Climatisation, écrans, soleil : le trio qui met nos yeux à rude épreuve chaque été

Nous protégeons notre peau avec de la crème solaire. Nous pensons à nous hydrater. Nous évitons les coups de soleil. Pourtant, un organe essentiel reste presque systématiquement oublié pendant les vacances : nos yeux.

Dr Maxime
By Maxime Delbarre Published on 26 juillet 2026 9h00
Close,up,baby,girl,eye,photo.,caucasian,kid,child,girl
Climatisation, écrans, soleil : le trio qui met nos yeux à rude épreuve chaque été - © Economie Matin
Chaque été, les consultations pour des sensations de brûlures, de picotements, d'irritation ou de « sable dans les yeux » se multiplient. Beaucoup de patients pensent que la chaleur est seule responsable. En réalité, ce n'est pas le soleil qui met le plus nos yeux à l'épreuve. Ce sont nos habitudes estivales.
La sécheresse oculaire est aujourd'hui l'un des motifs de consultation les plus fréquents en ophtalmologie. Si elle peut toucher tout le monde, l'été réuni justement tous les facteurs qui favorisent son apparition.
Le premier ennemi est souvent invisible : la climatisation. Dans les voitures, les trains, les avions, les hôtels, les bureaux ou les commerces, elle assèche l'air ambiant et accélère l'évaporation du film lacrymal, cette fine couche de larmes indispensable à la protection et au bon fonctionnement de la surface de l'œil.
À cette première agression s'ajoutent le vent, les rayons ultraviolets, le sable, mais aussi les baignades répétées. Le chlore des piscines comme le sel de mer peuvent fragiliser davantage l'équilibre de la surface oculaire et accentuer rapidement les sensations d'inconfort.
Contrairement aux idées reçues, les écrans ne disparaissent pas pendant les vacances. Télétravail, téléphone portable, réseaux sociaux, plateformes de streaming ou préparation des itinéraires de voyage continuent d'occuper une place importante dans nos journées. Or, devant un écran, nous clignons des yeux deux à trois fois moins souvent qu'à l'accoutumée. Ce simple réflexe est pourtant indispensable pour répartir correctement les larmes sur toute la surface oculaire. Lorsqu'il devient moins fréquent, le film lacrymal s'évapore plus rapidement et les symptômes apparaissent.
Certaines personnes sont particulièrement exposées. Les porteurs de lentilles ressentent souvent cette gêne plus précocement, notamment lorsqu'ils alternent climatisation, fortes chaleurs et baignades. Les personnes de plus de 50 ans voient progressivement leur production naturelle de larmes diminuer avec l'âge. Les patients souffrant d'allergies saisonnières sont également plus vulnérables, l'inflammation provoquée par les pollens fragilisant déjà la surface de l'œil. Enfin, tous ceux qui travaillent plusieurs heures par jour devant un ordinateur restent soumis aux mêmes mécanismes, même en période estivale.
Quelques gestes simples permettent pourtant de limiter ces désagréments. Porter des lunettes de soleil offrant une protection efficace contre les UV constitue un premier réflexe essentiel. Éviter de diriger la climatisation vers son visage, maintenir une bonne hydratation, faire des pauses régulières lors d'une utilisation prolongée des écrans ou encore fermer volontairement les yeux quelques secondes de temps en temps permettent de préserver le film lacrymal. Chez les personnes souffrant déjà de sécheresse oculaire, des larmes artificielles sans conservateur peuvent être recommandées afin de restaurer le confort de la surface de l'œil. Les porteurs de lentilles ne doivent pas hésiter, lorsque l'inconfort devient important, à privilégier temporairement le port de lunettes.
Nous avons souvent l'impression que les vacances permettent à nos yeux de se reposer. C'est parfois exactement l'inverse. Entre la climatisation, le soleil, le vent, les baignades et les écrans, ils traversent l'une des périodes les plus agressives de l'année. Protéger ses yeux ne consiste pas seulement à préserver son confort pendant quelques semaines. C'est aussi préserver durablement sa santé visuelle.
Dr Maxime

Chirurgien ophtalmologue

No comment on «Climatisation, écrans, soleil : le trio qui met nos yeux à rude épreuve chaque été»

Leave a comment

* Required fields