L’inflation recule en France, d’après l’Insee

Après plusieurs mois de tensions sur les prix, l’inflation poursuit sa décélération en France. En décembre, la hausse des prix à la consommation s’établit à 0,8 % sur un an. Un niveau inédit depuis plusieurs années, qui reflète des dynamiques sectorielles contrastées et soulève de nouveaux enjeux pour les ménages comme pour l’économie.

Jean Baptiste Le Roux
By Jean-Baptiste Le Roux Published on 15 janvier 2026 10h47
L’inflation en France ralentit à 0,8 % sur un an en décembre, selon l’Insee. Une évolution marquée par la baisse de l’énergie et des contrastes persistants entre secteurs. Pixabay
L’inflation en France ralentit à 0,8 % sur un an en décembre, selon l’Insee. Une évolution marquée par la baisse de l’énergie et des contrastes persistants entre secteurs. Pixabay - © Economie Matin

Une inflation en recul portée par l’énergie et les biens industriels

La dynamique générale des prix en France montre un net ralentissement à la fin de l’année. Selon les données publiées par l’Insee, l’inflation annuelle atteint 0,8% en décembre, contre 0,9% un mois plus tôt. Cette évolution confirme une tendance amorcée depuis plusieurs trimestres, marquée par un apaisement progressif des tensions inflationnistes.

Le principal moteur de cette baisse reste l’énergie. Les prix énergétiques reculent fortement sur un an. Les produits pétroliers jouent un rôle central dans ce mouvement, sous l’effet combiné d’une normalisation des marchés internationaux et d’un recul de la demande. Le gaz contribue également à ce reflux, avec une évolution plus modérée mais significative. Cette détente énergétique allège mécaniquement la facture des ménages et pèse à la baisse sur l’indice général des prix.

Les biens manufacturés participent aussi à cette accalmie. Les prix de ces produits poursuivent leur repli annuel, même si le rythme est moins soutenu qu’à l’automne. Cette évolution s’explique par la normalisation des chaînes d’approvisionnement, la baisse de certains coûts de production et un ajustement de la demande. Pour les consommateurs, cela se traduit par une relative stabilité sur les équipements, l’habillement ou les biens durables, après plusieurs années de hausses marquées.

Ce ralentissement de l’inflation ne signifie toutefois pas un retour généralisé aux niveaux d’avant-crise. Il reflète davantage une phase de transition, où certains facteurs conjoncturels favorables compensent encore des pressions structurelles persistantes.

Des hausses persistantes dans l’alimentation et les services

Si l’inflation globale ralentit, tous les postes de dépenses ne suivent pas la même trajectoire. Les prix de l’alimentation continuent d’augmenter sur un an. Cette progression est particulièrement visible sur les produits frais, sensibles aux conditions climatiques et aux coûts de production agricoles. Pour les ménages, l’alimentation reste ainsi l’un des principaux postes de tension budgétaire, malgré l’amélioration de l’indicateur global.

Les services affichent également une inflation soutenue. Sur un an, leurs prix progressent à un rythme stable, porté notamment par les transports, les loisirs et certaines prestations liées au tourisme. Ces hausses s’expliquent en partie par des effets saisonniers, mais aussi par la revalorisation des salaires dans plusieurs secteurs. Les entreprises de services répercutent progressivement leurs coûts sur les prix finaux.

À court terme, les évolutions mensuelles confirment cette lecture contrastée. Après un recul en novembre, les prix repartent légèrement à la hausse en décembre. Ce mouvement est principalement lié à un rebond saisonnier des services et à une légère augmentation des prix alimentaires. À l’inverse, l’énergie et les produits manufacturés continuent de jouer un rôle modérateur.

Les indicateurs harmonisés utilisés pour comparer l’inflation au sein de la zone euro confirment cette tendance. L’indice des prix à la consommation harmonisé progresse à un rythme encore plus modéré, plaçant la France parmi les pays où l’inflation est désormais contenue. Cette situation renforce la crédibilité d’un scénario de stabilisation durable, même si des incertitudes demeurent.

Une inflation plus faible, mais des enjeux toujours présents

Le ralentissement de l’inflation à 0,8% constitue un signal positif pour le pouvoir d’achat et pour la politique économique. Il ouvre la voie à un environnement plus prévisible, tant pour les ménages que pour les entreprises. Toutefois, la persistance de hausses ciblées, notamment sur l’alimentation et les services, rappelle que la désinflation n’est ni uniforme ni définitive.

Les prochains mois seront déterminants. L’évolution des prix de l’énergie, les négociations salariales et le contexte international pèseront lourdement sur la trajectoire de l’inflation. Si la tendance actuelle se confirme, elle pourrait marquer un tournant durable après une période de forte instabilité des prix.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.

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