Arrêt du gaz russe : pour la France, l’impact économique serait faible

Par Anton Kunin Modifié le 5 avril 2022 à 11h54
Arret Importation Gaz Russe Consequences France
0,3%L'impact sur le PIB de l'arrêt des importations de gaz russe serait compris entre 0,2% et 0,3%, estime le Conseil d'analyse économique.

Contrairement à beaucoup d’autres pays européens, la France ressentirait un impact somme toute faible si les importations de gaz russe devaient s’arrêter, estime le Conseil d’analyse économique dans une nouvelle étude.

Certains pays d’Europe seraient très impactés, d’autres très peu

La France est un grand pays consommateur de gaz russe : il représente 20% du total de la consommation française. En même temps, cette dépendance apparaît limitée : le gaz représente seulement 15% de la consommation énergétique du pays, contre 29% pour le pétrole par exemple. D’autres pays sont beaucoup plus dépendants du gaz russe : en Allemagne, il représente 55% de l’ensemble du gaz consommé, par exemple. Ainsi, la France est plutôt en bonne position pour faire face à un arrêt prochain des livraisons de gaz en provenance de Russie, affirme le Conseil d’analyse économique dans une nouvelle étude.

De même que la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie seraient également peu impactés. A contrario, une poignée de pays (Lithuanie, Bulgarie, Slovaquie, Finlande, République tchèque) seraient très impactés par l’arrêt des livraisons russes. D’après l’estimation du Conseil d’analyse économique, l’impact sur le PIB français serait compris entre 0,15% et 0,3%, soit 70 euros de revenu par habitant. À comparer avec l’impact prévu dans des pays comme la Bulgarie, la Finlande, la Lituanie, la République tchèque ou la Slovaquie, qui peuvent connaître des baisses de PIB comprises entre 1 et 5%.

L’Allemagne pourrait ressentir un impact assez fort si les livraisons de gaz russe devaient s’arrêter

En moyenne européenne, l’impact sur le PIB serait compris entre 0,2% et 0,3%, soit 100 euros par habitant. Si cette moyenne est faible, il faut garder à l’esprit que même l’Allemagne, qui est pourtant un poids lourd en Europe, subirait, en raison de sa dépendance au gaz russe, un impact compris entre 0,3% et 3% de PIB, dans les scénarios les plus pessimistes. Toutefois, globalement cet impact devrait être modéré et devrait pouvoir être absorbé, estime le Conseil d’analyse économique.

Si un embargo européen est la piste actuellement envisagée, le Conseil d'analyse économique prône plutôt une taxation forte sur les importations de combustibles fossiles russes. Une taxation à 40% permettrait ainsi de faire diminuer les importations de 80%. Si l'impact d'une telle mesure serait faible pour un pays comme la France, les pertes économiques seraient divisées par « environ trois ou quatre » pour les pays d'Europe les plus dépendants du gaz russe.

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