Pourquoi la Chine se retrouve « piégée »

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Par Laure De Charette Modifié le 19 novembre 2012 à 3h58

Plutôt inquiétant de savoir la deuxième économie mondiale prise dans un tel cercle vicieux. « La Chine est allée aussi loin qu'elle pouvait avec le système politique qui est le sien », assure le magazine américain Forbes aujourd'hui. Or l'économie chinoise, en plein ralentissement et génératrice d'immenses inégalités, a besoin de réformes, et vite. Sans quoi la République populaire « ne sera pas capable de subvenir à ses propres besoins ».

Au lendemain de la clôture du 18ème Congrès du Parti communiste chinois -après une semaine de conciliabules à huit clos, dont personne, pas même les journalistes vivant sur place depuis de nombreuses années, ne sait précisément quelle en était la teneur-, on connait à présent la tête, le nom et le profil des nouveaux maîtres de la Chine, pour les cinq voire dix ans à venir. Parmi ces nouveaux hommes forts du Parti unique, et donc du pays, se trouvent de nombreux conservateurs, et très peu de réformistes. Seul le futur nouveau Premier ministre, Li Keqiang, est réputé être plutôt favorable au changement. Mais il y a peu de chances qu'il parvienne à faire entendre sa voix puisqu'il ne doit sa nomination qu'à sa proximité avec le futur ex-président Hu Jintao et que ses accomplissements sont pour l'heure « médiocres », d'après Forbes.

D'après le South China Morning Post, le nouveau duo au sommet va surtout essayer de consolider sa position et de maintenir un semblant de stabilité du régime, au lieu de prendre des mesures pour stabiliser l'économie.

Or « une économie de marché a besoin d'un Etat de droit, qui lui-même a besoin d'institutions indépendantes. Sans cela, un pays ne peut pas progresser. La Chine est désormais piégée » assure le magazine, qui enfonce le clou. « Elle se trouve dans un cercle vicieux : le ralentissement de la croissance crée une crise de légitimité. Laquelle fragilise le régime. Sur la sellette, le Parti se refuse à toute réforme. Or ce manque de réformes empêche l'économie de redécoller sur le long terme ». Bref, en Chine, le changement, ce n'est pas maintenant...

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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