Donald Trump célébrait, le 20 janvier 2025, sa deuxième investiture à la présidence des États-Unis. Un événement à l’américaine, orchestré dans la démesure, alimenté par une pluie de dollars. Selon les données rendues publiques le 21 avril 2025, le président a levé un montant record de 239 millions de dollars pour financer les festivités liées à cette prise de fonction. Ce chiffre n’est pas seulement le reflet d’un engouement. Il marque une rupture spectaculaire avec les usages établis. Et un signal clair que la politique spectacle version Trump continue de fasciner… et d’attirer les fonds.
Investiture 2025 : Donald Trump bat son propre record avec 239 millions de dollars

Donald Trump pulvérise tous les records de dons pour une investiture
Le chiffre impressionne : 239 millions de dollars, soit environ 223 millions d’euros. C’est plus du double de son précédent record, établi en janvier 2017 avec près de 107 millions de dollars. Et presque quatre fois ce qu’avait levé le démocrate Joe Biden pour son investiture de 2021 (environ 61 millions). Selon les documents déposés auprès de la Federal Election Commission (FEC), le financement de cette investiture a mobilisé plus de 140 contributeurs individuels ou institutionnels, chacun ayant versé au moins un million de dollars.
La liste donne le vertige : Amazon, Meta, Microsoft, AirBnB, McDonald’s, JP Morgan Chase. Même Sam Altman, PDG d’OpenAI, s’est joint à l’effort, à hauteur d’un million de dollars. « Le président américain a recueilli le double de son précédent record, soit près de 107 millions de dollars, établi lors de sa première investiture en janvier 2017 », comme l'indique Le Parisien. Le Trump-Vance Inaugural Committee, en charge de cette collecte titanesque, a su mobiliser une constellation d’acteurs économiques désireux de s’assurer une place de choix auprès du président le plus transactionnel que l’Amérique ait connu. Et ce n’est pas une formule.
Des dons massifs et ciblés
Loin d’être de simples gestes symboliques, les dons sont révélateurs d’un alignement stratégique entre les grandes entreprises américaines et le pouvoir exécutif. Pilgrim’s, entreprise agroalimentaire, a versé 5 millions de dollars. La société de cryptomonnaie Ripple Inc. a approché ce montant, tandis que Warren Stephens, un grand donateur républicain nommé dans la foulée ambassadeur au Royaume-Uni, a offert 4 millions de dollars... le jour même de sa nomination.
« Les trois plus grosses contributions proviennent d’un producteur de volailles, Pilgrim’s, qui a donné 5 millions de dollars ; d’une entreprise de cryptomonnaie, Ripple Inc. ; et de Warren Stephens […] qui a versé 4 millions de dollars le même jour […] où Trump l’a désigné comme son choix pour être ambassadeur au Royaume-Uni », peut-on lire dans The New York Times. Est-ce encore de la philanthropie politique ou déjà du lobbying sans fard ? Aux États-Unis, les comités d’investiture doivent déclarer chaque contribution supérieure à 200 dollars, mais n’ont aucune obligation de transparence sur l’usage des fonds. L’opacité n’est donc pas un bug : c’est un système.
Une cérémonie parmi les milliardaires : Donald Trump consacre son pouvoir économique
La prestation de serment de Donald Trump n’avait rien d’une simple formalité républicaine. Elle s’est transformée en démonstration de force, sous les dorures d’un capitalisme triomphant. Autour du président : une douzaine de milliardaires, dont Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Elon Musk, Sundar Pichai ou encore Tim Cook.
Leur fortune cumulée a été évaluée par certains commentateurs à 1 000 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB de la Suisse. « Une douzaine de milliardaires étaient présents lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump en janvier, pesant au total selon certains commentateurs sur les réseaux sociaux environ 1 000 milliards de dollars », peut-on lire dans 20 Minutes. En d’autres termes : la prise de fonction de Donald Trump a été célébrée comme une levée de fonds géante pour la classe dirigeante. L’arène politique s’efface devant un théâtre d’intérêts convergents.
Et maintenant ? Le financement, un levier pour l’après-présidence
Officiellement, les sommes levées visent à couvrir les coûts d’organisation : sécurité, logistique, événements officiels. Officieusement, une partie des fonds non dépensés pourrait être utilisée pour financer la bibliothèque présidentielle de Donald Trump, comme le rapporte The New York Times. Une hypothèse plausible qui, une fois encore, pose la question de la frontière entre intérêt public et valorisation personnelle.
« Le montant restant sera dirigé vers d’autres projets soutenus par Trump, principalement une organisation à but non lucratif qui construira sa bibliothèque présidentielle. », peut-on lire dans The New York Times du 20 avril 2025. À défaut de transparence, l’efficacité du système Trump ne fait aucun doute : transformer chaque moment institutionnel en instrument d’expansion politique, médiatique et économique.
