La grippe continue de frapper la France avec une intensité inhabituelle en plein cœur de l’hiver. Face à une circulation virale toujours élevée et à une couverture vaccinale jugée insuffisante, les autorités sanitaires ont décidé de prolonger la campagne de vaccination. Une mesure exceptionnelle, révélatrice d’une situation épidémique préoccupante, qui vise à limiter les formes graves et à soulager un système de santé déjà sous tension.
Grippe : la campagne de vaccination prolongée face à une épidémie persistante

Depuis la fin du mois de janvier 2026, la grippe s’impose à nouveau comme une priorité sanitaire nationale. Alors que l’épidémie devait progressivement refluer, les indicateurs restent au rouge, poussant le gouvernement à prolonger la campagne de vaccination contre la grippe jusqu’au 28 février.
Une épidémie de grippe toujours active en France malgré l’hiver avancé
La grippe circule encore activement sur l’ensemble du territoire français. Contrairement aux scénarios habituels, l’épidémie ne montre pas de signe clair de reflux à la fin du mois de janvier 2026. Selon les dernières données disponibles, le virus grippal reste à un niveau épidémique dans toutes les régions métropolitaines, à l’exception de Mayotte et de La Réunion, comme l’indique Santé publique France dans son bulletin de mi-janvier. Cette persistance alimente les inquiétudes des autorités sanitaires, d’autant plus que la grippe a déjà entraîné une pression significative sur les services de soins.
La situation est particulièrement préoccupante chez les enfants. Depuis la rentrée scolaire de janvier, les consultations médicales et les passages aux urgences liés à la grippe sont repartis à la hausse dans cette tranche d’âge. Les spécialistes redoutent un effet de cascade, avec une transmission accrue vers les adultes et les personnes âgées dans les semaines suivantes. Or, ces populations restent les plus vulnérables face aux formes graves de la grippe, notamment en cas de comorbidités.
Pourquoi la campagne de vaccination contre la grippe est prolongée
Face à cette situation, la prolongation de la campagne de vaccination contre la grippe apparaît comme une réponse pragmatique. Initialement prévue jusqu’au 31 janvier 2026, la campagne est désormais étendue jusqu’au 28 février. « Face à la poursuite d’une circulation importante des virus grippaux, la campagne de vaccination est prolongée jusqu’au 28 février 2026 », a déclaré la Direction générale de la Santé dans un communiqué publié le 27 janvier.
Cette décision vise avant tout à renforcer la protection des populations à risque. Les autorités rappellent que le vaccin contre la grippe conserve un intérêt tout au long de l’épidémie, même lorsque celle-ci est déjà bien installée. La vaccination permet de réduire le risque de formes graves, d’hospitalisations et de décès, y compris lorsque l’efficacité globale du vaccin est qualifiée de modérée. Cette saison, le virus dominant appartient à un sous-clade de type A(H3N2), souvent associé à une efficacité vaccinale plus variable, comme l’expliquent plusieurs experts.
La prolongation répond également à un constat chiffré préoccupant. Au 31 décembre 2025, la couverture vaccinale globale contre la grippe atteignait seulement 46,3 % parmi les personnes ciblées. Chez les plus de 65 ans, pourtant particulièrement exposés aux complications, ce taux s’élevait à 53,3 %. Il chutait à 27,1 % chez les moins de 65 ans présentant des facteurs de risque, selon les chiffres de l’Assurance maladie publiés fin janvier. Ces niveaux restent nettement inférieurs aux objectifs de santé publique, alors même que près de trois quarts des cas graves admis en réanimation concernent des personnes non vaccinées, alerte le ministère. La vaccination est prise en charge à 100 % pour les publics prioritaires, rappellent les agences régionales de santé. L’objectif reste inchangé. Réduire l’impact sanitaire de la grippe, protéger les plus fragiles et éviter une surcharge durable du système de soins dans un contexte déjà marqué par la co-circulation d’autres virus respiratoires.
