L’or n’avait jamais atteint de tels sommets. En franchissant un nouveau record historique, le métal jaune s’impose comme le baromètre anxieux d’un monde sous tension, tandis que l’argent retrouve une place centrale sur les marchés financiers et industriels.
Métaux précieux : nouveau record en Bourse pour l’or et l’argent

Le 25 janvier 2026 marque une date clé pour l’or. Pour la première fois de son histoire, le métal précieux a dépassé le seuil symbolique des 5 000 dollars l’once, soit environ 4 600 euros, selon les données de marché.
L’or au plus haut, reflet d’un monde sous pression
L’or a inscrit un nouveau record en séance en dépassant brièvement les 5 090 dollars l’once, l’équivalent de près de 4 690 euros, selon les chiffres publiés par Reuters. Cette envolée spectaculaire de l’or ne relève pas d’un simple mouvement spéculatif. Elle traduit un basculement profond des stratégies d’investissement, alors que les marchés financiers sont secoués par une accumulation de risques. En effet, la valeur de l’or progresse dans un climat marqué par l’instabilité géopolitique, les tensions commerciales persistantes et la crainte d’un ralentissement économique mondial.
Par ailleurs, l’or bénéficie d’un affaiblissement du dollar et d’une défiance accrue envers les actifs risqués. Selon la BBC, les investisseurs se replient massivement sur le métal, considéré comme une réserve de valeur universelle. Ole Hansen, analyste cité par le média britannique, souligne que « l’or se comporte exactement comme on pouvait l’attendre dans un monde qui paraît de plus en plus instable ». Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une hausse déjà marquée, l’or ayant progressé d’environ 18 % depuis le début de l’année.
Les raisons structurelles derrière le record de l’or
Au-delà du contexte immédiat, plusieurs facteurs structurels expliquent le nouveau record de l’or. D’une part, les banques centrales jouent un rôle déterminant. Selon CNBC, leurs achats soutenus ont créé un socle durable sous le prix du métal. Cette demande institutionnelle renforce la valeur de l’or sur le long terme, alors que de nombreux pays cherchent à diversifier leurs réserves face aux incertitudes monétaires.
D’autre part, la Bourse mondiale traverse une phase de forte volatilité. Les investisseurs institutionnels, mais aussi les particuliers, arbitrent en faveur de l’or pour protéger leur capital. Jeffrey Gundlach, cité par Yahoo Finance, estime que « ce mouvement n’est pas qu’un rallye, mais le reflet d’une peur profonde sur les marchés mondiaux ». Cette défiance généralisée envers les actions et certaines obligations accentue la pression haussière sur l’or, dont la valeur bénéficie mécaniquement de ces flux.
L’argent profite de l’élan et renoue avec des sommets historiques
Dans le sillage de l’or, l’argent enregistre lui aussi une performance remarquable. Le métal gris a dépassé pour la première fois la barre des 100 dollars l’once, soit environ 92 euros, selon LiveMint. Ce niveau n’avait plus été observé depuis plusieurs décennies. L’argent combine en effet un double statut : actif refuge et métal industriel, utilisé notamment dans les technologies énergétiques et électroniques.
Cette envolée de l’argent s’explique par une demande industrielle soutenue et par l’intérêt croissant des investisseurs. MarketWatch indique que l’argent signe sa meilleure performance depuis 1979. Le média souligne que la hausse rapide des prix est alimentée par des contraintes d’offre et par un regain d’intérêt spéculatif. Reuters précise par ailleurs que l’argent a atteint jusqu’à 108,91 dollars l’once, soit près de 100 euros, lors des dernières séances boursières.
Les investisseurs particuliers participent activement à ce mouvement. Business Insider rapporte que la crainte d’un déclin économique alimente un phénomène de ruée vers l’or et l’argent de la part des particuliers. Cette dynamique renforce la valeur des deux métaux, désormais perçus comme des remparts contre l’inflation et l’instabilité financière.
