Dans une séance historique marquée par une chute des marchés, Stellantis a vu son action s’effondrer de plus de 20 % à la Bourse de Paris ce vendredi, sous le choc d’annonces financières lourdes pour le groupe automobile. Au cœur de la tourmente : des charges exceptionnelles inédites, la suspension du dividende et un changement stratégique radical, révélateurs de difficultés majeures dans la mise en œuvre de son modèle économique et industriel.
Krach pour Stellantis qui s’écroule de plus de 20 %

Stellantis : un « reset » stratégique coûteux qui fait plonger le titre
Ce matin, Stellantis, le constructeur né de la fusion entre Peugeot, Citroën et Fiat-Chrysler, a présenté des données financières préliminaires très en deçà des attentes des marchés. Le groupe a annoncé avoir procédé à environ 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles au second semestre 2025, conséquence d’un réalignement drastique de sa stratégie, notamment sur les véhicules électriques et électrifiés.
Ce montant, loin d’être une simple correction comptable, s’accompagne d’une série de sorties de trésorerie estimées à environ 6,5 milliards d’euros qui seront consommées sur les quatre prochaines années dans le cadre de la cessation ou de la dépréciation d’actifs et de projets devenus non rentables.
Face à ces annonces, l’action Stellantis a plongé en séance, perdant plus de 20 % à Euronext Paris, un niveau historique qui reflète la brutalité de la réaction des investisseurs aux perspectives de résultats et aux incertitudes sur la rentabilité future du groupe. Le 6 février 2026 à 10h45, l’action encaissait une baisse de 22,48 % à 6,34 euros. La capitalisation de Stellantis chutait ainsi à 18,20 milliards d’euros.
Des charges sans précédent et une stratégie remise en cause
L’origine de ces charges exceptionnelles d’environ 22,2 milliards d’euros est multiple. Elles comprennent notamment :
- 14,7 milliards d’euros liés au réalignement des plans produits en réponse à une demande plus faible que prévue pour les véhicules électriques et à des réglementations changeantes, notamment aux États-Unis, ce qui a conduit à la réduction significative de prévisions produits BEV et à l’abandon de certains projets.
- 2,1 milliards d’euros associées au redimensionnement de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électrifiés, y compris la rationalisation de certaines installations de batteries.
- 5,4 milliards d’euros d’autres ajustements, couvrant notamment la révision des provisions pour garanties et des restructurations internes.
Derrière ces chiffres se dessine un changement de cap stratégique ambitieux : Stellantis admet avoir surestimé le rythme de transition vers les véhicules électriques ainsi que l’appétit du marché pour une électrification rapide, et le groupe a décidé de réaligner son portefeuille de produits afin de privilégier une offre plus diversifiée incluant thermiques, hybrides et électriques.
Ce réalignement s’inscrit dans un « reset » stratégique que le nouveau directeur général, Antonio Filosa, a décrit comme une réponse nécessaire aux « attentes effectives des clients » et aux réalités du marché.
