Iran : nouvelles frappes, le pétrole s’envole à 90 dollars

Les États-Unis ont frappé dimanche deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak dans le détroit d’Ormuz, provoquant une riposte immédiate de Téhéran contre des bases américaines en Jordanie. Cette escalade militaire, la première depuis plus d’un mois, a fait bondir le prix du pétrole : le Brent atteint 90,43 dollars le baril et le WTI 85,37 dollars ce lundi 31 août 2026 à 4h55, heure de Paris.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 31 août 2026 5h18
Guerre en Iran : des conséquences économiques dévastatrices pour les États-Unis
Iran : nouvelles frappes, le pétrole s’envole à 90 dollars - © Economie Matin
90 DOLLARSLe pétrole Brent a dépassé les 90 dollars le baril

L'Iran et les États-Unis ont intensifié leurs affrontements militaires, ravivant les tensions autour du détroit d'Ormuz. Cette escalade a provoqué un choc sur les marchés pétroliers, avec le Brent à 90,43 dollars le baril et le WTI à 85,37 dollars, relevés ce lundi 31 août 2026 à 4h55, heure de Paris.

L'échange de frappes entre Washington et Téhéran fait bondir le brut au-dessus de 90 dollars

Dimanche, les forces américaines ont ciblé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak, située dans le détroit d'Ormuz. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain (CENTCOM), a indiqué que les forces iraniennes s'apprêtaient à lancer des roquettes avec des mines maritimes. Washington a agi pour prévenir une nouvelle menace contre la liberté de navigation dans cette voie cruciale, par laquelle transitait avant le conflit environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié.

Cette frappe américaine, reconnue officiellement, est la première contre des positions iraniennes depuis fin juillet. Elle fait suite à la déclaration de Donald Trump affirmant que les mines déposées par Téhéran avaient été neutralisées. Il avait averti que tout déploiement de nouvelles mines serait immédiatement détruit.

Les ripostes de Téhéran et leurs conséquences

En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé des missiles balistiques contre deux bases américaines en Jordanie : King Hussein et al-Azraq. La télévision d'État iranienne a affirmé que les tirs ont causé « de lourds dégâts ». Hossein Mohebbi, porte-parole du CGRI, a qualifié l'attaque américaine d'« erreur stratégique », promettant des conséquences économiques et militaires pour l'ennemi. Les autorités jordaniennes ont toutefois démenti l'efficacité de l'attaque, affirmant avoir intercepté et détruit huit missiles. Un responsable américain a confirmé que tous les missiles entrants avaient été interceptés, sans impact significatif sur les forces américaines.

La montée des tensions a entraîné une hausse immédiate des prix du pétrole. À l'ouverture des échanges asiatiques lundi matin, le Brent a franchi le seuil des 90 dollars, et le WTI a atteint 85,37 dollars. Selon CNBC, cette hausse reflète les craintes de perturbations d'approvisionnement. Tamas Varga de PVM Oil Associates a indiqué que le risque d'approvisionnement persistera, avec une déplétion continue des stocks de pétrole.

Goldman Sachs a noté que les frappes sur les raffineries au Moyen-Orient et en Russie ont encore réduit la capacité de raffinage mondiale, augmentant les marges des produits raffinés. Les tensions sur le brut ont déjà coûté 164 milliards de dollars de plus depuis février 2026, et la nouvelle escalade pourrait aggraver la situation.

Conflit prolongé et implications stratégiques

La guerre entre les États-Unis et l'Iran dure depuis six mois, débutée par des frappes conjointes américano-israéliennes le 28 février. Malgré des tentatives de cessez-le-feu et de médiation, aucun progrès diplomatique significatif n'a été réalisé. Washington a lancé une « guerre économique » contre l'Iran, intensifiant les sanctions pour isoler financièrement le régime. Le 24 août, le secrétaire au Trésor américain a annoncé l'« Opération Economic Outcast », visant à couper les réseaux financiers de l'Iran, imposant des sanctions sévères aux pays refusant de rompre leurs liens économiques avec Téhéran.

Position stratégique de l'île de Larak

L'île de Larak, cible de la frappe américaine, est un point stratégique dans le détroit d'Ormuz. Située près du port clé de Bandar Abbas, elle est au cœur de la route maritime empruntée par les pétroliers. Des sources indiquent que l'Iran exige des droits de passage élevés pour les navires. L'attaque a causé des victimes selon le CGRI, avec plusieurs morts et blessés. Le CENTCOM surveille la zone pour assurer la libre circulation du commerce, et les forces américaines ont redirigé et intercepté plusieurs navires depuis le 30 août.

L'échange de tirs entre Washington et Téhéran survient alors que les tensions semblaient s'apaiser. La Maison-Blanche a déclaré qu'aucune négociation n'était en cours, Donald Trump privilégiant la pression économique. Le guide suprême iranien a appelé à l'unité des pays musulmans contre les États-Unis et Israël. Les discussions entre l'Iran et Oman pour rétablir le trafic maritime se poursuivent, mais l'incertitude persiste.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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