Crise : La fraternisation policiers manifestants en Italie est un signe avant-coureur de la fin

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Par Charles Sannat Publié le 11 décembre 2013 à 10h42

Il y avait beaucoup de sujets que je souhaitais évoquer avec vous ce soir… mais je dois dire qu’en fait, je pense que ce qui est important, ce n’est pas la mort de Mandela (je pense que vous êtes au courant que Mandela est mort, cela passe en boucle sur tous les écrans). Non, l’important ce n’est pas Mandela. Cet homme a eu son temps. Hélas, l’Afrique du Sud se meurt et la mort de Mandela est, pour ce pays, un funeste présage.

Côté français, même la mort de Mandela se transforme en événement ridicule puisque nos deux présidents, l’ancien et l’actuel ne pouvant pas se voir en peinture, ont décidé de faire avion à part.

Cela ne me gêne pas outre mesure, si ce n’est que l’on demande au petit peuple de faire des efforts pendant que nos mamamouchis, tels des gosses d’école primaire, se font la tête à nos frais… Sarko ne volera pas en présence de François sur Air Sarko One… Enfin, nous avons hélas que trop l’habitude de ces enfantillages parfaitement déplacés et qui, disons-le, manque cruellement de grandeur et de dignité.

Non, l’important ce n’est pas tout cela. L’important, ce soir c’est l’Italie.

Les policiers anti-émeute rejoignent les manifestants !

Le mouvement qui prend une ampleur importante actuellement en Italie est baptisé « le peuple des fourches », ce qui fait directement référence aux jacqueries paysannes françaises dont le dernier avatar est incarné par les bonnets rouges bretons.

Ce qu’il y a d’extraordinaire c’est que pour la première fois, dans un grand pays d’Europe, la police anti-émeute s’est jointe aux manifestants spontanément partout à travers la péninsule italienne.

Les policiers, en signe de non-violence, ont retiré leur casque. Certains ont défilé et accompagné les cortèges qu’officiellement ils « encadraient » !

Nous ne parlons pas des forces de l’ordre du Zimbabwe mais de fonctionnaires d’un grand pays, de forces de l’ordre qui, dans leur immense majorité, sont rentrées dans la police pour attraper les méchants… pas pour taper sur les gentils.

Or, ces dernières années, en Europe, les hommes politiques, quelle que soit leur couleur, ont vendu des pays entiers aux intérêts particuliers de grands financiers. D’États démocratiques nous sommes lentement devenus des dictatures douces où tout est fait pour faire payer aux peuples des additions qui ne sont pas forcément les leurs.

Certes nous sommes collectivement responsables de nos niveaux d’endettement et personne ne nous a forcés à emprunter sur les marchés aux « méchants banquiers ». Mais ce qui a fait exploser les déficits ces dernière années et qui expliquent la gravité de la crise actuelle, ce sont bien les aides qu’il a fallu partout à travers le monde apporter à des banques moribondes qui ne doivent leur survie qu’à leur capacité de rapacité sur le dos des peuples. Le système financier planétaire est devenu une sangsue qui se nourrit sur le corps de la bête « peuple ».

Les policiers ne sont pas rentrés dans les forces de l’ordre pour permettre à une oligarchie de dépouiller leur propre peuple, dont il font partie, ayant eux aussi des familles, des femmes, des enfants

Plusieurs appels aux policiers pour rejoindre les manifestants

Sur les réseaux sociaux, plusieurs appels circulent depuis quelques jours afin d’appeler les forces de l’ordre à rejoindre le mouvement avant qu’il ne soit trop tard pour l’Italie.

En Italie, comme en Espagne ou en Grèce, l’austérité est de plus en plus forte, la répression fiscale de plus en plus importante… Évidemment, cela devrait vous rappeler la situation française, où les impôts augmentent sans cesse comme seule et unique réponse à la crise et où pour les moins défavorisés (c’est-à-dire les classes moyennes) les prestations sociales elles… baissent considérablement. Partout en Europe s’instaure un espèce de ras-le-bol généralisé.

En Italie, la crise économique ravage les hommes. Ils se suicident, comme ces chefs de PME qui, par dizaines, se pendent. Comme en Espagne où plus de 3 500 suicides sont imputables aux expulsions immobilières. Comme en Grèce dont on ne parlera pas. Comme en France où les immolations sont de plus en plus courantes mais passées sous silence selon la sainte loi consistant à dire qu’un événement dont on ne parle pas… n’existe pas.

Mais ces appels, relayés par Beppe Grillo sur son blog qui a publié une lettre ouverte demandant aux forces de l’ordre et à l’armée de « rejoindre le peuple ».

Toutes les dictatures tombent faute de combattants !

Il est facile de diriger un pays d’une main de fer tant que vos fers de lance se chargent d’embastiller, de frapper, de matraquer, de gazer votre peuple.

Il est facile de maintenir l’ordre établi lorsque les zélateurs zélés du système font leur office.

Il est facile de taxer, ruiner, imposer, voler les peuples à partir du moment où la force, dans le sens premier du terme, est utilisée par les dirigeants à l’égard des peuples qui ne consentent plus à l’impôt.

Mais lorsque la force brute ne peut plus être utilisée, lorsque les forces de l’ordre et l’armée refusent de tirer sur les peuples, alors les dictatures s’effondrent comme des châteaux de cartes… et c’est ce qui se passe sous vos yeux en Italie.

Le gouvernement italien pourra-t-il reprendre la main ? Peut-être. Peut-être pas. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes le peuple et que « les peuples ne doivent pas craindre leurs dirigeants. Les dirigeants doivent craindre le peuple ».

Je voulais juste, pour terminer, vous citer deux textes.

Le premier est dans les premières lignes de notre Constitution.

Le second est dans la Déclaration des droits de l’homme annexée à notre Constitution.

« Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »

Sans policiers pour nous en empêcher, il sera nettement plus facile de résister à l’oppression des eurocrates collabos zélés du système financier global… Et là, il y en a qui vont commencer à sacrément trembler.

Restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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