Le secteur de la métallurgie ne va pas bien en ce moment. Nouvel exemple : Novasco vient d’annoncer son placement en redressement judiciaire. En France, 760 emplois sont en danger.
Métallurgie : Novasco placé en redressement judiciaire

Le secteur de la métallurgie s’effondre, Novasco n’est pas épargné
Le groupe de sidérurgie Novasco vient d’être placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Strasbourg. Une procédure qui, au-delà de ses aspects juridiques, met en péril 760 emplois répartis sur plusieurs sites en France. Le tribunal accorde à l’entreprise une période d’observation jusqu’au 25 septembre 2025. L’enjeu : trouver un repreneur crédible ou mettre la clé sous la porte. Anciennement connue sous le nom d’Ascométal, Novasco avait été reprise en juillet 2024 par le fonds britannique Greybull Capital, avec le soutien financier de l’État français. Sur le papier, un plan de relance ambitieux devait sauver l’aciériste.
En réalité, les promesses ont fondu plus vite que l’acier en fusion : Greybull Capital n’a pas injecté les 90 millions d’euros annoncés, tandis que l’État a, lui, mobilisé 75 millions d’euros. La direction invoque une conjoncture « catastrophique » sur le marché automobile, son principal client. Le marché mondial de l’acier est sous pression : chute des commandes, concurrence étrangère, notamment asiatique, flambée des coûts énergétiques. Dans ce contexte, la situation de Novasco s’est rapidement détériorée. Selon les syndicats, les carnets de commandes se sont vidés, compromettant la production. Les sites de Custines (Meurthe-et-Moselle), Saint-Étienne (Loire) et Leffrinckoucke (Nord) sont les plus menacés, représentant l’essentiel des 760 emplois en jeu.
Colère syndicale et incertitude politique
Sur le terrain, la colère est palpable. Les syndicats dénoncent un « jeu de dupes » orchestré par des investisseurs plus soucieux de rendement que d’industrie. Ils parlent de trahison et affirment que les salariés se sentent abandonnés. Les élus locaux, de leur côté, pressent le gouvernement d’agir pour éviter une nouvelle friche industrielle. Mais à Bercy, la ligne reste prudente : l’exécutif se dit prêt à accompagner une reprise, pas à renflouer éternellement.
Le 25 septembre prochain, une audience cruciale déterminera le sort de Novasco. Si aucun repreneur sérieux ne se manifeste, la liquidation judiciaire pourrait devenir inévitable. Dans les ateliers, on s’efforce de maintenir l’activité, mais l’incertitude ronge les équipes. Pour les ouvriers, l’histoire a comme un goût amer : il y a à peine un an, la reprise par Greybull Capital avait été présentée comme un « nouveau départ » pour la métallurgie française. Aujourd’hui, le mot d’ordre est simple : sauver ce qui peut encore l’être.
