Alors que 42 % des propriétaires déclarent avoir déjà été confrontés à un litige locatif, selon les données issues du secteur, voici un rappel essentiel : les litiges ne sont pas une fatalité, à condition d’être anticipés.
Les 7 obligations du locataire à connaître par les propriétaires pour louer l’esprit tranquille

Dans son ouvrage « Gérer seul sa location sans agence », paru aux éditions Bréal by Studyrama, Bruno Cantegrel détaille sept règles simples mais fondamentales permettant à chaque bailleur de prévenir les conflits les plus courants : impayés, contestations sur le dépôt de garantie, problèmes d’entretien ou incompréhensions contractuelles.
La réussite d’une location ne repose pas uniquement sur le choix du bon locataire, mais sur la bonne compréhension – par les deux parties – des règles du jeu dès le départ.
En tant que bailleur, connaître les 7 obligations légales du locataire n’est pas une option : c’est un levier essentiel pour sécuriser son investissement, prévenir les litiges et instaurer une relation saine et durable. Après plus de 20 ans de gestion locative en direct, j’ai pu constater que la majorité des conflits naissent non pas de la mauvaise foi, mais d’un manque de clarté et d’anticipation.
1 - La première obligation, le paiement du loyer et des charges au terme convenu, est évidemment la plus connue. Pourtant, elle reste trop souvent mal encadrée dans les baux. Fixer une date précise de paiement et automatiser la collecte permet d’éviter 90 % des tensions liées aux retards et aux oublis. Les propriétaires qui mettent en place le prélèvement des loyers (via la plateforme Monsieur Hugo) ont 10 fois moins de retard de paiement que les autres bailleurs comme le démontre le premier Baromètre réalisé par Monsieurhugo.com.
2 - L’obligation d’user paisiblement du logement rappelle que louer, ce n’est pas seulement occuper un bien, mais respecter un environnement collectif. Troubles de voisinage, non-respect du règlement de copropriété ou usage non conforme du logement sont des sources fréquentes de conflits, qui peuvent être évitées par une information claire dès l’entrée dans les lieux.
3 - L’obligation de répondre des dégradations et des pertes, souvent constatée à l’occasion de l’état des lieux de sortie par le bailleur. Le locataire doit ainsi répondre des dégradations et pertes au sein du logement occupé qu’il a lui-même causées durant le bail ! Pour calculer le montant des dégradations dues par le locataire, utilisez la grille de vétusté figurant dans votre bail de location.
4 - L’obligation d’assurer l’entretien courant et les réparations locatives est souvent mal comprise par les locataires. Votre locataire doit entretenir le logement. Il s’agit d’un entretien courant : cela signifie qu’il doit conserver les murs propres, entretenir la moquette, parquet ou carrelage, détartrer la douche et les lavabos, etc. Ce sont les petits gestes du quotidien qui permettent de garder, pendant toute la durée du bail, le logement en bon état. En revanche, s’agissant du gros entretien comme le ravalement, cela reste à la charge du propriétaire.
L’obligation d’entretien vise aussi les équipements qui garnissent le logement, comme le réfrigérateur, le lave-vaisselle et le lave-linge.
5 - Permettre l’accès au logement pour certains travaux est une obligation légale trop souvent ignorée. Pourtant, elle est indispensable pour maintenir la décence du logement et améliorer sa performance énergétique. Là encore, tout est une question de communication et de cadre contractuel clair.
6 - Ne pas transformer le logement sans accord écrit protège l’intégrité du bien. Un locataire ne peut pas décider seul de modifier la structure ou l’agencement du logement, même avec de bonnes intentions. L’écrit reste la meilleure protection pour les deux parties.
7 - L’obligation d’assurance est une règle fondamentale, trop souvent négligée dans le temps. Exiger une attestation chaque année n’est pas une contrainte administrative : c’est une mesure de bon sens qui protège à la fois le locataire et le propriétaire.
En résumé, faire respecter les 7 obligations du locataire ne passe ni par la contrainte systématique ni par la judiciarisation immédiate mais sur trois piliers :
✔️ un bail bien rédigé,
✔️ des outils de gestion adaptés,
✔️ et une relation fondée sur la transparence et la confiance.
C’est précisément cette approche pragmatique que je défends : donner aux bailleurs les moyens de rester autonomes, sereins et efficaces, sans dépendre d’une agence, tout en respectant strictement le cadre légal.
