Une étude de l’Insee publiée le 3 novembre 2026 estime que 43 % des logements français sont exposés à au moins un des quatre aléas climatiques examinés. Le retrait-gonflement des argiles domine, tandis que certains territoires cumulent plusieurs risques.
Risques climatiques : 43 % des logements français exposés, selon l’Insee

Près de la moitié du parc résidentiel français se trouve dans une zone exposée à au moins un risque climatique étudié par l’Insee. Dans un document de travail publié le 3 novembre 2026, l’institut chiffre cette proportion à 43 % des logements. Ce résultat ne signifie pas que ces habitations ont déjà subi des dommages, mais il éclaire l’ampleur des enjeux pour les propriétaires, les occupants et les politiques d’adaptation.
Quatre aléas climatiques passés au crible
Les chercheurs Mathias André, Inès Moutachaker, Sacha Nass et Julie Sixou croisent les caractéristiques du parc immobilier et des ménages avec des cartes détaillées de quatre aléas : retrait-gonflement des argiles, feux de forêt, inondations par débordement et submersion marine. L’approche permet d’aller au-delà d’une photographie des catastrophes passées pour mesurer l’exposition géographique du logement.
Le retrait-gonflement des argiles constitue l’aléa le plus répandu. Selon l’Insee, il pourrait affecter, au moins en partie, 34 % des logements du parc actuel. Ce phénomène désigne les mouvements de certains sols argileux en fonction de leur humidité. Pour les bâtiments, la question porte notamment sur la résistance des fondations et l’apparition éventuelle de fissures. Une localisation dans une zone exposée n’établit cependant ni l’existence de désordres ni leur gravité.
Des risques qui peuvent se cumuler
L’étude estime que 8 % des logements sont exposés à au moins deux des quatre aléas retenus. Cette superposition complique l’analyse du risque immobilier : une même habitation peut relever de plusieurs problématiques, dont les mécanismes et les mesures de prévention diffèrent.
L’Insee mentionne notamment la Gironde, le Nord et le Pas-de-Calais parmi les territoires particulièrement exposés. Cette observation ne permet pas de classer toutes les communes de ces départements au même niveau de risque. L’exposition dépend de la situation précise du bien, de son environnement et du type d’aléa considéré.
Des différences entre occupants et propriétaires
Un résultat moins intuitif concerne les inégalités économiques. L’exposition des logements occupés augmente généralement avec le niveau de vie des ménages qui y résident, sauf dans le cas de la submersion marine. En revanche, lorsqu’on considère les logements détenus par les ménages propriétaires, la relation avec leur niveau de vie est plus complexe et souvent décroissante.
Cette distinction entre occupant et propriétaire est importante. Le ménage qui habite un logement n’est pas toujours celui qui le possède, et les risques pesant sur l’usage quotidien du bien ne se confondent pas avec ceux qui affectent le patrimoine de son détenteur. L’étude décrit une répartition statistique des expositions ; elle ne démontre pas que le niveau de revenu provoque l’exposition.
Ce que ces résultats changent pour l’immobilier
Pour les ménages, ces chiffres invitent d’abord à examiner les risques propres à une adresse plutôt qu’à déduire une menace individuelle d’une moyenne nationale. Pour les collectivités et les acteurs immobiliers, ils soulignent l’intérêt de croiser les informations géographiques avec l’état du bâti et les besoins de prévention.
Le document ne chiffre pas, à lui seul, une hausse future des primes d’assurance, une baisse générale des prix des logements ou le coût des travaux nécessaires. Ces conséquences dépendraient de nombreux autres paramètres. Son apport est de montrer que l’adaptation du parc immobilier concerne déjà une part considérable des habitations françaises et que les situations locales peuvent être très différentes.