La location touristique illégale via Airbnb expose désormais les propriétaires à des sanctions d’une ampleur inédite. À Paris comme à Marseille, la justice a infligé des amendes pouvant atteindre 171 000 euros, marquant un tournant dans l’application de la loi contre les abus.
Locations Airbnb illégales : la justice frappe fort

Plusieurs décisions rendues fin janvier et début février ont confirmé un durcissement spectaculaire de la sanction contre la location illégale à Paris. Le tribunal judiciaire a condamné deux propriétaires pour avoir proposé leur logement en location touristique sur Airbnb sans autorisation, alors qu’il ne s’agissait pas de leur résidence principale.
Location illégale à Paris : des amendes records contre des propriétaires Airbnb
Dans un premier dossier, une SCI propriétaire d’un deux-pièces dans le 9e arrondissement a écopé de 81 500 euros d’amende, selon Boursorama. En parallèle, un couple propriétaire d’un logement à Montmartre a été condamné à 150 000 euros, soit 75 000 euros chacun. Ces montants dépassent largement les standards observés jusqu’ici.
En effet, la mairie de Paris rappelait que le coût moyen en appel pour des locations illégales atteignait 31 000 euros en 2023, contre 20 000 euros en première instance, selon Le Figaro Immobilier. L’écart avec les décisions actuelles illustre un changement d’échelle assumé. La précédente amende maximale encourue était fixée à 50 000 euros, avant le renforcement législatif intervenu fin 2024.
La Ville de Paris assume cette fermeté. « C’est une très bonne nouvelle », a déclaré Barbara Gomes, conseillère en charge de l’encadrement des loyers et des plateformes locatives à la mairie de Paris, citée par Le Figaro Immobilier. Elle ajoute que « le message doit être très clair: maintenant, c’est terminé l’impunité. On ne pourra plus faire d’Airbnb illégal ».
Location illégale sur Airbnb : que dit la loi depuis la réforme ?
Ces sanctions s’inscrivent dans un contexte législatif durci. La loi dite Echaniz-Le Meur, adoptée en novembre 2024, a renforcé les outils juridiques des collectivités pour lutter contre la location touristique illégale. Selon Batiactu, le plafond de l’amende maximale a été doublé, passant de 50 000 euros à 100 000 euros.
En conséquence, la sanction peut désormais atteindre des montants inédits lorsque les juges estiment que l’infraction est caractérisée et répétée. La location sans autorisation d’un logement transformé en meublé touristique, hors résidence principale, constitue un changement d’usage soumis à autorisation dans les grandes villes. Or, en l’absence de cette autorisation, la loi prévoit des sanctions civiles lourdes.
Barbara Gomes insiste sur l’enjeu social. « On ne peut plus se permettre d’avoir des gens qui ne voient le logement que comme une marchandise spéculative, comme une autre », a-t-elle déclaré à TF1 Info. Selon elle, la location illégale pèse sur l’offre locative classique et accentue la tension sur les loyers. Et elle va plus loin encore. « Il faut que les délinquants soient sévèrement sanctionnés, à la hauteur du préjudice que c’est pour les habitantes et les habitants ». La sanction est donc présentée comme un outil de régulation du marché de la location, et non comme une simple punition isolée.
Location illégale à Marseille : jusqu’à 171 000 euros d’amende
La vague de sanctions ne concerne pas seulement Paris. À Marseille, le tribunal judiciaire a condamné, le 2 février 2026, deux multipropriétaires pour l’exploitation irrégulière de 23 meublés touristiques. Les logements, situés dans deux immeubles du centre-ville, avaient été divisés pour optimiser la location saisonnière. Dans ce dossier, l’un des propriétaires a été condamné à 171 000 euros d’amende civile, selon Challenges. L’autre a écopé d’une amende de plus de 40 000 euros. La justice a en outre ordonné le retour des logements à un usage d’habitation classique, souligne Figures Publiques. L’objectif est clair : remettre ces biens sur le marché résidentiel, alors que la tension locative s’accentue dans les grandes métropoles.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a salué ces décisions qui « invitent les multipropriétaires persistant à contourner la loi par cupidité à mettre un terme à ce commerce illégal ». La location illégale est ainsi qualifiée de commerce illicite, avec un impact direct sur l’accès au logement.
La municipalité marseillaise est, sans surprise, largement concernée par la location touristique. La ville compterait 13 000 meublés touristiques, dont environ la moitié seraient illégaux, pour près d’un million de nuitées annuelles.
