Le Livret A enregistre une collecte nette de 460 millions d’euros en août 2026, portée par la hausse du taux de rémunération à 1,7%. Un rebond bienvenu après six mois de décollecte massive (6 milliards d’euros), mais la baisse du pouvoir d’achat et les dépenses saisonnières menacent la durabilité de la tendance.
Livret A : la hausse du taux à 1,7% relance la collecte en août

Après avoir enregistré une décollecte de 6 milliards d'euros entre janvier et juin, le Livret A a rebondi en août 2026 avec une collecte nette de 460 millions d'euros. La hausse du taux d'intérêt de 1,5% à 1,7% au 1er août a joué un rôle clé dans ce redressement. Toutefois, la pérennité de cette tendance reste incertaine face aux pressions sur le pouvoir d'achat et aux dépenses saisonnières de l'automne.
Août 2026 : un retournement pour le Livret A
Selon la Caisse des dépôts et consignations, le Livret A a enregistré une collecte nette de 460 millions d'euros en août. Bien que modeste, ce montant est significatif après les pertes du premier semestre. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne, a déclaré à ABC Bourse : « C'est un classique. Lorsque le rendement grimpe, la collecte aussi. » Les épargnants français se sont tournés vers ce produit sécurisé et défiscalisé à l'annonce de l'augmentation du taux.
En juillet, le Livret A avait déjà montré des signes de reprise avec une collecte nette de 80 millions d'euros, interrompant ainsi la tendance négative. Les ménages anticipaient la revalorisation du taux, effective au 1er août, témoignant d'une attente stratégique pour reconstituer leur épargne de précaution.
Auparavant, le Livret A avait subi une décollecte de 6 milliards d'euros durant le premier semestre 2026, due à la baisse du pouvoir d'achat des ménages et à un taux de rémunération alors jugé insuffisant. La pression inflationniste a conduit les Français à puiser dans leur épargne, leur taux d'épargne passant de 17,9% à la fin 2025 à 17,2% au deuxième trimestre 2026.
La hausse de taux du 1er août : catalyseur du rebond
Malgré une augmentation apparemment modeste de 0,2 point, passant de 1,5% à 1,7%, ce changement a suffi à inverser la tendance. Pour un capital au plafond de 22 950 euros, cela représente un gain brut annuel supplémentaire de 46 euros. Dans un contexte de faibles rendements globaux, chaque dixième de point est crucial. Le Livret A reste prisé pour sa liquidité totale, sa garantie par l'État et son exonération fiscale.
Traditionnellement, le mois d'août est propice à une collecte positive, avec seulement deux décollectes enregistrées depuis 2009. Les ménages reconstituent généralement leurs réserves avant la rentrée scolaire et les dépenses automnales. Toutefois, la question de la durabilité de cette dynamique reste posée face aux enjeux financiers de l'automne.
Les autres produits réglementés en hausse
En parallèle, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d'épargne populaire (LEP) ont respectivement attiré 80 et 60 millions d'euros nets en août. Le LEP, avec un taux net de 2,50%, reste le placement sans risque le plus rémunérateur, bien qu'il soit réservé aux ménages modestes. Ouest-France note que ces produits bénéficient également de l'intérêt renouvelé pour l'épargne de précaution, alimenté par les hausses de taux successives.
des défis à l'horizon pour l'automne
Philippe Crevel avertit que les ménages pourraient bientôt devoir puiser davantage dans leur épargne de précaution, ce qui pourrait entraîner une nouvelle décollecte pour le Livret A. La baisse de 0,6% du pouvoir d'achat au deuxième trimestre 2026, combinée à l'inflation persistante, limite la capacité d'épargne des Français.
Philippe Crevel avertit que les ménages pourraient bientôt devoir puiser davantage dans leur épargne de précaution, ce qui pourrait entraîner une nouvelle décollecte pour le Livret A. La baisse de 0,6% du pouvoir d'achat au deuxième trimestre 2026, combinée à l'inflation persistante, limite la capacité d'épargne des Français.
De plus, les dépenses liées à la rentrée scolaire, à la taxe foncière et aux fêtes de fin d'année pourraient peser sur la collecte de septembre à novembre, mois traditionnellement marqués par un ralentissement, voire une décollecte du Livret A. Enfin, la Cour des comptes a récemment suggéré de taxer les intérêts du Livret A au-delà de 22 950 euros, ce qui pourrait réduire son attractivité. En six ans, un capital placé au plafond a perdu près de 900 euros de pouvoir d'achat malgré les intérêts, en raison d'une inflation cumulée de 15,5%.
En résumé, bien qu'août 2026 marque un tournant pour le Livret A, la prudence est de mise. La hausse de 460 millions d'euros est un effet direct de l'augmentation du taux, mais les contraintes budgétaires et les dépenses automnales pourraient rapidement inverser cette tendance. Pour diversifier leur épargne, les Français peuvent considérer des options comme l'assurance vie, notamment en vue de la transmission patrimoniale, tout en tenant compte des taux d'intérêt élevés à l'international.