Italie : La « Renzimania» gagnera-t-elle l’Union Européenne ?

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Par Ludovic Subran Publié le 30 juin 2014 à 12h38

Alors que l'Italie s'apprête à prendre la présidence tournante de l'UE au 1er juillet, Euler Hermes, n°1 mondial de l'assurance-crédit, analyse la situation de l'économie italienne, entre éclaircies économiques et défis politiques.

Euler Hermes prévoit pour l'Italie une légère reprise (+0.4% en 2014; +1.0% en 2015) après 2 années de récession, grâce à la croissance de ses exportations (les exportations italiennes ont montré un réel dynamisme sur les trois derniers trimestres alors qu'une modération salariale est en train de s'opérer progressivement), au support de la BCE et à l'effet confiance suscité par Matteo Renzi.

Cependant, il n'y aura pas d'effet de transmission de cette reprise aux entreprises avant 2015, en raison d'une consommation toujours faible et du manque de financement de l'investissement. « L'Italie est le 3ème partenaire commercial de la France ; une embellie ne peut que tirer la croissance des entreprises françaises exportatrices, à la condition que celles-ci restent vigilantes quant à la solidité de leurs partenaires commerciaux, explique Nicolas Delzant, président du Directoire d'Euler Hermes France. Les délais de paiement, souvent utilisés de manière extensive en Italie, semblent enfin se réduire (95 jours en 2014 au lieu de 100 jours en moyenne en 2013), mais restent nettement supérieurs aux délais de paiement réglementaires de 60 jours. » . Les défaillances devraient aussi se stabiliser au deuxième semestre de l'année et connaîtraient un léger repli en 2015 (-2%).

L'Italie entre dans une nouvelle période de stabilité politique, attendue par le secteur privé, qui demande plus de réformes pour faciliter le financement de l'investissement. L'élection de Matteo Renzi au poste de 1er ministre en février 2014, renforcée par les résultats des élections européennes en mai, lui permettront d'accéder à la présidence de l'UE avec une assise politique solide. « L'Italie prendra la présidence européenne dans un moment crucial du chantier de l'intégration européenne avec la formation de la nouvelle Commission Européenne d'ici octobre et la mise en place du mécanisme de supervision unique des banques de la zone euro par la BCE début novembre. Elle est, avec la France, un des pays toujours sous « surveillance » pour cause de déficit excessif. Même si les raisons divergent (dépense publique pour la France, intérêts sur la dette pour l'Italie), elle a bien l'intention de peser sur le débat européen quant à la vitesse d'ajustement des comptes publics », témoigne Ludovic Subran, Chef Economiste chez Euler Hermes.

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Ludovic Subran est Chef Economiste chez Euler Hermes.

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