Immobilier : pourquoi la négociation des prix redevient une force pour les acheteurs

Août 2025 marque un moment singulier pour l’immobilier ancien en France. Les marges de négociation restent élevées, les prix se redressent sans excès et les taux de crédit se stabilisent. Pour un achat de bien au juste prix, l’acheteur averti peut retrouver de l’aisance, dans un marché encore contrasté mais plus lisible.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 12 août 2025 14h00
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immobilier-2025-ferez-vous-partie-acheteurs - © Economie Matin
35%Le taux d'endettement maximal pour un crédit immobilier est de 35%.

Au 12 août 2025, les principaux baromètres de l’immobilier confirment une photographie nuancée mais plutôt favorable aux acheteurs. Les marges de négociation atteignent des sommets rarement observés depuis plus d’une décennie, tandis que les prix immobiliers progressent modérément après la parenthèse de 2023-2024. Le financement redevient prévisible, avec des taux moyens stabilisés autour de 3 %, ce qui clarifie le cadre pour un achat immobilier raisonné. Les vendeurs restent présents et acceptent davantage la discussion, surtout lorsque le bien tarde à se vendre.

Des marges de négociation historiquement hautes dans l'immobilier en France

La hausse des marges de négociation s’est imposée comme un fait structurant. Le baromètre LPI-iad publié mi-juillet fait état d’un niveau moyen de 9,6 % en mai 2025, contre 5,0 % depuis 2010. La formulation exacte du baromètre résume l’ampleur du phénomène : « le niveau des marges de négociation s’établit à 9,6 % en mai 2025 ». Cette poussée confirme une réalité : le marché immobilier s’est assoupli au bénéfice des acheteurs, qui disposent d’un espace de négociation rarement aussi large dans l’ancien.

Les acheteurs disposaient d’une marge moyenne de négociation à 9,0 % en juin, avec 10,2 % pour les maisons et 7,5 % pour les appartements. Des niveaux bien supérieurs aux standards d’avant-crise.

Maisons versus appartements : quelles sont les marges de négociation ?

Dans le détail, les maisons concentrent les décotes les plus fortes. Le baromètre LPI-iad indique des marges dépassant 11 % sur les maisons de trois pièces et moins, et sur les grandes maisons de six pièces et plus. Les contraintes de crédit immobilier jouent un rôle déterminant : les petites surfaces attirent des ménages dont le taux d’effort est contraint, tandis que les grandes maisons, plus chères, subissent davantage l’effet du rationnement du crédit. À l’inverse, les appartements en cœur de métropole résistent mieux, même si la négociation reste possible lorsque la localisation, l’étage, l’état du bâti ou la performance énergétique ne justifient pas un prix ambitieux.

D’un autre côté, la progression des prix immobiliers se confirme. D’après le baromètre LPI-iad, la hausse glissée annuelle se situe autour de + 1,5 % à fin juin, avec un profil un peu plus dynamique pour les maisons que pour les appartements. Sur trois mois, la remontée atteint environ + 2,4 %, ce qui traduit davantage un redressement qu’un emballement.

Crédit immobilier : stabilité des taux

Le crédit immobilier offre un environnement plus prévisible qu’en 2023-2024. L’Observatoire Crédit Logement/CSA note : « En juillet, c’est la stabilité des taux des crédits immobiliers qui prévaut, avec un taux moyen […] à 3,07 % ». L’indicateur mentionne des taux d’intérêt de 2,99 % sur 15 ans, 3,05 % sur 20 ans et 3,11 % sur 25 ans. Autre point majeur pour les acheteurs : la durée moyenne des prêts atteint 252 mois, un niveau historiquement élevé.

Les taux n’accélèrent plus à la hausse, les prix se reprennent et les marges de négociation restent élevées. Les ménages qui hésitaient retrouvent un cap : ils peuvent arbitrer entre un achat immobilier immédiat à prix négocié et l’attente d’une hypothétique baisse additionnelle. Les indicateurs invitent à l’optimisme : la reprise du marché ne supprime pas la négociation, elle la normalise. Un acheteur qui prépare son financement, suit la réalité des prix de son secteur et argumente son offre conserve l’initiative.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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