Guerre en Ukraine : essence, sucre, le rationnement des habitants de la Crimée se poursuit

La Guerre en Ukraine provoque des rationnements d’essence et de nourriture en Crimée suite aux attaques de drones ukrainiens sur les infrastructures russes. Les habitants subissent des limitations à 20 litres de carburant par véhicule et des pénuries de produits de base.

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By Cédric Bonnefoy Published on 11 juin 2026 11h49
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Guerre en Ukraine : essence, sucre, le rationnement des habitants de la Crimée se poursuit - © Economie Matin
20 litresEn Crimée, la consommation quotidienne d'essence est fixée à 20 litres.

La Crimée confrontée à des restrictions d'approvisionnement inédites

Les habitants de la Crimée font face à un rationnement drastique du carburant et des denrées alimentaires depuis plusieurs semaines. La péninsule annexée par Moscou en 2014 subit de plein fouet les conséquences des attaques répétées de drones ukrainiens contre les infrastructures pétrolières russes. Les circuits d'approvisionnement, perturbés par la guerre en Ukraine, créent une situation inédite depuis le début du conflit.

Un journaliste de Reuters présent sur place a documenté l'ampleur des restrictions imposées aux Criméens. À Sébastopol, principal port militaire de la péninsule, les automobilistes ne peuvent désormais faire le plein qu'à hauteur de 20 litres maximum par véhicule, système contrôlé par QR code associé à chaque plaque d'immatriculation.

Files d'attente et quotas stricts dans les stations-service

"La limitation à 20 litres est toujours en vigueur", confirme Mikhaïl Razvojaïev, gouverneur de Sébastopol nommé par les autorités russes, sur son canal Telegram. Les files d'attente s'allongent devant les stations-service, où les conducteurs patientent parfois 8 à 10 heures pour obtenir leur ration quotidienne. Le responsable local recommande aux automobilistes de "vérifier les disponibilités en carburant" avant de se déplacer.

Parallèlement aux restrictions sur l'essence, les magasins alimentaires appliquent leurs propres mesures de rationnement. Le sarrasin, ingrédient de base de l'alimentation russe, fait l'objet d'une limitation à 5 kilogrammes par achat. Les pénuries de sucre se multiplient dans les rayons, même si les approvisionnements semblent progressivement se normaliser sans provoquer de mouvement de panique parmi la population.

Kiev cible méthodiquement les voies d'approvisionnement

L'Ukraine concentre ses attaques de drones sur les deux principales artères vitales de la péninsule. D'une part, les régions contrôlées par Moscou dans le sud-est du territoire ukrainien, d'autre part le détroit de Kertch qui relie la Crimée à la péninsule russe de Taman via le pont construit par les Russes.

Les frappes ukrainiennes auraient mis hors service un tiers des capacités de raffinage russes. Au moins 15 régions, incluant celle de Moscou, subissent désormais des plafonds de vente pour l'essence et le diesel. Dans les stations Lukoil, la vente est plafonnée à 100 litres, tandis que chez Gazprom, les limites oscillent entre 100 et 150 litres par personne.

Un phénomène qui s'étend à plusieurs régions russes

Les conséquences de la guerre en Ukraine dépassent largement les frontières de la péninsule. Dans l'oblast de Belgorod, région frontalière de l'Ukraine, les voitures sont interdites de faire le plein dans les stations du réseau Rosneft. La région ukrainienne de Louhansk, occupée par la Russie, applique également une limite de 20 litres d'essence par personne face aux risques de pénurie.

D'après Euronews, "la Crimée occupée et illégalement annexée par la Russie est devenue le premier territoire où la vente de carburant en espèces a été officiellement suspendue". Le volume de raffinage russe en mai devrait tomber à 4,58 millions de barils par jour, soit 13% de moins que l'année précédente et un minimum depuis l'automne 2009.

Transports publics et tourisme perturbés

Les restrictions touchent également les transports publics et le secteur touristique. Les bus ne circulent plus normalement, laissant les touristes venus profiter des plages criméennes dans l'incertitude quant à leur retour. Face aux bombardements de drones, les autorités locales ont réduit le nombre de trains circulant la nuit, suite à une attaque ayant blessé un conducteur et tué son mécanicien sur la ligne Moscou-Simferopol.

Comme l'illustrent les difficultés actuelles d'approvisionnement, les battements d'ailes de quelques drones ukrainiens suffisent à perturber l'économie d'une région entière, démontrant la fragilité des systèmes logistiques dans un monde interconnecté.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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