Les agriculteurs vont-ils lancer la révolte fiscale ?

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Par Laure De Charette Publié le 4 août 2016 à 9h14
Agriculture Crise Danger France Degradation Situation Finances
26 %Le nombre d'exploitations a diminué de 26 % en dix ans.

Ils estiment ne plus dégager de valeur ajoutée, et donc ne veulent plus payer la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Bref, les agriculteurs en ont marre !

Un secteur en souffrance

Les agriculteurs disent crouler sous le poids des taxes et souffrent plus que jamais des baisses des prix des différents produits issus de l'agriculture, notamment du lait et du bovin. Résultat, jurent-ils, ils refusent de payer désormais la TVA, « pour faire réagir l'État ».

C’est un syndicat agricole de Haute-Saône qui a lancé le premier cette menace. «C'est un mot d'ordre lourd de conséquences, mais on n'en peut plus», a lancé Sylvain Crucerey, président de la FDSEA Haute-Saône devant une cinquantaine d'agriculteurs réunis dans une exploitation de Vallerois-le-Bois, comme le rapporte un article du Figaro. Il en appelle également le gouvernement à « effacer les dettes d'un certain nombre d'agriculteurs », comme il l’a fait pour les banques.

Les agriculteurs espèrent mettre ainsi la pression sur les autorités.

Les dindons de la farce ?

En février déjà, les agriculteurs s’étaient mobilisés pour dénoncer leurs trop faibles marges.

D’après l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, sur 100 euros dépensés par le consommateur dans l’alimentaire, les agriculteurs ne gagnent que 8,20 euros. L’industrie agroalimentaire en reçoit 13,20 euros et les distributeurs 19,80 euros, soit deux fois plus que les producteurs. Les taxes, elles, se chiffrent à 9,30 euros. Le reste étant réparti entre les importations alimentaires (14,30 euros) et les importations de biens intermédiaires, matières premières pour l’alimentation animale – engrais, pesticides, pétrole –(15,30 euros).

Et en juillet dernier aussi, les éleveurs s’étaient déjà rebellés contre la faiblesse du prix de leurs productions. Pour Xavier Bertrand à l’époque, ancien ministre et député-maire de Saint Quentin, cette situation est due au fait que « la guerre des prix dans la grande distribution se fait sur le dos des agriculteurs et éleveurs ».

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.