutif aux hostilités entre les États-Unis et l'Iran débutées fin février, perturbe gravement les routes d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié depuis le Qatar vers l'Europe. Cette situation a provoqué une véritable onde de choc sur les marchés énergétiques européens.

L'indice TTF néerlandais, qui fait référence pour le gaz en Europe, illustre parfaitement cette volatilité. Alors qu'il s'établissait à 31,470 euros le mégawattheure le 27 février 2026, il a grimpé jusqu'à 81,910 euros pour les contrats d'octobre, soit une multiplication par près de 2,6 en quelques mois. Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting et à Terra Nova, résume la situation sans détour : « Cette hausse est due quasi exclusivement à la guerre et aux routes d'acheminement du gaz qui ont été bloquées », comme rapporté par Ouest-France.

Cette dépendance aux importations constitue un talon d'Achille pour la France, qui importe environ 95% du gaz naturel qu'elle consomme. Les tensions au Moyen-Orient rappellent ainsi la vulnérabilité énergétique européenne face aux crises internationales, malgré les efforts de diversification des sources d'approvisionnement entrepris depuis la crise russo-ukrainienne de 2022.

Le prix repère, boussole du marché depuis la fin des tarifs réglementés

Depuis la suppression des tarifs réglementés de vente du gaz le 1er juillet 2023, le prix repère de vente de gaz (PRVG) publié mensuellement par la CRE constitue la principale référence pour les consommateurs et les fournisseurs. Cet indicateur, calculé selon une méthodologie précise, se compose de trois éléments distincts : la fourniture (incluant l'approvisionnement et les coûts commerciaux), l'acheminement (regroupant les tarifs de réseau et de stockage) et les taxes.

Seule la composante approvisionnement évolue chaque mois, basée à 80% sur l'indice MA2 (« month ahead ») et à 20% sur l'indice QA (« quarter ahead »), tous deux calculés à partir des cotations sur la plateforme européenne EEX. Cette méthodologie vise à refléter au plus près les réalités du marché tout en atténuant les variations les plus brutales grâce à un lissage temporel.

Les fournisseurs de gaz naturel, dont GRDF qui couvre environ 95% des clients résidentiels selon la CRE, utilisent ce prix repère comme base pour élaborer leurs offres commerciales indexées. Cette transparence permet théoriquement aux consommateurs de comparer plus aisément les propositions du marché et d'arbitrer entre offres indexées et contrats à prix fixe, selon leur aversion au risque et leur anticipation de l'évolution des cours.

Perspectives et préparation de l'hiver énergétique

Alors que l'automne s'installe et que l'hiver 2026-2027 se profile, la question de la sécurité d'approvisionnement demeure centrale. En septembre 2026, les stocks de gaz français atteignaient 71,3% de leur capacité, avec un objectif fixé à 85% avant l'arrivée de la saison froide. Ces réserves stratégiques constituent un élément crucial pour amortir d'éventuelles tensions supplémentaires sur les marchés.

L'évolution des prix jusqu'à la fin de l'année reste néanmoins incertaine, tributaire des développements géopolitiques au Moyen-Orient et de l'équilibre entre offre et demande sur le marché gazier européen. Les ménages français, particulièrement ceux disposant d'offres indexées, devront scruter attentivement les annonces mensuelles de la CRE pour anticiper l'impact sur leur budget énergétique.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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