Impôts : pour 68 % des Français ils ont augmenté durant le quinquennat Hollande

9 %
Seulement 9 % des Français pensent que les impôts ont baissé depuis
2012.

Q1 : Le gouvernement annonce une baisse de l’impôt sur le revenu dans le budget 2017. Diriez-vous qu’au final, sur le quinquennat, les impôts des ménages ont… ?

•          Augmenté : 68 %

•          Sont restés stables : 22 %

•          Baissé : 9 %

•          NSP : 1%

68% des Français interrogés considèrent que les impôts ont augmenté globalement au cours du quinquennat.  

Puisque désormais l’actualité économique est déjà entièrement ou presque tournée vers la succession du chef de l’Etat, que les primaires au sein des partis ont accéléré le temps politique et médiatique et que nous sommes donc déjà de fait entrés dans le temps de la succession et du bilan, nous pouvons dire que ce quinquennat, en matière économique et sociale, aura été perturbé par deux marqueurs négatifs : le chômage et la fiscalité.

Nous avons voulu cette semaine connaître le sentiment des Français sur la fiscalité à la veille des précisions concernant les modalités de la baisse d’impôt sur le revenu, à hauteur de 1 milliard d’Euros, dans le Projet de Loi de Finances pour 2017.

Quel que soit l’impact de la baisse, les résultats du sondage de cette semaine n’incitent pas à l’optimisme pour l’exécutif. En effet, la baisse annoncée, qui ne devrait pas toucher l’ensemble des ménages imposables, et sur des montants peu importants, ne seront probablement pas suffisants pour faire pencher la balance de l’opinion sur la situation fiscale du quinquennat.

Le sondage OpinionWay pour LCI et Tilder révèle que 68% des Français interrogés considèrent que les impôts ont augmenté depuis le début du quinquennat.

En communication cela entraine deux réponses :

-           D’abord, et c’est peut-être une leçon que chacun des candidats aux primaires et ceux à l’élection présidentielle devront suivre. Une promesse de baisse d’impôt, qui est un grand classique de campagne électorale, devra désormais nécessairement être suivie d’effets visibles, tangibles et durables. En effet, les augmentations importantes des impôts au début du quinquennat ont touché l’opinion publique et l’annonce de la baisse à venir ne semble pas en mesure de retourner l’opinion ;

-           Ensuite, le « Ras le bol fiscal » exprimé par son ministre de l’Economie de l’époque, fin août 2013, sera un marqueur de communication du quinquennat de François Hollande. Qu’il le veuille ou non. Et c’est un handicap pour un président de la République dont on pressent dans son discours de la Salle Wagram aujourd’hui que l’entrée dans la course à sa propre succession le démange.

Q2 : Diriez-vous, pour empêcher les affaires de financement de la vie politique, qu’il faut avant tout… ?

•          Changer le comportement des élus : 52 %

•          Modifier et durcir les règles de financement de la vie politique : 47 %

•          NSP : 1 %

52% des Français interrogés considèrent qu’il faut changer le comportement des élus pour empêcher les affaires de financement de la vie politique

Même si les résultats du sondage d’aujourd’hui sont assez équilibrés, dans une semaine où l’actualité politique a aussi été consacrée à l’ouverture du procès pour fraude fiscale de Jerôme Cahuzac et à l’annonce par le parquet de voir renvoyés en correctionnelle les protagonistes de ce que l’on appelle désormais « l’affaire Bygmalion », il n’en demeure pas moins vrai qu’ils doivent être considérés comme un signal à destination des hommes et des femmes politiques de France.

En effet, le chiffre de 52% démontre qu’il existe bel et bien une défiance à l’endroit des élites en France. Même si, 47% des Français considèrent encore qu’une modification des règles de financement de la vie politique serait un moyen de régler les questions de financements et ses éventuelles conséquences judiciaires (sous entendu, si les hommes et femmes politiques sont obligés de transiger avec la Loi qui serait inadaptée aux besoins de financement de la vie politique actuelle), la majorité considère que les élus sont les premiers « coupables ».

Cette défiance à quelques mois des élections présidentielles, dont la course à d’ores et déjà été lancée par les candidats aux primaires de l’opposition, est devenue un objet à part entière du débat public.

En communication, ce résultat implique mécaniquement que chaque candidat tienne compte de ce paramètre dans ses discours et prises de positions … Il faut également s’attendre à ce que ce sujet empoisonne les débats politiques à venir en devenant un argument politique à part entière. Les défenseurs de la moralisation de la vie politique ont potentiellement de beaux jours devant eux… Pour conclure, dans l’histoire, celles et ceux qui ont fait de la vertu ou de la morale un programme politique ont rarement été des démocrates acharnés.

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 8 septembre 2016


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