Budget et dette aux Etats-Unis : la fin du Nouveau Monde reportée à une date ultérieure

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Par Laure De Charette Modifié le 17 octobre 2013 à 1h10

"Much ado about nothing" aurait dit Shakespeare ("Beaucoup de bruit pour rien"). Après des jours et des nuits de tergiversations angoissantes au Congrès, on sait à présent que la fin d'(un certain) monde n'aura pas lieu et que la première puissance économique mondiale ne fera pas défaut. Il aura fallu deux semaines de psychodrame à Washington pour relever, une énième fois, le plafond de la dette, afin que le pays puisse emprunter de l'argent et financer ses dépenses publiques, et pour s'accorder sur un projet de budget pour l'année à venir.

L'Obamacare, noeud de tous les débats, reste intacte malgré son coût

Les sénateurs, majoritairement démocrates, ont en effet adopté hier in extremis un accord portant à la fois sur le budget et sur la dette. La propsition de loi doit être votée dans les heures à venir par les représentants, majoritairement républicains, qui en ont validé le principe.

Le Congrès fait d'une pierre deux coups ! Cet accord reste néanmoins, une fois de plus, temporaire puisqu'il ne relève le plafond de la dette que jusqu'au 7 février et il ne rouvre l'administration que jusqu'au 15 janvier.

Fin du conflit oblige, il est l'heure de compter les points. Démocrates : 1 – Républicains : 0. Pourquoi ? Car la réforme de l'assurance-maladie, à l'origine de la double impasse budgétaire car jugée trop couteuse par l'opposition, va bel et bien être financée exactement comme cela était prévu initialement. Tout ça pour ça, a t-on naturellement envie de dire... ?!

Près d'un million de fonctionnaires de retour au travail aux Etats-Unis

Les Républicains et leurs alliés du Tea Party, divisés et en chute libre dans les sondages car tenus pour responsables du fiasco politique et économique de ces derniers jours, risquent d'avoir du mal à se remettre d'un tel échec. Leur tout pour le tout a échoué.

Reste qu'un jour, les Américains devront s'attaquer à la réduction de leur dette galopante et cesser de vivre à crédit dans de telles proportions... Justement, une commission chargée d'étudier les moyens de réduire le déficit budgétaire sur les dix ans à venir va être installée... Soit.

Les conséquences de l'accord sont immédiates : le pays peut continuer dès aujourd'hui à emprunter sur les marchés pour payer ses factures, faute de liquidités suffisantes pour le faire sur ses fonds propres, et l'administration, qui était partiellement fermée depuis deux semaines, va pouvoir rouvrir. Exit le shutdown ! Des centaines de milliers de fonctionnaires américains vont pouvoir retourner au travail, et accessoirement, être à nouveau payés.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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