Croissance nulle : les réactions de l’opposition (épisode 2)

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 14 août 2014 à 13h25

Après la première vague de réactions indignées de l'opposition (disponible ici) concernant la croissance nulle de la France au deuxième trimestre 2014 dévoilée par l'Insee ce jeudi 14 août 2014, les réactions de la classe politique ont continué de plus belles. La faute revient encore et toujours au gouvernement et à l'euro.

Jacques Myard : « les chiffres confirment la descente aux enfers »

Le député UMP Jacques Myard n'attaque pas directement le gouvernement mais la classe politique toute entière, de même que l'euro. « Il est proprement inadmissible que l'idéologie prime sur l'analyse objective et rationnelle de l'échec de la monnaie unique, au nom de l'orgueil et de la pure vanité des politiques ».

« Les politiques ne veulent pas admettre qu'ils se sont trompés » a déclaré M. Myard dans un communiqué. Et le futur ne lui paraît pas rose : « les chiffres de ce jour viennent confirmer encore et toujours la descente aux enfers ! ».

« Tout cela va mal se terminer » conclut-il.

François Fillon : le retournement de situation promis par Hollande était « une basse manœuvre politicienne »

Pour François Fillon, ancien premier ministre sous Nicolas Sarkozy, la situation est simple : « la France s'enfonce dans le marais de la stagnation. » La faute est attribuable à François Hollande qui a promis un « retournement de la conjoncture » qui, désormais « apparaît pour ce qu'il était : un leurre, une basse manœuvre politicienne pour gagner du temps » déclare le coprésident de l'UMP dans un communiqué.

Le constat est tragique : « La France est désormais au bord de la déflation. Les perspectives de croissance sont divisées par deux; le chômage ne cesse de battre des records; nos déficits ne seront pas réduits contrairement à tous nos engagements européens. »

« Pour les Français l'avenir est sombre »

Eduardo Rihan Cypel (PS) : « La BCE doit ouvrir des perspectives »

La publication des chiffres de la croissance a entraîné également des réactions au sein du Parti Socialiste. Pour M. Rihan Cypel, député du PS, la faute est attribuable à l'Europe et à l'Euro : « Je pense que le taux de l'euro est trop fort pour permettre une relance de la croissance européenne. »

C'est alors à la BCE d'agir et « d'ouvrir des perspectives ». « Elle doit s'occuper de la croissance et de l'emploi » estime l'élu invité par Sud Radio. Toutefois, il ne considère pas que l'euro soit une menace, au contraire :

« Mais l'euro est un atout, il doit être utilisé comme une arme politique pour relancer la croissance ».

Nicolas Dupont-Aignan : le gouvernement doit « obtenir une franche dévaluation de l'euro face au dollar »

Le président du parti Debout la République accuse à la fois la politique du gouvernement et l'Euro fort de la situation de la France. D'une part, « La politique de matraquage fiscal et de réduction drastique des dépenses publiques sans dévaluation monétaire met notre pays à genoux » ; mais, d'autre part, il faut également que l'euro baisse.

« Au lieu de quémander vainement auprès de Berlin un nouveau ballon d'oxygène budgétaire et de continuer une politique qui creuse les déficits et fait exploser le chômage, le chef de l'Etat et le Premier ministre ont le devoir d'obtenir une franche dévaluation de l'euro face au dollar » estime M. Dupont-Aignan.

En cas de déflation, « la France serait dans l'obligation de sortir d'urgence de la zone euro » conclut Nicolas Dupont-Aignan dans son communiqué.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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