Sur des moyens de production complexes, une équipe de maintenance interne plafonne le plus souvent entre 85 et 88 % de disponibilité. Sous contrat à obligation de résultats, Fives Maintenance s’engage entre 95 et 98 %, sur toute la durée du contrat, trois à cinq ans en général.
Dix points de disponibilité qu’aucun taux horaire ne peut garantir

Ces dix points ne figurent sur aucune facture. L'usine les paie pourtant, en micro-arrêts non comptés, en attentes de pièces, en interventions d'urgence qui repoussent le préventif, en redémarrages qui avalent une demi-journée.
Ce que valent vraiment dix points de disponibilité
Sur la machine qui cadence une ligne, chaque point de disponibilité vaut un point de capacité, sans un euro d'investissement machine. Sur les contrats dont nous avons chiffré la valeur avec le client, la production regagnée couvre à elle seule l'année de contrat. La baisse des urgences, des casses et des stocks dormants vient en plus.
Un contrat de maintenance se choisit donc sur la production qu'il fait gagner.
Hors d'Europe, la maintenance s'achète encore à l'heure
Le contrat à obligation de résultats reste une pratique essentiellement européenne. Ailleurs, la maintenance externalisée s'achète en heures, en interventions et en ressources mobilisées.
Le maintenancier est payé pour ses heures, quelle que soit la disponibilité des machines. Cela revient à payer un transporteur au kilomètre sans regarder combien de livraisons arrivent à l'heure. Si le prochain arrêt dure deux jours au lieu de vingt minutes, c'est l'usine qui perd en production.
Ce modèle perdure pour deux raisons. La première est culturelle : l'acheteur compare les offres sur une grille de notation, et c'est le plus souvent le taux horaire qui fait la différence. La seconde est juridique et culturelle : dans beaucoup de pays, le cadre de ces contrats reste à construire.
Un maintenancier qui s'engage sur la disponibilité
Fives Maintenance réalise sur site la maintenance préventive et corrective des moyens de production de ses clients, et assure en parallèle des audits de maturité maintenance, des prestations méthodes et des formations. Dans un contrat à obligation de résultats, nous nous engageons pour plusieurs années sur un taux de disponibilité et sur la fiabilité des équipements, mesurés par des indicateurs définis au contrat et revus avec le client chaque semaine et chaque mois. Une part de notre rémunération en dépend.
Si la disponibilité n'est pas tenue, l'usine perd de la production et notre rémunération baisse. Le risque de perte de production est donc partagé. Il dépend de l'état des machines, mais aussi de la robustesse de l'organisation de la maintenance.
Six mois sans responsable maintenance
Sur un site de taille moyenne, toute la maintenance reposait sur son responsable. Il planifiait les interventions avec la production et traitait lui-même les pannes difficiles. Il a été en arrêt de travail pendant six mois. En quelques semaines, la disponibilité a chuté, le préventif a glissé et les urgences ont débordé les équipes. Les techniciens savaient faire. Mais lui seul connaissait le planning, les équipements et les priorités, et rien n'était écrit. Nous rencontrons cette situation plusieurs fois par an sur les sites qui nous consultent.
Sous contrat de maintenance, l'organisation repose sur des processus. Les gammes sont écrites, la criticité est arbitrée à l'avance, chaque poste clé a son back-up, et une panne qui dépasse l'équipe sur site remonte par le circuit d'escalade prévu. C'est aussi ce que nous analysons dans nos audits de maturité maintenance.
Certains sites ignorent totalement leur taux de disponibilité. Les objectifs se fixent à la signature et un état des lieux du parc est réalisé pendant le démarrage, et la montée en performance prend deux à six mois selon la complexité des équipements. Tenir 95 % pendant cinq ans repose ensuite sur une stratégie de maintenance définie équipement par équipement, une gestion des pièces optimisée, une analyse systématique des défaillances et des techniciens formés aux machines du parc.
Trois questions avant le prochain appel d'offres
Avant de comparer des taux horaires, l'acheteur et la production devraient pouvoir répondre ensemble à ces trois questions.
Quelle machine cadence la ligne, et quelle est sa disponibilité réelle ?
Combien coûte une heure d'arrêt sur cette machine ?
Quel taux de disponibilité exiger ?
Sur une machine prévue pour produire jour et nuit, dix points de disponibilité représentent près de 900 heures par an. Multipliées par le coût d'une heure d'arrêt, le cout d'indisponibilité représente une perte majeure.
