Selon le Financial Times, OpenAI peine à transformer son ambitieux projet matériel conçu avec Jony Ive en produit concret. Retards techniques, débats sur la vie privée et incertitudes industrielles freinent une initiative censée incarner la prochaine révolution de l’intelligence artificielle.
OpenAI : le grand projet de Sam Altman et Jony Ive bat de l’aile

Le 5 octobre 2025 le Financial Times a révélé que OpenAI rencontrait d’importantes difficultés dans le développement de son premier appareil grand public, imaginé par l’ancien designer d’Apple Jony Ive. Ce projet devait symboliser la convergence entre design et intelligence artificielle, mais se heurte à des défis de développement qui menacent de retarder son lancement prévu en 2026.
Un projet ambitieux mêlant design et intelligence artificielle
Le partenariat entre OpenAI et Jony Ive remonte à 2023, lorsqu’ils ont commencé à concevoir un appareil compact et dépourvu d’écran, censé incarner une nouvelle forme d’interaction avec l’intelligence artificielle. Selon TechCrunch, ce dispositif « de la taille de la paume » doit capter des indices audio et visuels de son environnement pour anticiper les besoins de l’utilisateur. L’objectif affiché par Sam Altman est de concevoir un objet de design simple, naturel et sans friction.
Cependant, le projet a rapidement révélé sa complexité. Comme le rapporte Engadget, plusieurs prototypes ont été recalibrés à cause de problèmes d’intégration logicielle et de puissance de calcul. Les obstacles concernent aussi bien la miniaturisation des composants que la gestion en temps réel des données générées par les modèles GPT.
La vie privée au coeur des difficultés
L’acquisition de la start-up io, fondée par Jony Ive, pour 6,5 milliards de dollars en mai 2025, illustre la volonté d’OpenAI de maîtriser la chaîne complète du développement matériel. Mais selon le Financial Times, le cœur du problème réside dans la difficulté à trouver un équilibre entre performance et respect de la vie privée. L’appareil, conçu pour écouter et observer l’environnement, soulève des interrogations sur la confidentialité et l’usage des données personnelles.
De surcroît, la production du prototype s’avère plus lente que prévu. Reuters a révélé qu’OpenAI s’est tourné vers Luxshare, un fournisseur d’Apple, pour la fabrication du premier lot d’appareils, et qu’un accord a également été envisagé avec Goertek pour les composants audio. Mais les chaînes d’approvisionnement asiatiques, soumises à de fortes tensions, ralentissent le développement.
Le projet va-t-il vraiment voir le jour ?
Au-delà des contraintes techniques, l’enjeu central du projet concerne la personnalité même de l’appareil. Investing.com et The Decoder mentionnent des débats internes sur la façon dont cette intelligence artificielle doit « parler » à son utilisateur, sans paraître intrusive. Trouver le bon ton, la juste distance émotionnelle et la posture éthique représente une étape décisive. Un appareil doté d’une voix ou d’une présence trop humaine risquerait de susciter la méfiance plutôt que la fascination. Selon Engadget, le lancement du produit initialement prévu pour 2026 pourrait être repoussé « à une date ultérieure » si les problèmes matériels persistent.
Pour Sam Altman, ce projet représente bien plus qu’un simple objet : il symbolise la capacité d’OpenAI à sortir du domaine purement logiciel pour influencer la vie quotidienne. Mais cette ambition, aussi visionnaire soit-elle, se heurte aux dures réalités des limitations légales, morales et matérielles.
