Le décret du 27 juillet 2026 confirme l’obligation de facturation électronique à partir du 1er septembre. Pourtant, un écart majeur persiste entre les intentions des entreprises et leur préparation réelle : seules 35 % ont choisi leur plateforme agréée. Les dirigeants doivent agir sans attendre, car cette décision dépasse un simple changement informatique.
La facturation électronique n’est plus une question de calendrier, c’est une question de décision à prendre

Le décret sur la facturation électronique constitue la dernière échéance de la réforme de l'Etat. Une décision majeure doit donc être prise par les organisations, d'autant que toutes les entreprises n'ont pas encore choisi leur plateforme agréée.
Le 27 juillet, le gouvernement a publié le décret n° 2026-677 sur la facturation électronique, avec son arrêté d'application, sans changer aucune des dates déjà connues. À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises qui paient la TVA devront pouvoir recevoir une facture électronique, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront commencer à en émettre. Plus de dix millions d'entreprises et de professionnels sont concernés, et ce texte ferme surtout la porte à toute hésitation. Il n'est plus temps d'hésiter !
Un calendrier que plus rien ne vient assouplir
Depuis son annonce, la réforme a déjà été repoussée plusieurs fois, si bien que certains dirigeants attendaient un nouveau report avant de s'organiser pour de bon. Le décret du 27 juillet met fin à cette attente en renommant les plateformes chargées de transmettre les factures électroniques à l'administration, désormais appelées plateformes agréées plutôt qu'opérateurs partenaires. Il simplifie également le rôle du portail public de facturation, l'outil géré par l'État, qui ne transmettra plus lui-même les factures. Il se contentera de tenir à jour la liste des entreprises et de leurs plateformes, et de recevoir certaines données pour le fisc. Ces changements confirment que l'État a choisi la stabilité plutôt qu'un nouveau report.
Une confiance qui dépasse largement l'avancement mesuré
Le baromètre de la facturation électronique, publié le 28 avril par le Conseil national de l'ordre des experts-comptables et Ecma, a interrogé les entreprises en février. Il révèle un écart frappant entre les intentions et la réalité. Au printemps dernier, 83 % des entreprises se disaient convaincues d'être prêtes à temps, et 86 % des experts-comptables partageaient cet optimisme. Mais dans les faits, seulement 35 % des entreprises ont choisi leur plateforme agréée, 42 % disent n'en connaître aucune, et plus d'une entreprise sur deux ne s'est pas encore inscrite sur la liste officielle qui doit pourtant organiser l'échange des factures dès septembre… Il est donc grand temps d'agir !
Un choix de plateforme trop souvent laissé pour plus tard
Ce décalage entre les intentions affichées et les actions réelles s'explique par une habitude assez répandue dans les milieux économiques, celle qui consiste à traiter une obligation fiscale comme une échéance lointaine tant qu'elle ne s'impose pas encore vraiment. Cette habitude pourrait coûter cher dans ce cas précis, car choisir une plateforme agréée n'est pas une simple formalité qui s'effectue en quelques clics. Il faut relier cet outil aux logiciels de comptabilité déjà utilisés, tester l'envoi des données, puis former les équipes qui s'en serviront chaque jour. Attendre encore quelques semaines revient donc à prendre un risque, le travail à effectuer demandant normalement plusieurs mois.
Une transformation fiscale avant d'être un projet informatique
On l'aura compris : réduire la réforme en cours à un simple changement de logiciel serait une erreur. Le choix d'une plateforme agréée détermine la façon dont une entreprise conservera ses factures et protégera ses données de TVA pendant les années à venir. Cette décision majeure concerne donc autant la direction financière que la direction informatique. Elle mérite d'être prise là où se construit la stratégie fiscale de l'entreprise, et pas seulement là où l'on installe des outils.
À trois semaines de l'échéance, le vrai risque n'est plus dans le calendrier : il est dans l'indécision et l'attentisme des équipes de direction. Les entreprises qui n'ont pas choisi leur plateforme agréée risquent un retard qui pourrait leur être préjudiciable : il est temps d'aller à l'essentiel.
