Crise, un mot prétexte de tous les maux !

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Par Jacques Martineau Publié le 6 mars 2017 à 5h00
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2008De manière commune, la dernière crise financière a débuté en 2008.

Les politiques n’ont que le mot crise à la bouche pour tenter d’expliquer tous les écarts courants et les dysfonctionnements majeurs.

Avec ou sans majuscule, qu’il s’agisse de « la Crise » au niveau mondial ou de plus modestes « crises », le mot est employé à « toutes les sauces ». Les raisons et les situations de crises, in situ, ici ou là, ou internationales, sont multiples. Elles occupent les médias et l’agenda de nos politiques. A chacun d’en faire usage au gré de son interprétation…

Peu importe d’ailleurs ce qui se cache derrière ce mot. Toutes les interprétations sont possibles. Parler de crise entretient la confusion. Cela va permettre au gouvernement de chaque État d’affirmer politiquement son autorité sur un fond d’inquiétude, réelle ou entretenue. La France est toujours touchée par l’impact de la « Crise ». Elle se considère, à juste titre, être un des moteurs essentiels de l’économie mondiale et de la gestion des flux financiers.

L’état de crise n’est pas une surprise

Mais l’état de crise n’est pas une surprise. Mal endémique et chronique de tous les temps, il se manifeste de manière périodique avec plus ou moins d’ampleur et de façon aigue. Plusieurs dizaines de crises se sont manifestées dans les dernières décennies. Depuis toujours, tous les gouvernements n’ont eu qu’un seul souci, rétablir un minimum de confiance pour tenter de rassurer l’opinion à n’importe quel prix. Cette fois-ci, la crise est d’une durée exceptionnelle et les mots ne suffisent plus pour l’expliquer. Au mot crise est venu s’ajouter celui de dette. Les grands spécialistes, qui ne l’ont pas vu arriver, se mobilisent pour rappeler que depuis plus de 30 ans, les pays développés vivent au-dessus de leurs moyens, en empruntant sur les marchés financiers pour maintenir un minimum de croissance !

Ces mêmes experts ne se sont jamais posé la question de l’origine du pourquoi de la volatilité du marché financier mondial, à plus de 95% spéculatif, de la désindustrialisation, des délocalisations, de la faiblesse relative de la croissance dans la zone euro et de la hausse du chômage. Qu’importe, les banques internationales d’affaires, leurs opérateurs et leurs traders ont retrouvé moral et dynamisme. Ils ont conscience de pouvoir profiter de ce chaos économique et social prévisible, sans encombre. Ils savent que les États souverains et bientôt les pays émergents seront toujours là pour les aider puisqu’ils n’ont pas d’autre choix.

Comment évaluer la situation économique d’un pays ?

L’évaluation de la situation économique d’un pays procède de l’analyse détaillée de plusieurs données essentielles. Au-delà de son taux d’endettement, de son taux de déficit par rapport au PIB, de ses capacités de crédit, de son inflation et de son taux de croissance, il faut prêter une attention particulière à de multiples indicateurs. En priorité, il importe d’être attentif aux parts publiques et privées du PIB qui sont consacrées à des investissements productifs et destinés à contribuer à l’amélioration de la balance du commerce extérieur.

Le rapprochement de toutes ces données associé à son taux de croissance de l’année en cours permet d’avoir une meilleure lisibilité pour interpréter son taux de chômage. L’évolution et la projection de l’ensemble est à prendre en compte. D’autres informations sont liées à l’évolution de la population : le nombre de jeunes qualifiés ou non, diplômés, sortant du système scolaire, le nombre de disparus à la dérive, l’état de la démographie… Le total de la population active du pays (nombre d’habitants en mesure de travailler) est aussi un facteur important qui caractérise à la fois l’inertie et la capacité de rebond du pays. C’est en prenant en compte toutes ces données, par secteurs d’activité, par région, par bassin d’emploi, par groupe de population active et sur l’ensemble du pays dans le cadre d’une stratégie bien définie qu’un pays peut arriver à inverser les tendances et retrouver le chemin de la croissance.

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Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.

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