L’Union européenne, un imbroglio confus en quête de solution

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Par Jacques Martineau Publié le 16 avril 2016 à 22h29
Union Europeenne Crise Migrants Economie
1,5 millionPlus de 1,5 million de migrants sont arrivés en Europe en 2015

Aujourd’hui en 2016, l’UE rassemble 28 pays dont 19 font partie de la zone euro, pour l’instant(1). Les situations financières, économiques et sociales ne sont pas aussi brillantes que pourraient le laisser penser les statistiques moyennées présentées.

Au delà des « apparences » bien entretenues, l’Union européenne se cherche en permanence. Son apparente cohérence masque de fait de profondes divisions Nord/Sud et Est/Ouest. Nul n’ignore que la croissance et l’emploi restent les maillons faibles de la plupart des pays du sud dont la France, sans oublier un certain nombre d’autres partenaires encore moins bien lotis.

Sur fond d’immigration continue et d’attentats meurtriers…

Les récents attentats terroristes en Europe et ailleurs, comme les conflits en cours au Proche et au Moyen Orient, en Afrique et en Asie, en un mot à travers le monde reflètent une forme d’indifférence dans l’action généralisée « des uns et des autres », au-delà des habituels soutiens protocolaires. L’arrivée en 2015 de plus d’un million et demi de migrants et de réfugiés dont plus d’un million en Allemagne, a mis l’Union européenne devant ses incohérences et ses contradictions.

Les pays partenaires sont divisés. Les positions à propos de l’accueil de réfugiés sont contradictoires. L’immigration continue via la Grèce demeure importante. Elle s’apparente à une « forte » confusion. Le récent accord conclu avec la Turquie est très discuté et tout à fait discutable. Il n’est pas là pour consolider la cohérence de l’ensemble de l’Union européenne. Engagement et solidarité ne font pas partie des us et coutumes dans l’UE. La Commission européenne, le Parlement et le Conseil européen sont dépassés. Les sujets de désaccords ne manquent pas.

Le contexte économique mondial est complexe

Face à la mouvance politique et économique actuelle, dans un contexte de totale mondialisation des marchés, si les Etats-Unis tirent politiquement et économiquement l’ensemble avec une Union européenne en position de « suiviste », Le Brésil et la Russie sont en récession avec une croissance négative. La Chine fait une « pose de consolidation » de son marché intérieur tandis que l’Inde a une croissance supérieure. Si quelques autres pays émergents temporisent, les pays « pauvres », encore qualifiés de tiers-mondistes sont parfois aux abois. Pour 2016, les prévisions de croissance sont revues à la baisse. Néanmoins le monde bouge. Dans le cadre de l’OCDE, les profonds changements technologiques et de société dont nous n'avons pas encore mesuré l'ampleur, viennent bouleverser nos habitudes. Nos vérités et contrevérités s'estompent. Les équilibres de toutes natures sont instables.

Une Union européenne qui s’apparente à une usine à gaz !

Aujourd’hui, l’Union européenne est vécue comme un système confus sur le plan politique, déséquilibré sur le plan économique et social, sans aucune cohésion au plan international. Les institutions sont effectivement considérées comme une immense usine à gaz à tiroirs multiples d’une complexité remarquable. Elles sont sensées représenter une union politique et économique de pays qui adhèrent à un certain nombre de valeurs et de règles communes. Mais de plus en plus, le doute s’instaure sur la réelle efficacité de la Commission ou du Parlement.

Par la faute de la plupart des dirigeants européens, ces institutions ont perdu petit à petit la confiance des marchés et des pays concurrents émergents. Une politique du « surplace » est toujours à l’ordre du jour ! Ce qui est beaucoup plus grave surtout, c’est que l’ensemble des opinions publiques doute désormais de leur capacité à proposer des solutions viables. Une grande partie d’entre elles ne croit plus à l’Europe.

De son côté, le Royaume-Uni, déjà hors zone euro et de l’espace Schengen, doit se prononcer dans quelques mois sur son maintien ou sa sortie de l’Union. Pour l’essentiel, l’Allemagne demeure le vecteur « dominateur » du système qui fait du « surplace ». Quelles que soient les circonstances, elle se veut la « référence ». Cela agace. Et beaucoup de pays, hors zone euro, sont décidés à réagir.

L’Union européenne n’est pas un pays !

L’Union européenne n’est pas un pays ! Les pays qui la composent tiennent à préserver leur souveraineté. Une révision générale de l’ensemble des institutions européennes n’est plus à exclure. L’Union ne peut pas être dirigée politiquement de cette façon. Le couple franco-allemand se présente comme constituant la base du leadership européen. Cette affirmation n’est pas pour autant une garantie de succès. Nul ne doute du déséquilibre franco-allemand en faveur de nos voisins d’Outre-Rhin. L’illusion ne trompe personne. Il suffit de voir par ailleurs les difficultés rencontrées par la plupart des pays les plus importants de la zone euro, qui n’arrivent plus à relever la tête, pour comprendre que ce système politique et économique est à bout de souffle. L’image souhaitée ne correspond pas à l’image perçue, aussi bien par les partenaires de la zone euro que par ceux de l’Union. Quant aux opinions publiques, elles s’interrogent et sont de plus en plus dubitatives.

(1)Il ne faut pas oublier que la politique d’élargissement hétéroclite est toujours à l’ordre du jour. La « comédie » n’est pas finie. A ce jour, sont officiellement considérés comme pays « candidat » : La Turquie (2005) ; La Macédoine (2005) ; Le Monténégro (2010) ; La Serbie (2012) ; L’Albanie (2014). N’ont pas encore obtenu le statut de pays « candidat » : La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ! Qui dit mieux !

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Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.

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