Horreur : Mario Draghi serait trop proche du lobby bancaire !

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Par Simone Wapler Publié le 27 janvier 2017 à 5h00
Mario Draghi Liens Banques Centrales
88 milliards ?Les bricolages monétaires de Mario Draghi nous volent chaque année 88 milliards d'euros.

Le Monde du 23 janvier : « Les liens de Mario Draghi avec les banques au coeur d’une enquête – Mario Draghi le président de la Banque centrale européenne (BCE) est-il trop proche des banques ? »

Le Monde commencerait-il à découvrir les arcanes de la Parasitocratie, cette caste qui forge les lois et les réglementations afin de vivre à nos dépens ? Avant de poursuivre, quelques précisions sur ce point. M. Mario Draghi se livre à des manoeuvres dont le but est de faire baisser les taux d’intérêt. En ce moment même, il fait surgir du néant 60 milliards d’euros par mois qu’il donne à ses amis banquiers ou présidents de grands groupes internationaux dont il rachète les dettes encombrantes.

La bénédiction du corps politique lui est acquise car dans ce monceau de créances figurent aussi des obligations d’Etat. M. Mario Draghi se livre également à des délits d’initiés que nous avons déjà dénoncés en rachetant secrètement des obligations d’entreprises européennes soigneusement choisies (Repsol, Iberdrola…) Les petits euros que vous gagnez, épargnez et réussissez à conserver sont noyés dans ce flot d’argent facile.

La moyenne historique de rémunération de l’épargne financière peu risquée est de 5%. Aujourd’hui, cette même épargne vous rapporte moins de 2%. M. Mario Draghi vous vole de 3% d’intérêts que vous ne retrouverez jamais. Si vous épargnez pour votre retraite ou pour acheter un bien immobilier, les intérêts composés se seront à jamais envolés. Sachant que l’épargne financière des Français est de 4 400 milliards d’euros, (soit 156 000 euros par foyer) les bricolages monétaires de Mario Draghi nous volent 3% de 4 400 milliards d’euros, soit 88 milliards d’euros par an (soit 4 680 euros par foyer).

Ce vol légalisé serait-il enfin démasqué, dénoncé ? Pas du tout, ne rêvez pas. On reproche seulement à Mario Draghi de fréquenter le Groupe des Trente (G30) « un forum international qui regroupe des dirigeants du secteur financier public et privé […] cercle de réflexion qui porte notamment sur la régulation bancaire », poursuit Le Monde.

Et le G30 serait, devinez quoi ? Un lobby bancaire, cher lecteur ! Selon les vertueux tenants de la « politique monétaire », les banquiers centraux ne devraient pas avoir de lien avec les banquiers pour ne pas avoir de conflit d’intérêt. Aucun lien. Deux bocaux séparés. Dans un premier bocal, les requins de la finance privée, les banquiers voraces, mondialistes, méchants, suppôts du capitalisme financier exploiteurs, de pauvres travailleurs. Dans l’autre, les gentils petits poissons pilotes que sont les banquiers centraux. Seule la monnaie est commune, les liquidités dans lesquelles nage tout ce petit monde.

Car à quoi sert une banque centrale ? En principe, fabriquer la monnaie fiduciaire (pièces et billets dont il y a de moins en moins) et mettre en place une politique monétaire : en gros, il faut que la quantité de monnaie – donc de crédit – soit adaptée à la taille de l’économie. Mais une banque centrale ne sert pas à donner de l’argent (du crédit) en priorité aux banques commerciales, pas du tout. Mmmmmmm, en fait cela, c’est la théorie. En réalité, une banque centrale est au service des banques commerciales et des politiciens qui endettent leurs pays pour financer leurs promesses électorales. Cela, c’est la vraie pratique.

Une banque centrale doit maintenir le mythe selon lequel un euro (ou dollar, ou livre ou franc suisse) déposé dans une banque vous appartient, est disponible à tout moment et peut-être prêté à d’autres. Pour que ce mythe survive, il ne faut pas que tout le monde veuille récupérer son argent au même moment. Quant à la « politique monétaire », elle consiste à instituer des impôts arbitraires tels que l’inflation ou l’équivalent de taxes à l’importation en faisant baisser la monnaie ce qui conduit à renchérir les biens importés.

Evidemment, chaque pays rêve de voir gonfler ces impôts magiques qui n’ont pas besoin d’être votés. D’où les déluges de liquidités surgies du néant qui viennent faire de la concurrence déloyale à votre argent ! Donald Trump, président-élu, a déclaré peu avant son investiture le « dollar trop fort ». Lui aussi veut sa dose d’impôts magiques. Attendez-vous à un redoublement des hostilités dans la « guerre des devises »… Un jour ou l’autre, il faudra bien parler du bunker de protection qu’est l’or. Attendez-vous aussi à ce que l’enquête européenne sur Mario Draghi n’aboutisse jamais.

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Simone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l'éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd'hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.Elle a publié "Pourquoi la France va faire faillite" (2012), "Comment l'État va faire main basse sur votre argent" (2013), "Pouvez-vous faire confiance à votre banque ?" (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles.

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