La voiture électrique : une illusion sans garantie

Depuis quelques mois en France, la voiture électrique est à la Une. Une échéance européenne pour 2035, plus de construction véhicules thermiques La presse courante n’hésite pas. Le message est clair. Les titres sont associés à des affirmations sans équivoque.

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By Jacques Martineau Published on 8 juin 2026 5h30
Voitures électriques : le leasing social pourrait être relancé plus vite
La voiture électrique : une illusion sans garantie - © Economie Matin
80%La Chine contrôle 80% de la chaîne de valeur des batteries (extraction, raffinage, fabrication).

Au premier semestre 2026, le pourcentage de vente « électrique » montre une hausse significative qui la place en tête du marché automobile en France. Et pourtant, Quelques chiffres : 1,3 million (VE) + 0,8 million (VHR). Environ 40 millions de véhicules (VT) constituait notre parc fin 2025. Véhicules diesel et essence représentent 94,5% du parc automobile. Seulement 5,5% des véhicules utilisent des énergies alternatives dont 2,9% en circulation sont électriques.

Les encouragements hypothétiques et les désillusions possibles de l'électrique

Ce constat, avantages et difficultés, s'apprécie aujourd'hui en France à partir des données, des rapports et des commentaires dans la presse spécialisée.

En tête, la transition écologique avec la réduction des émissions de CO2, NOx et particules fines. L'engouement de certains pays, le leadership chinois et son développement « upgrade » conforte la confiance dans le choix de l'option électrique. Ajoutons à cela les incitations politiques à l'électrique sous forme d'aides et la volonté de réduire l'importance du véhicule thermique. Dans tous les cas, il sera difficile d'en évaluer l'impact écologique réel.

L'impact environnemental doit s'apprécier dans sa globalité. La production des batteries implique l'extraction du Lithium, du Cobalt, du Nickel, etc. et la pollution associée. Le bilan carbone comparatif peut être discutable.

Autres critiques déjà identifiables : le coût des véhicules (malgré les aides), les bornes de recharge (nombre, répartition géographique, accessibilité, etc.). L'autonomie du parcours, le temps de recharge. Il faut repenser et adapter le réseau électrique. Au-delà, des interrogations demeurent sans réponse claire : l'entretien, l'approvisionnement de pièces de rechange, la réalité des emplois et la formation des personnels, sans oublier le recyclage.

Que penser de l'avenir de la voiture électrique dans le monde ?

Si en France le marché de la voiture électrique continue de croître, des limites et des critiques voient le jour. Les constructeurs investissent massivement, mais les craintes sur la réalité de l'empreinte écologique et des coûts de la filière augmentent. Certains pays (comme la France) commencent à conditionner les aides à des critères de durabilité ou de recyclage.

Parler de l'avenir de la voiture électrique n'a de sens qu'à l'échelle mondiale ou pour le moins en ce qui concerne les pays du G20, incluant la Chine, la Russie, l'Union africaine et l'Union européenne. Ce n'est qu'au niveau mondial que la consolidation du futur de la voiture électrique pourra se comprendre.

Quelques chiffres clés pour mieux comprendre la situation en 2026. Le parc mondial dépasse 1,5 milliard d'automobiles (toute mobilités) en circulation. Les véhicules (électriques + hybrides rechargeables) sont environ 50 millions (3%). Si les ventes en Europe et en Chine dépassent les 20% de voitures neuves, elles sont inférieures à 10% dans le reste du monde. Au rythme actuel, il faudra plus de 20 ans pour électrifier la majorité du parc. En ce qui concerne le pays émergents, l'objectif est inaccessible. La thermique restera le moyen de mobilité dominant.

Les impondérables dépendances à prendre en compte

Le Mix énergétique est très disparate ne serait-ce qu'entre l'Europe, les États-Unis, la Chine et l'Inde par exemple. L'origine électrique dépend encore fortement du gaz et du charbon. L'origine des métaux rares, (Lithium, Cobalt, Nickel) sont largement l'exclusivité d'un nombre de pays limité appartenant à des blocs à objectifs politiques différents. Leur production mondiale et les conditions d'extraction sont discutables. Le recyclage des batteries est insignifiant (<5%).

L'alimentation et son réseau de recharge est le point faible du développement de l'électrique. Une très forte différence d'implantation entre le rural et l'urbain. Le nombre de bornes est très faible - Europe : 1,5 million ; Chine : 2,9 millions ; États-Unis : 0,8 million ; reste du monde 0,3 million ! La dépendance chinoise est un risque géopolitique important, caractérisé par l'origine des matières premières. La Chine contrôle 80% de la chaîne de valeur des batteries (extraction, raffinage, fabrication). Idem pour les aimants permanents. Les constructeurs automobiles (BYD, CATL et Tesla) ont envahi le marché mondial. Tous les efforts ne suffiront pas à compenser la croissance du parc automobile thermique dans une grande partie du monde.

Un rebond d'optimisme du futur face à ces données

Certes, l'Europe et les États-Unis accusent aujourd'hui un retard important en production de voiture électrique. Chaque entité de son côté, mais aussi ensemble devront se mobiliser pour tenter de le rattraper. Prévoir un développement progressif au meilleur coût de citadines électriques (VE) et de routières hybrides rechargeables (VHR). Repenser la traction des camions (VL). La transition à l'échelle mondiale sera lente (plusieurs dizaines d'années), inégale (non comparable suivant les continents). Le temps devrait être long pour satisfaire une partie des besoins, il sera suffisant pour espérer trouver d'autres solutions.

Il faudra compter sur des efforts de recherche, de créativité et d'innovation auxquels la France et les Etats-Unis sont capables avec le concours d'autres pays européens. D'importants investissements en relocalisation des moyens et de compétences seront indispensables. Le développement se fera dans une autre dimension avec l'IA et les « data center ». Faut-il réduire la place de la voiture (covoiturage, transports en commun, vélo, etc.) ? On peut aussi imaginer d'autres ressources comme l'Hydrogène ou des carburants synthétiques. Les futuristes verront l'avenir autrement au-delà de la voiture individuelle.

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Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.

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