JO 2026 : comment l’Italie bâtit un dispositif de sécurité hors norme

À un an des Jeux d’hiver, l’Italie déploie un dispositif de sécurité d’ampleur inédite pour les JO 2026, mêlant forces de l’ordre, militaires, coopération internationale et cybersécurité. Un chantier stratégique majeur pour Milan-Cortina, pensé autant pour rassurer que pour protéger.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 5 février 2026 10h50
Jo 2026 Comment Litalie Batit Un Dispositif De Securite Hors Norme
JO 2026 : comment l’Italie bâtit un dispositif de sécurité hors norme - © Economie Matin

À l’approche des JO 2026, prévus du 6 au 22 février à Milan et Cortina d’Ampezzo, l’Italie a engagé une montée en puissance sécuritaire progressive. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des risques terroristes persistants et une menace cyber accrue, Rome entend faire des Jeux de Milan-Cortina un événement sécurisé sans perturber l’économie locale ni l’expérience des spectateurs.

JO 2026 et sécurité à Milan-Cortina : un dispositif humain massif et visible

Le cœur du dispositif des JO 2026 repose d’abord sur un déploiement humain conséquent. Selon les autorités italiennes, environ 6 000 membres des forces de l’ordre seront mobilisés pendant la compétition. À cette présence policière s’ajoutent près de 2 000 militaires, chargés de missions de surveillance, de protection de sites sensibles et d’appui logistique, selon des chiffres communiqués début février par les autorités italiennes.

Ce choix illustre une doctrine assumée : rendre la sécurité visible, dissuasive, tout en restant proportionnée. Les unités engagées couvrent un spectre large. Polices locales, carabiniers, forces spécialisées antiterroristes et unités cynophiles opéreront conjointement. Des snipers seront positionnés sur certains sites jugés sensibles, tandis que des patrouilles mixtes assureront une présence constante autour des infrastructures de transport, des hôtels et des zones à forte affluence, selon des informations rapportées par la presse internationale début février.

Dans cette architecture, les JO 2026 servent aussi de test grandeur nature pour la coordination interservices italienne. Un centre de commandement opérationnel fonctionnera 24 heures sur 24 afin de centraliser les informations, d’anticiper les incidents et de coordonner les réponses sur l’ensemble des sites de Milan-Cortina, d’après les précisions apportées par les autorités.

La coopération internationale et le rôle encadré des partenaires étrangers

La sécurité des JO 2026 ne se limite pas aux seules capacités italiennes. Rome a confirmé une coopération étroite avec plusieurs partenaires internationaux, notamment européens et nord-américains. Interpol et Europol sont associés au dispositif via des échanges d’informations et des mécanismes de veille renforcée, selon les autorités italiennes.

La présence d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) américain a cependant suscité un débat politique et médiatique. Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a tenu à clarifier leur rôle. « Je réaffirme une nouvelle fois le point central : l’ICE n’exerce pas et n’exercera jamais d’activités opérationnelles de police sur notre territoire national », a-t-il déclaré. Il a précisé que cette coopération s’inscrivait dans un cadre ancien, rappelant que « la collaboration avec ICE remonte à plus d’une dizaine d’années en vertu d’un accord de coopération policière signé en 2009 et ratifié en 2014 ».

Dans les faits, les agents étrangers présents pour les JO 2026 auront un rôle de liaison, d’analyse et de partage de renseignement. Ils n’interviendront pas sur le terrain. Cette distinction vise à rassurer l’opinion publique italienne tout en maintenant un haut niveau de coopération internationale, jugé indispensable au regard du profil des visiteurs attendus, dont plusieurs responsables politiques étrangers de premier plan, selon des informations confirmées par les autorités italiennes.

Cybersécurité, drones et militarisation maîtrisée de l’espace

Au-delà du terrain, la sécurité des JO 2026 se joue aussi dans le cyberespace. Dès la fin janvier, des unités spécialisées italiennes en cybersécurité ont été déployées pour protéger les systèmes informatiques liés aux Jeux. Cette anticipation répond à des incidents récents : l’Italie a confirmé avoir déjoué plusieurs cyberattaques visant des sites institutionnels et des infrastructures liées à Milan-Cortina, attribuées à des groupes étrangers, selon les autorités.

Cette dimension numérique est désormais centrale. Billetterie, transports, gestion des flux, hébergement : l’ensemble de l’écosystème économique des JO 2026 repose sur des systèmes informatisés, devenus des cibles potentielles. Un centre dédié, intégré au commandement général, assure une surveillance continue des réseaux, avec des équipes capables d’intervenir en temps réel, d’après les informations communiquées début février.

Sur le plan physique, l’Italie assume également une présence militaire visible mais encadrée. Environ 170 véhicules, des radars, des drones et des moyens aériens seront mobilisés pour sécuriser l’espace aérien et les zones montagneuses autour de Cortina d’Ampezzo, selon les chiffres officiels. L’objectif affiché reste la dissuasion et la rapidité d’intervention, sans transformer les sites olympiques en zones militarisées.

Cet équilibre a un coût. Le gouvernement italien a prévu environ 30 millions d’euros pour la sécurité en 2025, puis près de 114 millions d’euros en 2026, exclusivement dédiés au dispositif des JO 2026, selon des données communiquées par les autorités. Un investissement conséquent, justifié par l’ampleur de l’événement : près de deux millions de visiteurs attendus et environ 60 000 personnes lors de la cérémonie d’ouverture.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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