JPMorgan attaquée en justice par Donald Trump pour clôture abusive

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By Jehanne Duplaa Last modified on 23 janvier 2026 14h40
JPMorgan attaquée en justice par Donald Trump pour clôture abusive
JPMorgan attaquée en justice par Donald Trump pour clôture abusive - © Economie Matin
5 MILLIARDS $La plainte déposée à l'encontre de JP Morgan réclame 5 milliards de dollars de dommages et intérêts

Le 22 janvier 2026, Donald Trump a saisi un tribunal civil de Floride afin d’attaquer JPMorgan, qu’il estime responsable d’une clôture abusive de plusieurs comptes bancaires. Selon la plainte, cette décision, prise au début de l’année 2021, aurait été motivée par le contexte politique postérieur à l’assaut du Capitole, et non par des considérations économiques ou réglementaires objectives.

JPMorgan accusée d’avoir rompu ses relations avec Donald Trump

Dans sa plainte, Donald Trump reproche à JPMorgan d’avoir mis fin à une relation bancaire de longue date sans justification valable. Selon les éléments transmis à la justice, plusieurs comptes liés à Trump et à ses sociétés auraient été fermés quelques semaines après le 6 janvier 2021, dans un climat de forte pression politique et médiatique. Cette chronologie est au cœur de l’argumentation, car elle alimente l’idée d’une décision opportuniste plutôt que strictement financière.

D’après les informations relayées par Le Figaro, la fermeture des comptes serait intervenue en février 2021, avec un préavis limité à environ soixante jours. Donald Trump soutient que ce délai réduit n’a pas permis d’organiser un transfert ordonné de ses activités financières. Selon ses avocats, JPMorgan aurait ainsi enfreint ses propres standards internes, censés garantir une rupture progressive et encadrée des relations commerciales sensibles.

En outre, la plainte met en avant les conséquences structurelles de cette décision. Donald Trump affirme que la rupture avec JPMorgan a fragilisé l’ensemble de ses relations bancaires. Selon Zonebourse, il estime que le fait d’avoir été écarté par la principale banque américaine aurait envoyé un signal négatif au reste du secteur, compliquant l’accès à des services équivalents auprès d’autres établissements.

JPMorgan et Jamie Dimon face à la contestation judiciaire

De son côté, JPMorgan rejette catégoriquement les accusations portées par Donald Trump. La banque considère que l’action en justice est infondée et qu’elle repose sur une interprétation erronée de ses pratiques internes. L’établissement rappelle que les banques américaines sont tenues de gérer activement leurs risques juridiques, réglementaires et réputationnels.

Selon Reuters, JPMorgan affirme ne jamais fermer de comptes en raison d’opinions politiques. La banque explique que ses décisions reposent exclusivement sur des critères de conformité, notamment lorsqu’un client est jugé susceptible d’exposer l’établissement à des contentieux ou à des sanctions réglementaires. Cette défense vise à replacer le litige sur un terrain technique, loin des accusations idéologiques formulées par Donald Trump.

La plainte vise également Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, accusé d’avoir validé cette rupture bancaire. Toutefois, selon les informations publiées par Boursorama, la banque conteste toute implication personnelle de son dirigeant. Elle souligne que ce type de décision relève de processus collégiaux et standardisés, et non d’un choix individuel du directeur général.

Les enjeux de la débankarisation

Au-delà du cas Trump, cette affaire soulève une question plus large sur le rôle des banques dans la sélection de leurs clients. Donald Trump dénonce un phénomène de « débankarisation politique », estimant que certaines institutions financières utiliseraient leur pouvoir économique pour écarter des personnalités controversées. Selon le Washington Post, l’ancien président considère que cette pratique porte atteinte à la neutralité du système bancaire.

Sur le plan financier, la plainte réclame 5 milliards de dollars de dommages et intérêts, soit environ 4,6 milliards d’euros après conversion. Ce montant vise, selon Reuters, à compenser non seulement les pertes économiques directes, mais aussi l’atteinte à la réputation commerciale de Donald Trump. L’objectif affiché est de démontrer un préjudice durable, affectant la capacité de ses entreprises à fonctionner dans des conditions normales.

Pour JPMorgan, l’enjeu dépasse ce litige particulier. La banque sait que l’issue de cette procédure pourrait faire jurisprudence en matière de relations entre institutions financières et figures politiques. JPMorgan estime toutefois que remettre en cause son droit à gérer ses risques clients fragiliserait l’ensemble du système bancaire américain.

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