BREXIT : les négociations bruxelloises ou le coup de communication de génie de David Cameron

12 %
Le Royaume-Uni participe au budget européen à hauteur de 12 %.

Q1 : Pensez-vous que si la Grande-Bretagne quittait l’Union européenne, cela aurait des effets positifs, des effets négatifs ou pas d’effet sur la situation économique de… ?

... L’Union européenne :

Des effets positifs 15 % Des effets négatifs 45 % Pas d’effet 39 % NSP 1 %

... La France :

Des effets positifs 13 % Des effets négatifs 37 % Pas d’effet 49 % NSP 1 %

49% des Français interrogés déclarent qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne n’aurait pas d’effet sur l’économie de la France et un effet négatif sur l’Union européenne.

Alors que la Grande-Bretagne a historiquement été l’Etat membre de l’Union européenne le plus « euro-sceptique », c’est un front commun européen qui s’est ouvert aujourd’hui à Bruxelles en présence des 28 chefs d’Etats ou de gouvernements pour éviter que le Royaume Uni ne quitte l’Union européenne. Ce risque de sortie de la Grande-Bretagne est induit par une promesse de campagne du Premier ministre David Cameron : organiser, entre juin 2016 et décembre 2017, un référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Cette situation est une première et un coup de maître politique de la part de Cameron. Ce coup politique a été transformé en coup de communication à mettre au crédit du Premier ministre britannique puisqu’il occupe désormais le centre de l’attention des citoyens des 28 Etats membres et a donné aux citoyens de son pays un pouvoir de pression réel sur l’avenir des institutions communautaires.

En effet, la menace d’une sortie du Royaume-Uni de l’Europe est prise très au sérieux par les dirigeants bruxellois et place David Cameron en position de force pour négocier, ce qui lui a permis de poser ses conditions aux 27 autres Etats membres :

Limiter les droits aux prestations sociales pour les ressortissants des autres Etats membres installés en Grande-Bretagne. Renforcer les pouvoirs des parlements nationaux pour bloquer les directives bruxelloises. Limiter le pouvoir de régulation économique de la Commission. Donner des garanties de protection de la part de la Banque centrale européenne aux Etats membres qui ne font pas partie de la zone euro (comme la Grande-Bretagne).

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déjà entrouvert la porte aux deux premières requêtes de David Cameron… Portant atteinte au passage au principe de libre circulation des personnes qui est un des principes constitutifs de l’Union européenne.

Pourquoi tant de compromis ? La réponse est dans le sondage de cette semaine. La sortie de la Grande-Bretagne aurait des effets négatifs pour l’économie de l’Union européenne pour 45% des Français interrogés (39% pas d’effet). C’est probablement vrai, ne serait ce que du point de vue du budget de l‘Union européenne auquel la Grande Bretagne participe pour près de 12%. De plus, son économie est l’une des trois plus puissantes de l’Union européenne et une sortie serait donc un handicap majeur au moment où l’économie mondiale traverse des turbulences.

Les Français ont parfaitement compris le risque pour l’Union européenne d’une sortie de la Grande Bretagne, pour autant, ils sont plus optimistes pour l’économie française. En considérant, à près de 50%, qu’une sortie de la Grande-Bretagne n’aurait pas d’effet sur l’économie française, c’est un signal complexe que les Français envoient au président de la République à qui revient la charge de négocier à Bruxelles. En effet, il sera compliqué pour le président Français de dramatiser la sortie de l’Union européenne de la Grande Bretagne et de faire des négociations en cours un argument positif à porter à son crédit de co-négociateur international.

Pour autant que les négociations aboutissent ou pas, que Cameron se déclare satisfait ou non des compromis obtenus à Bruxelles, car il en obtiendra, ce seront les citoyens de Grande-Bretagne qui auront le dernier mot.

Q2 : Craignez-vous un effondrement de la Bourse dans les semaines qui viennent ?

Sous total « oui » 44 % Sous total « non » 55 % NSP 1 %

44% des Français interrogés craignent un effondrement de la bourse dans les semaines qui viennent.

Les signaux économiques pessimistes se multiplient depuis le début du mois de janvier : inadéquation entre l’offre et la demande des produits pétroliers, taux d’intérêts bas, économie chinoise subissant un ralentissement économique inédit et dont la monnaie est toujours sous évaluée… En France, le CAC 40 a par ailleurs subi plusieurs jours de baisses significatives faisant passer l’indice sous les 4 000 points en quelques heures du fait des incertitudes sur le marché mondial.

Pour autant, les Français se montrent optimistes face au risque d’un krach boursier. En effet, 55% des Français interrogés ne craignent pas un krach boursier dans les semaines qui viennent.

Il y a deux façons d’analyser ces résultats en communication : une manière optimiste et une manière pessimiste. Du point de vue optimiste d’abord, il est possible que les Français aient entendu les messages rassurants du ministre des Finances, Michel Sapin, qui a affirmé que l’économie mondiale n’était pas menacée par un nouveau krach boursier, mais par de « possibles turbulences » et qu’en tout état de cause les banques françaises avaient pris toutes les mesures possibles pour résister à d’éventuelles difficultés bancaires brutales et durables.

Du point de vue pessimiste, il faut considérer le chiffre de 44% comme suffisamment important pour être pris au sérieux en ce qui concerne l’avenir boursier en 2016.

Quoi qu’il en soit, en communication au niveau européen comme au niveau français, il faut que les dirigeants économiques retrouvent vite un discours optimiste pour que les investisseurs soutiennent le marché boursier et ainsi éviter un krach boursier dont les conséquences économiques, sociales ou géopolitiques sont toujours incertaines.

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 18 février 2016


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