Un Prix de Diane sans public mais pas sans argent

Par Mathieu Sauvajot Modifié le 23 juin 2021 à 7h34
Prix Diane Argent Public
5%Pour la filière des courses hippiques, les recettes de billetterie ne représentent qu'environ 5% des revenus annuels.

Comme chaque année, l'hippodrome de Chantilly a accueilli le prix de Diane, aussi réputé pour ses courses hippiques, que son prix de l'élégance ainsi que les tenues hautes en couleur de ses visiteurs. Néanmoins, qui dit crise du coronavirus, dit capacité d'accueil limité, mais cette particularité ne devrait pas pour autant avoir d'impact économique majeur. Explications.

Depuis bientôt deux ans, le sport s'est habitué à cohabiter avec les contraintes liées au coronavirus, ou plutôt, à continuer d'exister malgré celui-ci. Bien entendu le milieu hippique ne fait pas figure d'exception, comme en témoigne la jauge maximale imposée de 5000 spectateurs en marge du Prix de Diane Longines, dimanche 20 juin 2021.

Censée être une des courses les plus attractives de l'année en termes de public, cette mesure ne devrait pourtant avoir un impact économique que très limité.

Si le Prix de Diane a affiché une affluence moyenne de 35 000 spectateurs au cours de ces dernières années, voir celle-ci chuter à 5000 est moins pénalisant qu'il n'y parait, comparé à d'autres sports dont une part importante des recettes dépend directement de la billetterie. En effet, pour la filière des courses hippiques, les recettes de billetterie ne représentent qu'environ 5% des revenus annuels.

Disposant d'un budget de 433 millions d'euros en 2021, France Galop (organisateur du Prix de Diane et de l'ensemble des courses de Galop sur le territoire français) compte essentiellement sur les prélèvements effectués sur les paris hippiques, comprenant les courses françaises mais également certaines courses étrangères (au Royaume-Uni ainsi qu'aux Etats-Unis notamment), lesquels représentent environ 80% des revenus, le reste dépendant essentiellement du sponsoring ainsi que des parrainages.

D'ailleurs, à titre indicatif, en 2020 le PMU (principal opérateur de Paris Hippiques en France) a collecté près de 7,4 milliards d'euros de mises rien que sur les courses hippiques, dont la majorité (75%) a toutefois été redistribuée aux parieurs.

France Galop semble donc avoir misé sur une stratégie payante, d'autant plus efficace en période de crise. En cette année 2020 si particulière qui a privé de sorties les Français, il se trouve que ces derniers, se sont montrés plus parieurs que jamais. Cyril Linette (Directeur Général du PMU) annonçait d'ailleurs à ce sujet « des taux de croissance des mises de 15 % en juillet et en août et de 10 % en septembre, par rapport à 2019. »

Ainsi, l'affluence le jour du Prix de Diane est essentiellement une question d'image, voire de prestige, mais non d'argent, l'enjeu pour la filière des courses hippiques et de France Galop résidant plus dans le niveau d'activité des 13 000 points de vente du PMU. Et pour le plus grand bonheur de tous les acteurs qui font et qui vivent des courses de chevaux en France, il semblerait que les français aient trouvé dans les paris hippiques l'exutoire dont ils avaient tant besoin.

Titulaire d’un Master de la Sorbonne, spécialisé dans les questions relatives à l’Amérique latine, Mathieu Sauvajot a d’abord rédigé des articles traitant de la géopolitique et de l’économie de ce continent, avant de se tourner vers le domaine du sport. Désormais, il est rédacteur auprès de Paris United ainsi que de l’Observatoire du Sport Business.