Les Etats-Unis doivent trouver une solution au shutdown avant le 17 octobre

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Par JOL Press Modifié le 8 octobre 2013 à 13h42

Depuis le 1er octobre et devant l’incapacité du Congrès à se mettre d’accord pour voter un budget pour 2014, l’Etat américain est en partie paralysé. C’est le fameux « shutdown » qui a mis près d’un million de fonctionnaires au chômage technique.

Mais à y regarder de plus près, les fonctionnaires occupant des fonctions vitales continuent de travailler, tout comme ceux qui sont payés au niveau local par l’Etat dans lequel ils se situent. Le pays n'est donc en réalité que très partiellement paralysé. Malgré l’impact bien réel que cette « crise » aurait sur le PIB si la situation se prolongeait, la vraie question qui doit retenir l'attention est plutôt celle du plafond de la dette.

Si la question du plafond de la dette américaine n'est pas réglée à la date fatidique du 17 octobre, il est certain que le « shutdown », qui fait les gros titres depuis mardi, passera subitement au second plan. Le terme de « crise » pour le qualifier deviendra même impropre tant ses conséquences sont sans commune mesure avec ce que provoquerait un échec des négociations au Congrès sur le relèvement du plafond de la dette.

Le coût du « shutdown », bien qu’estimé à 300 millions par jour, n’a rien de critique pour les Etats-Unis. Si un accord est trouvé dans les prochains jours, on « oubliera » probablement rapidement cet épisode. La question du budget fédéral et celle du plafond de la dette sont relativement indépendantes.

Démocrates et républicains doivent se mettre d’accord

Aux Etats-Unis, il existe un seuil que la dette publique ne doit jamais dépasser. Autrement dit, si l'évolution de la dette conduit à franchir ce seuil, le Congrès doit valider un relèvement du plafond pour que le seuil ne soit pas dépassé. Il est actuellement fixé à 16 700 milliards et sera dépassé le 17 octobre.

Si l’issue de ces négociations est incertaine (bien qu’il est probable qu’un des deux camps « craque » au dernier moment), c’est en raison de la composition du Congrès. La chambre basse du Congrès, la Chambre des représentants, est en effet dominée par les républicains, grâce au soutien de plusieurs élus du mouvement populiste du Tea Party.

Le problème est que les négociations se concentrent pour l’instant sur le budget fédéral. Les républicains ont décidé de ne pas donner leur accord sur le budget si ce dernier ne revient pas sur l’Obamacare, la mesure symbolique du premier mandat de Barack Obama réformant le système de santé. Dans le camps adverse, du côté des démocrates, pas question de toucher à cette mesure phare. Un accord sur ce point permettrait de faire basculer les négociations sur le sujet crucial qu’est le plafond de la dette.

Et même si le scénario catastrophe est évité, compte tenu des tensions actuelles et des relations glaciales entre les deux camps, on peut faire confiance aux deux grands partis américains pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. En 2011 un accord sur ce point avait été trouvé à la dernière minute.

Pourquoi ils n’auront aucun délai supplémentaire après le 17 octobre

Concrètement, une fois que le plafond de la dette est dépassé, le pays n’a plus le « droit » de s’endetter davantage. Il ne peut donc plus aller emprunter sur les marchés financiers pour trouver l’argent dont il a besoin pour faire face à ses obligations financières.

A partir de là, pour rembourser ses créanciers, l’Etat peut faire deux choses : puiser dans sa trésorerie et couper drastiquement dans les dépenses. Cependant, comme l’a souligné le secrétaire au Trésor, Jacob Lew, l'usage de ces leviers ne permettra pas de tenir au-delà du 17. Les 30 milliards de trésorerie des Etats-Unis ne leur ouvriront aucun « délai supplémentaire » pour relever le plafond de la dette. Il a donc incité très vivement les élus à « agir immédiatement. »

Quand on sait qu'il arrive que le Trésor dépense 60 milliards en une seule journée, on comprend pourquoi la véritable échéance est le 17 octobre, date à laquelle la dette dépassera le seuil.

Les conséquences concrètes en cas d’impasse

Les conséquences d’une impasse sur la dette seraient terribles pour les Etats-Unis, mais pas uniquement, comme l’a indiqué la patronne du FMI, Christine Lagarde : « L’incertitude actuelle sur le budget, sur le plafond de la dette n’aide en rien. Le shutdown du gouvernement fait assez de mal, mais un échec sur le relèvement du plafond de la dette serait bien pire et endommagerait sérieusement, pas seulement l‘économie américaine mais celle du monde entier. »

Si le Congrès échoue, le pays serait rapidement déclaré en état de défaut de paiement. Les Etats-Unis ne pourront plus honorer leurs obligations financières, ce qui serait une première pour le pays, malgré plusieurs défauts partiels dans le passé. Les marchés financiers réagiraient rapidement et les agences de notation ne manqueraient pas de dégrader la note de la dette américaine. Les taux d’emprunt exploseraient alors pour les Etats-Unis. Ce qui aurait inévitablement un effet déstabilisateur sur la finance mondiale.

Notons qu'une autre possibilité existe : retarder le remboursement des créanciers, comme cela a déjà été fait par le passé. Mais en agissant ainsi, la crédibilité du pays sur les marchés serait malgré tout touchée et les conséquences resteraient importantes.

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