Énergie : Le pétrole brut bientôt à 20 dollars le baril ?

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 novembre 2022 à 9h15
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3,83%À 33,36 $, le baril de Brent cède 3,83%.

Le pétrole ne risque pas de baiser à court terme. Ni même, sans doute, dans les mois à venir… Les pays qui misaient sur une remontée des cours pour financer leur modèle social en seront pour leurs frais : l’Arabie Saoudite a dit non à la modération de l’offre.

La semaine dernière, un accord était signé à Doha, au Qatar, engage l’Arabie Saoudite, la Russie, le Qatar et le Venezuela à geler leur production au même niveau qu’en janvier. Mais voilà, ce ne sera pas suffisant pour faire remonter le prix du baril, a prévenu Ali Al Naimi, le ministre saoudien du Pétrole.

Production

La production peut être gelée, mais elle ne sera pas réduite, a-t-il déclaré. L’Arabie Saoudite n’entend pas non plus amoindrir sa production de pétrole pour tenter de faire remonter les prix. Pour Ali Al Naimi, c’est une évidence « mathématique ». Même si cela conduit à vivre avec un pétrole à 20 $ le baril.

Le pays y est prêt, en tout cas. Quitte à y perdre des plumes… Pour lui, il importe de répondre à la demande mondiale, qualifiée d’élevée, et de laisser jouer la loi de l’offre et de la demande. Le ministre affirme même qu’il n’a que faire de la part de marché de l’Arabie Saoudite !

Impact

Ces déclarations enflammées ont eu un impact immédiat sur les cours du pétrole : le baril de brent perdait près de 4% à 33,36 $. Voilà qui continuera à faire les affaires des consommateurs et des automobilistes. Moins celui des producteurs de pétrole de schiste, notamment aux États-Unis : leurs coûts de production sont bien plus élevés que les 30 $ du cours actuel. Et a fortiori des 20 $ auquel Ali Al Naimi l’envisage…

Il l’assure néanmoins, il n’est pas en guerre contre ces producteurs américains, même s’il est quasiment acte maintenant que la hausse de la production, fin 2014, répondait à la volonté des pays de l’Opep d’étouffer le pétrole de schiste. Quant à l’accord de Doha, d’autres pays pourraient le ratifier à leur tour. Mais d’ici là, le pétrole restera toujours orienté largement à la baisse.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.