Kodak au bord de l’abîme : le pionnier de la photographie envisage l’arrêt de ses activités

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By Jehanne Duplaa Published on 14 août 2025 10h30
Kodak au bord de l’abîme : le pionnier de la photographie envisage l’arrêt de ses activités
Kodak au bord de l’abîme : le pionnier de la photographie envisage l’arrêt de ses activités - © Economie Matin
25 %La publication des résultats de Kodak a déclenché une chute de plus de 25 % du cours de l’action en une seule séance à Wall Street

Le 12 août 2025, Kodak a reconnu publiquement, dans un rapport financier, l’existence de « doutes substantiels » quant à sa capacité à poursuivre ses opérations. Cette déclaration marque un tournant dramatique dans l’histoire du groupe fondé il y a 133 ans, symbole planétaire de la photographie argentique. La société, déjà passée par la faillite en 2012, fait face à un nouveau choc : l’incapacité à honorer près de 500 millions de dollars (environ quatre cent soixante millions d’euros) de dettes arrivant à échéance en 2026.

Un signal d’alarme financier clair

Selon le rapport du deuxième trimestre 2025 publié par Kodak, le chiffre d’affaires trimestriel a reculé à 263 millions de dollars (environ deux cent quarante-deux millions d’euros), contre 267 millions un an plus tôt. La perte nette selon les normes comptables américaines (GAAP) atteint 26 millions de dollars (environ 24 millions d’euros).

Les dirigeants ont engagé des conseillers financiers pour étudier les scénarios possibles, incluant une cession d’actifs, une restructuration ou un dépôt de bilan.

Une dette écrasante et une trésorerie en chute libre

Comme le rapporte Capital, la dette à honorer d’ici 2026 atteint 500 millions de dollars, un montant colossal au regard des ressources actuelles. Face à cette situation, Kodak a suspendu ses contributions au régime de retraite, une mesure révélatrice de la tension extrême sur sa trésorerie. La production reste concentrée sur les sites américains, un choix stratégique qui n’a pas permis de contenir la baisse de revenus.

La publication des résultats a déclenché une chute de plus de 25 % du cours de l’action en une seule séance à Wall Street, signe de la défiance des marchés.

L’héritage d’un empire de la photographie en péril

Dans les années 1970, Kodak dominait 90 % du marché mondial des pellicules et 85 % de celui des appareils photo. L’entreprise a déjà connu un effondrement majeur avec sa faillite de 2012, marquée par 6,75 milliards de dollars de dettes et 100 000 créanciers. Après sa restructuration, elle s’est recentrée sur les produits chimiques et les pellicules pour niches professionnelles. Mais cette réorientation n’a pas suffi à enrayer l’érosion de ses ventes.

Le scénario qui se profile aujourd’hui rappelle la fragilité persistante d’un acteur historique face à l’évolution rapide de l’industrie, dominée par le numérique et des concurrents plus agiles.

Kodak face à son ultime épreuve

Kodak, qui a marqué de son empreinte l’histoire de la photographie, se retrouve une nouvelle fois à un carrefour vital. Ses difficultés actuelles, chiffrées et reconnues officiellement, ne laissent que peu de marge : trouver rapidement des capitaux frais, ou se préparer à écrire la dernière page d’une aventure industrielle commencée en 1892.

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