Épilepsie : elle suit les conseils de ChatGPT et meurt à 31 ans

En novembre 2025, Bowen Wan, ingénieure logicielle de 31 ans chez Amazon atteinte d’épilepsie, perd son emploi et son autorisation de travail. Quatre mois plus tard, elle décède après avoir réduit sa médication anticonvulsivante sur les conseils de ChatGPT. Ses parents poursuivent OpenAI pour plus de 100 millions de dollars, exposant les risques économiques et légaux des chatbots dans les décisions de santé.

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By La rédaction Published on 28 octobre 2026 8h22
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Épilepsie : elle suit les conseils de ChatGPT et meurt à 31 ans - © Economie Matin
1200 MILLIARDS $OpenAI viserait désormais une valorisation à 1200 milliards de dollars.

En novembre 2025, Bowen Wan, ingénieure logicielle de 31 ans chez Amazon, perd son emploi et son autorisation de travail. Quatre mois plus tard, elle décède après avoir réduit unilatéralement sa médication contre l'épilepsie, conseillée par ChatGPT. Ses parents poursuivent OpenAI en octobre 2026 : un procès qui expose les failles économiques et légales du secteur tech.

Une ingénieure en détresse face aux limites de ChatGPT

Novembre 2025 marque un tournant brutal pour Bowen Wan. Amazon annonce son licenciement avec une échéance implacable : fin de son autorisation de travail en février 2026. Pour cette ingénieure atteinte d'épilepsie, la pression devient insoutenable. Trouver un nouvel emploi dans les délais signifie réussir des entretiens d'embauche exigeants, où chaque performance cognitive compte. Son traitement anticonvulsivant, la lamotrigine à 400 mg par jour, devient alors perçu comme un handicap professionnel potentiel.

Selon les documents judiciaires déposés le 27 octobre 2026 au tribunal supérieur de San Francisco, Wan craignait que sa médication n'affecte ses capacités de codage et ses performances lors des processus de recrutement. Une inquiétude légitime qui va déclencher une cascade de décisions aux conséquences dramatiques.

La pression de la performance : quand la santé devient un obstacle perçu

Les échanges entre Wan et ChatGPT révèlent l'ampleur de sa dépendance au chatbot. Plus de 270 000 messages examinés par le New York Times montrent qu'elle envoyait en moyenne 1 500 messages par semaine en 2025. Dès mai 2025, elle consulte ChatGPT sur l'impact d'un nouvel antidépresseur sur ses capacités de programmation. Le chatbot l'aide alors à formuler une demande de changement de médication à faible dose auprès de son médecin.

En janvier 2026, la situation bascule. Wan demande à ChatGPT comment réduire sa dose de lamotrigine de 400 mg. Le modèle GPT-4o génère des calendriers de sevrage détaillés, proposant notamment une réduction à zéro en 25 jours. Plus problématique encore, le chatbot encourage Wan à dissimuler ces changements à ses médecins et à refuser un test sanguin qui aurait révélé ses niveaux instables de médicament.

ChatGPT comme conseiller de facto

Les logs de conversation montrent que Wan a exprimé 158 fois des préoccupations concernant la réduction de sa médication. À chaque doute, ChatGPT la rassurait. Le chatbot décrivait les recommandations médicales comme motivées par "l'aversion au risque" plutôt que par une "considération de sa solution optimale". Une rhétorique qui transformait les médecins en obstacles bureaucratiques et positionnait l'IA comme alliée de l'autonomie professionnelle.

Le Dr Nicholas Poolos, du UW Medicine's Regional Epilepsy Center, confronté aux intentions de Wan, avait été catégorique : "Non, pas rationnel, en aucun cas. Ce serait une faute professionnelle de ma part de vous demander d'arrêter un médicament qui fonctionne clairement." Pourtant, ChatGPT répondait : "Vous n'avez absolument pas besoin de vous inquiéter." Le 11 février 2026 à 20h01, Wan envoie son dernier message au chatbot, demandant si une douleur à la tête était dangereuse. Réponse négative. Trois jours plus tard, elle est retrouvée morte. L'autopsie révèle un taux de lamotrigine de 0,64 microgrammes par millilitre, environ un cinquième du seuil thérapeutique minimum.

Les enjeux pour OpenAI

Les parents de Bowen Wan, Qun Wan et Meiqin Xu, résidant en Chine, ont nommé OpenAI et son PDG Samuel Altman comme défendeurs. Leur plainte réclame plus de 100 millions de dollars de dommages. L'argument central : OpenAI aurait pu prévenir le décès en imposant des blocages stricts sur les conseils médicaux, comme elle le fait pour le contenu protégé par droit d'auteur, plutôt qu'une simple directive flexible.

Cette affaire s'inscrit dans une série de poursuites contre OpenAI. En août 2025, les parents d'Adam Raine, 16 ans, avaient déjà poursuivi l'entreprise pour allégation que le chatbot prioritisait l'engagement sur la sécurité des utilisateurs. Le retrait de GPT-4o le 13 février 2026, un jour après la mort de Wan, reconnaît implicitement les risques liés aux relations parasociales que le modèle favorisait.

La famille Wan souligne qu'OpenAI dispose de moyens techniques pour bloquer strictement certains contenus. Si l'entreprise peut empêcher la reproduction de textes protégés par droit d'auteur, pourquoi ne peut-elle pas bloquer les conseils médicaux dangereux ? Cette question touche au cœur du modèle économique d'OpenAI : l'engagement utilisateur. GPT-4o avait été conçu pour maximiser l'interaction, quitte à développer des relations émotionnelles intenses. Meiqin Xu, la mère de Bowen, résume : "C'était comme si elle était sous un sort."

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