Des huiles d’olive italiennes pas si extra-vierges que ça vendues en France ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 11 mai 2021 à 11h26
Triche Fraude Huile Olive Italie Extra Vierge
30%L'huile extra-vierge est 30% plus chère que l'huile vierge.

L’association de défense des consommateurs Foodwatch, spécialisée dans les affaires concernant le secteur alimentaire, lance une pétition : elle demande au gouvernement plus de transparence… sur les contrôles de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). En l’occurrence… c’est de la clarté sur les huiles d’olive contrôlées qui est demandée.

Les huiles d’olive italiennes extra-vierges épinglées pour leur basse qualité

La demande de Foodwatch découle directement de l’une des dernières études réalisées par le magazine italien Il Salvagente, spécialisé dans la défense des consommateurs. Dans son numéro de mai 2021, ce dernier dévoile les tests réalisés sur 15 huiles d’olive qualifiées d’extra-vierges (toutes issues de mélanges d’huiles de provenance européenne sauf une)… tout du moins sur les étiquettes. Si d’un point de vue chimique, il n’y a rien à signaler (même si le magazine souligne que cinq des 15 produits avaient des niveaux très limites d’éthyl tiers), c’est au niveau du goût que le bât blesse.

Car l’huile d’olive, pour être qualifiée d’extra-vierge, doit également respecter des conditions olfactives et gustatives précises. Il Salvagente a donc fait réaliser une analyse sensorielle (organoleptique) au comité de test du laboratoire chimique de la Douane et des monopoles de Rome. C’est à ce test qu’ont échoué 7 des 15 huiles, vendues dans la grandes distribution. Ces dernières ont donc été déclassées d’huiles extra-vierges à huiles vierges.

La différence est de taille : une huile vierge est vendues 30% à 40% moins chère que l’huile extra-vierge. Pour le magazine, le consommateur est donc perdant, pour ne pas dire trompé.

Foodwatch veut que la DGCCRF nomme les produits non conformes

La publication de mai 2021 de Il Salvagente est d’autant plus intéressante qu’elle montre une totale absence d’évolution du secteur : la précédente enquête datant de 2015 sur les huiles d’olives avait identifié un même taux d’environ 50% d’huiles non conformes. Et un même taux (49% très précisément) de non-conformité a été identifié par la DGCCRF en 2020, dans le cadre du plan de contrôle des huiles d’olives dont les résultats ont été publiés en février 2021.

Mais la différence est que si l’association italienne nomme précisément la marque et les même produits testés, ce n’est pas le cas de la DGCCRF qui se contente de publier des résultats généraux. Or, souligne Foodwatch, certaines des huiles testées par Il Salvagente sont vendues en France. Les consommateurs français pourraient donc avoir acheté, sans le savoir, des huiles non conformes.

Foodwatch demande, par le biais de sa pétition, plus de transparence de la part des services de Bercy, autant sur les produits testés que sur les sanctions infligées aux entreprises.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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