SNCF : Ouigo augmente le prix maximum de ses billets

C’est une information qui retiendra l’attention des voyageurs réguliers comme occasionnels : Ouigo, la filiale à bas coûts de la SNCF, autorise désormais des billets pouvant atteindre 119 euros. Ce nouveau plafond tarifaire marque une étape supplémentaire dans l’évolution des prix du transport ferroviaire à grande vitesse, dans un contexte où la question du prix des billets SNCF ne cesse d’inquiéter, malgré des dispositifs commerciaux présentés comme protecteurs.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 9 janvier 2026 8h14
Sncf Tgv Ouigo Espagne Mars 2021
@shutter - © Economie Matin
119 eurosLe prix maximum pouvant être facturé pour un trajet en Ouigo est désormais de 119 euros.

Ouigo ajuste ses prix les plus élevés sans bouleverser son modèle

C'est une information qu'a repérée la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (Fnaut) à la mi-décembre 2025 : le plafond tarifaire de Ouigo a été relevé à 119 euros. À première vue, cela peut sembler contradictoire avec l’ADN low cost revendiqué par la SNCF. Pourtant, comme l’expliquent plusieurs sources concordantes, cette évolution concerne uniquement certaines liaisons très demandées et des périodes de saturation extrême du réseau. Ce tarif constitue le niveau le plus élevé jamais pratiqué par Ouigo depuis sa création, sans pour autant devenir la norme pour l’ensemble des billets proposés.

Dans les faits, ces billets Ouigo à 119 euros ne s’appliquent qu’à une poignée de trajets emblématiques, principalement radiaux, souvent concentrés sur les grands départs de vacances ou certains week-ends prolongés. Il s’agit de créneaux où la demande dépasse largement l’offre disponible, ce qui pousse la SNCF à activer une tarification dynamique maximale, déjà en vigueur sur d’autres segments du transport ferroviaire. Ainsi, même si le chiffre frappe les esprits, il reste marginal au regard des millions de places vendues chaque année.

Par ailleurs, Ouigo continue de commercialiser une large majorité de billets à des prix bien inférieurs à ce plafond. Ainsi, plus de 50 millions de billets TGV Inoui et Ouigo devraient être vendus en 2026 à moins de 30 euros, confirmant que les billets les plus chers ne concernent qu’une fraction réduite des voyageurs. Autrement dit, la hausse du plafond tarifaire ne traduit pas une explosion généralisée des prix, mais un ajustement ponctuel de l’offre.

Ouigo et la SNCF maintiennent une stratégie globale de prix encadrés

Pour comprendre cette évolution, il faut replacer Ouigo dans la stratégie tarifaire globale de la SNCF. En 2026, l’entreprise ferroviaire a annoncé une augmentation moyenne des prix de seulement 1% sur l’ensemble des billets TGV Inoui et Ouigo, un niveau inférieur à l’inflation anticipée. Dans ce cadre, la hausse du plafond tarifaire des billets Ouigo joue un rôle d’amortisseur financier. Elle permet à la SNCF de capter une partie de la disposition à payer sur des segments très spécifiques, tout en maintenant des prix attractifs sur la majorité des places. Cette logique est déjà largement utilisée dans le transport aérien low cost, auquel Ouigo est souvent comparé. La différence, toutefois, réside dans l’encadrement public du transport ferroviaire, qui impose une certaine modération globale.

En parallèle, la SNCF multiplie les opérations commerciales pour maintenir une image accessible. Les 6 et 7 janvier 2026, Ouigo a ainsi lancé une offre exceptionnelle de billets plafonnés à 19 euros, dans la limite de 300.000 places, pour des voyages jusqu’à la fin mars 2026. Cette opération dite des « prix gelés » illustre la coexistence de deux dynamiques : des plafonds plus élevés sur quelques billets, et une masse de places à prix très bas pour le grand public.

Cette dualité tarifaire explique pourquoi la hausse du plafond à 119 euros ne remet pas en cause le positionnement global de Ouigo. Elle répond davantage à une logique de rendement sur des créneaux saturés qu’à une transformation structurelle des prix. Dans les faits, la majorité des voyageurs continue de payer bien moins que ce plafond, y compris sur des distances longues.

Une hausse très ciblée, mais une progression réelle des prix sur le long terme

Si l’impact immédiat de cette hausse reste limité, elle s’inscrit néanmoins dans une tendance plus large : celle d’une progression continue des prix des billets Ouigo depuis plusieurs années. À son lancement, la marque proposait des tarifs maximum largement inférieurs à 100 euros, misant sur une rupture nette avec les TGV classiques. Aujourd’hui, même si les billets les plus chers restent rares, leur simple existence témoigne d’une évolution du modèle économique.
Selon la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, la pression sur les coûts d’exploitation, l’entretien du réseau et l’énergie contribue à tirer les prix vers le haut. Dans ce contexte, Ouigo n’échappe pas aux contraintes qui pèsent sur l’ensemble du système ferroviaire français, même si son organisation simplifiée permet de limiter les hausses.

Il convient toutefois de souligner que ces billets Ouigo à 119 euros restent inférieurs à de nombreux tarifs pratiqués sur les TGV Inoui en période de forte demande. Des billets classiques peuvent dépasser ce seuil sur certaines liaisons sans susciter la même controverse. La nouveauté réside donc moins dans le niveau absolu du prix que dans son association à une marque historiquement perçue comme ultra-low cost.

Enfin, la majorité des places Ouigo demeure vendue dans une fourchette bien plus accessible. Les billets Ouigo Train Classique, par exemple, restent plafonnés entre 10 et 49 euros selon les trajets. Cette diversité tarifaire contribue à relativiser la portée réelle de la hausse du plafond sur les billets les plus chers.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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