Être grand-parent, un atout inattendu pour la santé du cerveau

Être grand-parent ne se résume pas à un simple plaisir affectif ou familial. Selon plusieurs travaux récents, garder régulièrement ses petits-enfants pourrait aussi avoir des effets mesurables sur le cerveau, en ralentissant le déclin cognitif lié à l’âge, un enjeu majeur de santé publique alors que la population vieillit rapidement.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 28 janvier 2026 17h00
Être grand-parent, un atout inattendu pour la santé du cerveau
Être grand-parent, un atout inattendu pour la santé du cerveau - © Economie Matin

Fin janvier 2026, une nouvelle étude européenne relayée par plusieurs médias spécialisés relance le débat sur le rôle du grand-parent dans la prévention du vieillissement du cerveau. Publiés notamment le 26 et le 27 janvier, ces résultats suggèrent que l’implication auprès des petits-enfants n’est pas anodine pour la santé cognitive des seniors, et pourrait même constituer un levier protecteur face au déclin cognitif.

Pourquoi le rôle de grand-parent stimule le cerveau au fil des années

Chez le grand-parent, le fait de s’occuper de ses petits-enfants s’accompagne d’une stimulation cognitive régulière. En effet, selon une étude publiée dans la revue Psychology and Aging, les chercheurs ont analysé les performances cognitives de 2 887 participants âgés de plus de 50 ans, avec un âge moyen de 67 ans. Ainsi, au fil des évaluations réalisées entre 2016 et 2022, les grand-parent impliqués présentaient de meilleurs scores de mémoire et de fluidité verbale, deux fonctions clés du cerveau, comparativement à ceux qui n’avaient pas ce rôle actif.

De plus, et surtout, cette association positive ne dépendait pas uniquement du nombre d’heures passées avec les enfants. Comme l’explique Flavia Chereches, chercheuse principale citée par Euronews, « ce qui nous a le plus frappés, c’est que le fait d’être un grand-parent aidant semblait compter davantage pour le fonctionnement cognitif que la fréquence de l’aide ». Le cerveau du grand-parent bénéficierait avant tout de l’engagement mental, émotionnel et organisationnel qu’implique cette responsabilité, et non d’une simple présence ponctuelle.

Grand-parent et cerveau : des bénéfices cognitifs mesurables et chiffrés

Les données chiffrées renforcent cette observation. L’étude montre que les grand-parents aidants réussissent mieux plusieurs tests cognitifs standardisés, notamment ceux évaluant la mémoire épisodique, essentielle au cerveau pour stocker et restituer les souvenirs. Les chercheurs soulignent que ces différences persistent même après ajustement sur des facteurs comme le niveau d’éducation, l’état de santé général ou la situation socio-économique, selon les données publiées fin janvier 2026.

Par ailleurs, les résultats indiquent que 56 % des participants déclaraient garder leurs petits-enfants tout au long de l’année. Cependant, les auteurs précisent que le grand-parent qui s’engage ponctuellement mais activement bénéficie également d’effets positifs sur le cerveau. Cette nuance est importante, car elle suggère que la stimulation cognitive peut être obtenue sans contrainte excessive, tant que l’interaction reste riche et variée.

Pourquoi les grand-mères semblent particulièrement protégées au niveau du cerveau

Un autre enseignement majeur concerne la différence observée entre les sexes. Les bénéfices cognitifs apparaissent plus marqués chez les femmes. Ainsi, la grand-mère, présenterait un déclin plus lent de certaines fonctions du cerveau, comme la mémoire verbale et la fluidité du langage, par rapport aux hommes du même âge.

Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses, tout en restant prudents. D’une part, les grand-mères seraient plus souvent impliquées dans des activités complexes avec les enfants, comme l’aide aux devoirs ou l’organisation du quotidien, ce qui sollicite davantage le cerveau. D’autre part, comme le rappelle Euronews en citant les auteurs, des activités simples comme aider aux devoirs ou jouer avec les petits-enfants peuvent contribuer à une meilleure mémoire. Ainsi, le rôle de grand-parent agirait comme une forme d’entraînement cognitif naturel, potentiellement protecteur à long terme.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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