Octobre est un mois propice aux krachs boursiers

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Par JOL Press Publié le 15 octobre 2013 à 9h15

24 octobre 1929, 19 octobre 1987, 6 Octobre 2008. Un bref regard sur l'historique des krachs boursiers permet de se rendre compte d'un fait bien singulier : les effondrements boursiers les plus marquants ont tous eu lieu en octobre. Simple coïncidence ? Oui, certainement, même si le défaut de paiement en perspective aux Etats-Unis le 17 octobre pourrait apporter un nouvel épisode à la longue histoire des Krachs boursiers du mois d'octobre.

On nomme krach boursier l'effondrement brutal et soudain des cours des valeurs mobilières d'un marché financier. En soi, il s'agit de la situation dans laquelle les cours des actions s'effondrent du fait d'un mouvement de panique touchant les investisseurs, qui vendent alors massivement leurs actions.

Octobre 1929 : le krach boursier la plus marquant de l'histoire

Entre 1921 et 1929, les Etats-Unis connaissent une période de croissance soutenue. Rien ne semble pouvoir entraver le développement des marchés financiers, si bien que des millions d'Américains sont touchés par la fièvre de la spéculation. L'immense majorité des transactions se fait à crédit mais du fait de la hausse des cours cela ne pose pas de problème au début.

Lorsque la croissance américaine marque le pas en 1929, une rumeur selon laquelle de gros investisseurs auraient vendu leurs titres se propage. Bien qu'infondée, la rumeur crée un vent de panique qui pousse les investisseurs à vendre massivement leurs titres. Fin octobre 1929, l'effondrement boursier ne peut être évité. Le jeudi 24 octobre, l'indice phare de Wall Street, le Dow Jones, recule de plus de près de 13 %. L'effondrement de l'indice se poursuit les 28 et 29 octobre avec un recul de 13 % puis 12 %.

Le retournement du marché a conduit à la ruine de nombreux investisseurs et entraîné dans la tourmente pas la suite les établissements financiers. Cet effondrement boursier fut sans aucun doute l'un des pires de l'histoire et marqua l'entrée des Etats-Unis dans le grande dépression. Si ses conséquences ont été désastreuses pour les Etats-Unis, elles l'ont été également pour l'Europe. Ce qui n'est évidemment pas anodin puisque la détresse sociale et le chômage de masse dans un pays comme l'Allemagne ont largement contribué à la montée du nazisme. Il faudra attendre 1954 pour que Wall Street retrouve son niveau d'avant crise.

Octobre 1987 : un effondrement accentué par l'automatisation des transactions

Suite à une remontée des taux directeurs de la Fed et de plusieurs autres grandes banques centrales, un krach boursier se produit en octobre 1987. Le 19 octobre, le Dow Jones recule de 22,6 % en une journée. Les investisseurs s'orientent soudainement vers les obligations au détriment des actions.
Du fait de l'automatisation des transactions, les ordinateurs vendent tout seuls, accroissant la chute des cours. Dans un contexte de plus en plus mondialisé, les autres places boursières sont également touchées.

Octobre 2008 : krach boursier sur fond de crise des « subprimes »

Pour comprendre comment ce krach et cette crise sont arrivés, il faut bien saisir la nature du marché américain. Les ménages qui empruntent pour acheter un bien immobilier mettent couramment en gage leur maison pour apporter une sécurité à la banque. Si le ménage ne peut plus rembourser, l'établissement qui a accordé le prêt se saisit du bien et le revend. Dans un contexte de hausse du marché immobilier, la banque ne prend que peu de risque puisqu'elle peut revendre sans difficulté le bien saisi. Mais de toute façon, avant 2007, les défaut pour les crédits subprimes restent rares. Ces derniers sont accordés aux ménages peu solvables avec dans un premier temps (2 ou 3 ans) un taux fixe et faible puis un taux variable, souvent en fonction des taux directeurs de la FED. Le passage aux taux variables ne pose pas de problème tant que les taux directeurs de la réserve fédérale restent faibles.

Mais lorsque cette dernière décide de relever ses taux pour prendre en compte l'inflation et la croissance, les taux variables des crédits subprimes explosent. De nombreux ménages deviennent incapables de rembourser leurs prêts et leurs biens immobiliers sont saisis. Cela n'est cependant pas suffisant pour que les établissements financiers ne soient pas touchés puisqu'avec la chute du marché immobilier la valeur des biens devient inférieure aux prêts qu'ils sont censés garantir.

A partir de là, les pertes auraient dû être supportables pour les établissements ayant proposé ces prêts subprimes. Le problème est que ces derniers ont été titrisés puis revendus sur les marchés financiers. La psychose s'est alors emparée des banques qui se suspectent mutuellement de détenir une quantité de créances douteuses pouvant les mettre en difficulté. Le marché interbancaire se grippe (situation aggravée par la chute de Lehman Brothers), ce qui propage la crise. Le semaine du 6 octobre, la place boursière américaine recule de 21 %, Paris de 22 % et Tokyo de 24 %.

Octobre 2013 : krach boursier sur fond de défaut américain ?

La date du 17 octobre, date à laquelle la dette américaine dépassera le seuil maximum autorisé pour l'Etat, se rapproche, dangereusement. Et avec le refus de Barack Obama de la proposition républicaine de relever temporairement le plafond de la dette, il est difficile de savoir si un accord sera trouvé à temps.

Si le scénario catastrophe devait se produire, les Etats-Unis n'auront plus la possibilité d'emprunter sur les marchés financiers, et leur trésorerie ne leur permettra pas de tenir très longtemps. Par conséquent, inévitablement, si le Congrès ne relève pas le plafond de la dette à temps, cela conduira la première puissance mondiale au défaut de paiement.

Le Trésor américain a déjà prévenu sur les conséquences économiques désastreuses que pourrait avoir un défaut de paiement. Christine Lagarde, directrice générale du FMI, avait également mis en garde sur les effets potentiellement déstabilisateurs pour l'économie mondiale que cela pourrait avoir.
En premier lieu, les agences de notation placeraient les Etats-Unis en bas de l'échelle des notes des dettes souveraines. La valeur des obligations du Trésor américain s'effondreraient, causant de très lourdes pertes financières pour l'immense majorité des établissements financiers du monde. Ces derniers détiennent en effet des titres américains massivement, car supposés sans risque. De nombreuses banques feraient faillite, le marché interbancaire se gripperait, entraînant encore d'autres établissements vers la faillite. In fine, la finance mondiale serait touchée. Réponse dans les prochains jours pour savoir si républicains et démocrates se mettront d'accord sur le relèvement du plafond de la dette et si le mois d'octobre connaîtra un nouveau krach boursier.

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