EDF annonce une perte historique au premier semestre 2022

Par Cédric Bonnefoy Modifié le 28 juillet 2022 à 15h35
Edf Resultats Hausse Prix 2
5.3 milliardsEDF annonce une perte de 5.3 milliards d'euros au premier semestre 2022.

Les différentes demandes du gouvernement pour protéger la facture des Français a un impact sur les résultats d’EDF. L’entreprise vient d’annoncer une perte record de 5.3 milliards d’euros pour le premier semestre 2022.

Le bouclier tarifaire plombe les comptes

Alors que la renationalisation d’EDF vient d’être votée en première lecture à l’Assemblée nationale, l’entreprise vient d’annoncer ces résultats pour le premier semestre de l’année 2022. Vu la conjoncture actuelle, ils s’annonçaient déjà mauvais, peut-être pas à ce point. L’énergéticien annonce une perte de 5.3 milliards d’euros pour les 6 premiers mois de l’année, c’est historique. Ce plongeon s’explique par plusieurs facteurs. Le premier d’entre eux : le bouclier tarifaire.

Face à l’envolée des prix de l’électricité et des énergies, le gouvernement oblige EDF à vendre à d’autres fournisseurs sa production à bas coût. Objectif : préserver le pouvoir d’achat des Français en bloquant la hausse des prix à un certain seuil. C’est ce qu’on appelle le bouclier tarifaire. Cette manœuvre politique est une aubaine pour les consommateurs, moins pour l’énergéticien. Ce bouclier plombe les comptes.

Un parc nucléaire quasiment à l’arrêt

Autre facteur pour expliquer cette perte historique annoncée par le PDG de l’entreprise, Jean-Bernard Lévy, c’est l’état actuel du parc nucléaire dans l’Hexagone. Douze réacteurs nucléaires sur 56 sont à l’arrêt après que des problèmes de corrosion ont été détectés. Dans le même temps, 18 d’entre eux subissent des opérations de maintenance, programmées depuis longue date. Si bien qu’aujourd’hui, l’énergéticien doit faire face à une baisse importante de la production via le nucléaire.

Toutes les productions semblent touchées. La production via l’hydroélectrique est aussi en chute « dans une moindre mesure » tempère Jean-Bernard Lévy. L’État espère via la nationalisation encadrer le déficit de l’entreprise et lui redonner des perspectives d’avenir.

Cédric Bonnefoy est journaliste.