Au Sommet Africa Forward de Nairobi, les 11 et 12 mai 2026, la République démocratique du Congo (RDC) arrive avec l’objectif de transformer les signaux récents envoyés aux marchés financiers en flux d’investissements concrets.
La RDC à Nairobi : transformer un signal de confiance financière en levier d’investissement

Avec une délégation annoncée parmi les plus importantes du sommet, selon plusieurs sources, Kinshasa entend installer une lecture différente de son économie puisqu’en effet, la RDC est dorénavant un pays en phase de stabilisation macroéconomique et de montée en crédibilité.
Dans cette séquence, un élément concentre particulièrement l’attention. Il s’agit de l’émission du premier Eurobond souverain, baptisé « Mbote », pour 1,25 milliard de dollars. L’opération, souscrite à plus de 5 milliards USD, est présentée comme un signal fort adressé aux investisseurs internationaux.
Dans le même temps, S&P a relevé la perspective souveraine à positive. L’inflation est annoncée à 2,3 %, la dette publique à 18,1 % du PIB, et la croissance projetée à 5,6 % en 2026.
Une trajectoire que Kinshasa veut rendre lisible
Pour les autorités congolaises, ces indicateurs traduisent une inflexion : celle d’un cadre macroéconomique plus stable, que le gouvernement souhaite désormais rendre lisible pour les investisseurs et les partenaires internationaux.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, sera l’un des visages de cette stratégie à Nairobi, où les discussions avec banques et fonds d’investissement occuperont une place centrale.
Mais au-delà des chiffres, c’est bien la narration économique qui évolue. La RDC cherche à déplacer son image d’une économie d’extraction vers une économie d’industrialisation progressive.
Des ressources stratégiques au cœur du repositionnement
Certes, les minéraux critiques restent un pilier structurant. La RDC fournit entre 70 et 75 % du cobalt mondial et visait 3,3 millions de tonnes de cuivre en 2025. Mais le discours évolue. Les autorités mettent désormais l’accent sur la transformation locale, notamment à travers Gécamines et le développement du lithium de Manono.
Dans cette logique, les infrastructures deviennent un enjeu central de crédibilité économique. Le Couloir de Lobito vers l’Atlantique et le corridor central reliant Mombasa (Kenya) à la RDC, via le Burundi, sont présentés comme des vecteurs d’intégration régionale et d’ouverture commerciale.
Ce projet symbolise la vitalité des liens et des échanges entre Kinshasa et Nairobi. L’établissement de la Chambre de Commerce RDC-Kenya (DRC Kenya Chamber of Commerce), placée sous la direction de Prince Ibrahim Lingo Ngbandani, ancien député et personnalité politique de premier plan en RDC, en illustre pleinement la portée et le poids institutionnel.
Le rôle des partenaires régionaux et du numérique
Un autre signal est mis en avant par Kinshasa : la présence et la croissance des groupes bancaires kényans en RDC, notamment Equity BCDC et Trust Merchant Bank, autant d’acteurs majeurs illustrant l’évolution d’un marché bancaire désormais jugé plus stable et plus attractif.
Dans le même temps, la vision « DRC Digital Nation 2030 » porte l’ambition d’un hub technologique régional, appuyé par un plan d’infrastructures numériques développé avec Tactis et soutenu financièrement par l’AFD (Agence française de développement).
L’économie verte comme nouvelle composante stratégique
Enfin, la dimension climatique s’intègre à la stratégie économique. Le Couloir vert Kivu-Kinshasa, vaste espace forestier de 550 000 km², est présenté par les autorités comme un levier de financement climatique et d’investissements durables.
À Nairobi, la RDC cherche ainsi à articuler trois dynamiques : stabilisation macroéconomique, intégration régionale et transition vers une économie plus diversifiée.